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“Le Maroc a besoin d'une réconciliation avec les milieux d'affaires”

Pour Adnane Benchekroun, vice-président de l'Alliance des économistes istiqlaliens, il ne s'agit pas de rétablir uniquement les équilibres macro économiques mais également la confiance.

“Le Maroc a besoin d'une réconciliation avec les milieux d'affaires”

Le 29 mai 2013 à 9h58

Modifié 29 mai 2013 à 9h58

Pour Adnane Benchekroun, vice-président de l'Alliance des économistes istiqlaliens, il ne s'agit pas de rétablir uniquement les équilibres macro économiques mais également la confiance.

On a beaucoup parlé de l’Alliance des économistes istiqlaliens à l’occasion des récentes escarmouches entre le parti de l’Istiqlal et le PJD.  En réalité, ce groupe qui réunit de brillants cadres sous la direction de Adil Douiri, mène une réflexion permanente sur les grandes questions économiques. On l’a par exemple entendu sur la fiscalité avant les dernières assises et également sur la dernière loi de Finances. Les critiques exprimées au sujet du budget 2013 se sont malheureusement avérées pertinentes, à l’usage.

Médias 24 a rapidement rencontré Adnane Benchekroun, vice-président de l’Alliance. Ni ses propos, ni ceux de l’Alliance, ne reflètent la position officielle du parti de l’Istiqlal mais ils apportent un intéressant éclairage, où le souci de rigueur dans la gestion comporte une bonne dose de tropisme social.

 

Que pensez-vous de la situation économique générale?

Le moins que l’on puisse dire est que la situation économique de notre pays traverse une période difficile et complexe.

Difficile :Ralentissement de la croissance, creusement des déficits, augmentation de l’endettement intérieur et extérieur, avoirs en devises et financement de l’économie en berne, sous-liquidité bancaire, baisse de la consommation, baisse des recettes fiscales, baisse des transferts touristiques et de nos résidents à l’étranger, effondrement de la bourse de Casablanca , légère augmentation de l’inflation et du chômage.

Complexe : Baisse de la confiance des ménages et des entreprises et ralentissement notoire de l’activité économique d’où une perception aggravée d’une crise qui s’installe dans la durée et engendre un reflexe d’attentisme chez les operateurs économiques.

Il y  a lieu à la fois de rétablir les équilibres macro-économiques du pays de façon urgente mais aussi de rétablir la confiance dans la gouvernance économique du Maroc de sorte à se trouver en bonne situation pour relancer le développement du Pays.

A quoi est-elle due, cette crise ? On entend souvent dire qu'une mauvaise situation économique est le fruit de la gestion passée. Dans quelle mesure l'Istiqlal est-il responsable ?

La crise est certainement due à des facteurs multiples, à des responsabilités partagées, à un manque de d’anticipation, à un environnement extérieur en récession,  mais surtout, à notre avis au niveau de l’Alliance des économistes de l’Istiqlal, au retard de l’offre exportatrice du plan «Emergence» et la prédominance du «Politique» sur l’ «Economique» dans la séquence actuelle que traverse le pays.

Ceci sans oublier que le modèle de développement économique de ces dix dernières années est certes une grande réussite car il a permis de doubler le PIB, d’augmenter le pouvoir d’achat, de réduire la pauvreté et le chômage et de ne laisser personne sur la route, par l’INDH. Mais aujourd’hui, tout le monde s’accorde à penser que ce modèle a atteint ses limites.

Il y a lieu de conceptualiser un autre modèle basé sur moins d’aisance financière et sur des niveaux de transferts sociaux proportionnels à nos capacités de création de richesse et le faire partager avec tous les acteurs politiques, économiques et sociaux du pays.

Que faut-il faire selon vous?

Il y  a lieu à la fois de rétablir les équilibres macro-économiques du pays de façon urgente mais surtout de rétablir la confiance des opérateurs marocains et étrangers dans la gouvernance économique du Maroc.

Nous avons besoin d’une réconciliation avec le monde des affaires par un choc de confiance à l’occasion de la nouvelle charte d’investissement, d’un choc de simplification par les nouvelles mesures pour améliorer le cadre du climat des affaires et d’une clarification des options retenues après les assises fiscales.

Toutes ces initiatives et mesures doivent converger et traduire la vision d’une politique volontariste de l’Offre Exportable Maroc. Ainsi, il serait opportun de ressortir des tiroirs l’excellent Plan Croissance à l'export préparé par l’ancien gouvernement.

Consolider la politique des grands champions, en maintenant un bon niveau de connivence et  en relançant  le modèle du partenariat public privée dans un cadre plus transparent et plus équitable.

Aménager et promouvoir l’ascenseur économique des entreprises marocaines afin de transformer les PME en entreprises Intermédiaires (EI) exportatrices.

Pour une meilleure maîtrise des dépenses de l’Etat, il s’agirait de revoir, en premier lieu, les horizons des différents plans sectoriels et de concrétiser effectivement  la mutualisation des ressources financières nécessaires à leurs achèvements.

Dans ce cadre, il y a lieu de réarmer, financièrement et au niveau administratif local, les différentes filiales de la CDG  chargées de l’aménagement et d’exécution des différents plans sectoriels lancés par le gouvernement afin d’en accélérer la réalisation.


 

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