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L’Afrique peut se développer en comptant sur la croissance inclusive

Les experts réunis autour de la BAD en ce moment à Marrakech livrent leurs recommandations pour que l’Afrique profite d’une croissance durable.  

L’Afrique peut se développer en comptant sur la croissance inclusive

Le 29 mai 2013 à 11h57

Modifié 29 mai 2013 à 11h57

Les experts réunis autour de la BAD en ce moment à Marrakech livrent leurs recommandations pour que l’Afrique profite d’une croissance durable.  

Aux assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) qui se déroulent en ce moment au Centre de conférences internationales de la Palmeraie à Marrakech, les experts ont parlé croissance inclusive pour tout le continent. Comment, dans un temps de crise, concevoir une croissance durable pour des pays souffrant depuis longtemps d’instabilités politiques et socioéconomiques? L’Afrique est riche et l’heure de ce continent a peut-être sonné.

D’après ces experts, fonder le socle d’une croissance inclusive pour les pays du sud serait en somme basé sur 5 piliers majeurs : infrastructures, richesses naturelles, bonne gouvernance, innovation et économie verte.

Dépendre d’apports externes n’est plus à l’ordre du jour. Internaliser les facteurs de développement économique est le choix à faire. A cet effet, la BAD a adopté une stratégie sur dix ans qui a pour objectif principal de promouvoir une croissance économique socialement inclusive et respectueuse de l'environnement. Ce plan décennal couvrira :

Pilier 1 : Le développement des infrastructures

Les besoins en infrastructures sont estimés à un besoin de financement de plus de 390 milliards de dollars sur le moyen terme. Et pourtant, c’est inéluctable. Un déficit en infrastructures est constaté sur tout le continent entravant ainsi les opportunités d’investissements et tout processus d’intégration régionale. Selon un document de la Banque, environ 66 % de la population rurale n’a pas accès aux routes. L’Afrique a moins de kilomètres de routes bitumées et de systèmes modernes de transport de voyageurs et de marchandises que toute autre région du monde, cite le même document. Or, 40% de la population africainevit en ville en l’an 2010 et ce pourcentage est prévu de passer à 50% en une génération – plus ou moins 20 ans – et à 65% en 2060.

On ne peut pas parler d’infrastructures sans faire allusion aux besoins en énergie. La proportion de la population africaine ayant accès à l’électricité, à l’eau potable et à un assainissement amélioré est inférieure à 40 %, 33 % et 66 % respectivement. Les coûts d’électricité demeurant élevés pour une population déjà précaire n’arrangent pas les choses et mettent à mal le développement des affaires dans la région. Il est question aujourd’hui d’étudier les besoins spécifiques des Etats fragiles et de leur octroyer des financements susceptibles de les faire passer d’une phase de fragilité à une phase de stabilité.

Pilier 2 : Focus sur les ressources naturelles et l’agriculture

Selon un communiqué de la BAD, les estimations sur les industries extractives des ressources naturelles en Afrique contribueront annuellement pour plus de 30 milliards de dollars aux recettes publiques au cours des vingt prochaines années. En dépit des activités d’exploration et d’extraction, la capacité à transformer ces richesses et ces flux en une croissance équitable et inclusive reste contestable.

D’autre part, la Banque mondiale, avait évalué 1000 milliards de dollars pouvant être générés par l’agriculture et l’agro-industrie africaine d’ici 2030 si les pays du continent en font une priorité. La nouvelle vision souhaite moderniser l’agriculture, la transformer pour la rendre plus productive, compétitive et génératrice d’emplois et de revenus dans les zones rurales.

Pilier 3 : Bonne gouvernance et climat de l'investissement

Eliminer les causes de conflits nationaux et régionaux pour une gouvernance fondée sur la paix et la stabilité politique favoriseront certainement l’amélioration du climat des affaires et des investissements. Mais d’autres préoccupations d’ordre macroéconomique sont indispensables pour jouer sur la compétitivité économique, parmi lesquelles la réduction de la dette, un faible niveau faible d’inflation et des taux de change stables.

Pilier 4 : L’innovation technologique

L’accès à l’information a sans doute bien évolué en Afrique notamment grâce aux investissements dans les technologies de l’information et de la communication (TIC). La réforme à ce stade tend à renforcer le potentiel du capital humain par l'éducation et la formation, en particulier dans les sciences et les technologies. La valorisation des compétences et le développement technologique seront désormais des priorités pour accompagner une croissance continentale rapide et de pointe.

Pilier 5 : L’économie verte

Le modèle de la coopération dans ce domaine est bel et bien celui du Maroc. La BAD soutient un portefeuille conséquent de projets marocains « verts » dans le secteur de l’énergie comme dans celui des infrastructures. Elle entend par cela dupliquer la même initiative dans d’autres pays africains.

Un fond dédié aux énergies renouvelables (Sefa) est opérationnel depuis janvier 2012. Généreusement lancé par une contribution danoise de 56 milliards de dollars, le Sefa a été conçu pour améliorer l’accès à l’énergie moderne propre et à stimuler l’emploi.

Fin 2012, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a donné suite à cette initiative par un appel lancé pour mobiliser encore plus de fonds pour ce secteur à travers le Se4all (Sustainable Energy for All). Ban Ki Moon espère ainsi doubler et le rythme d’amélioration en matière d’efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables dans la matrice énergétique globale.

Aujourd’hui, la Banque africaine de développement est en première ligne dans la mise en œuvre de l’initiative Se4all, et elle abritera la plateforme coordonnant sa mise en œuvre en partenariat avec l’Union africaine (UA), l’Agence de planification et de coordination du Nepad (New Partnership for Africa’s Development) et avec la participation du Pnud.

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