Société Générale: le patron de la filiale russe arrêté pour corruption
La police russe a arrêté le président du directoire et une vice-présidente de Rosbank, filiale russe de la banque de la Société Générale, pour corruption, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
« Ils sont soupçonnés d'avoir reçu illégalement une rétribution pour un montant de 5 millions de roubles » (123.000 euros), explique le ministère dans un communiqué, sans donner le nom des personnes arrêtées.
Selon la même source, le patron de Rosbank sollicitait au total une rétribution de 1,5 million de dollars d'un client en échange de conditions de crédit plus favorables. Rosbank, deuxième réseau bancaire russe a confirmé les arrestations. « La direction de Rosbank coopère pleinement avec les autorités pour aider à clarifier la situation », a indiqué la banque dans une déclaration envoyée par courriel à l'AFP.
« Cela n'affecte ni les activités de Rosbank ni les opérations de ses clients », a-t-elle précisé, ajoutant que l'intérim à la tête de l'établissement serait assuré par Igor Antonov.
Selon le communiqué du ministère de l'Intérieur, « il a été établi que le président du directoire réclamait 1,5 million de dollars au représentant d'une société commerciale pour prolonger son accord de crédit et pour conclure un nouvel accord avec un taux d'intérêt et des mensualités moins importants ».Il ajoute qu'une vice-présidente de la banque jouait le rôle d'intermédiaire.
Prise en flagrant délit, « elle a expliqué aux agents des forces de l'ordre que cet argent était destiné à être remis à la direction de la banque et a accepté de coopérer », selon le ministère.
Selon le site de Rosbank, le président du directoire est Vladimir Goloubkov. Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP que le nom de la vice-présidente concernée était Tamara Polianitsyna.
Ce nom ne figurait pas à l'organigramme de Rosbank sur le site de l'établissement mercredi. La Société Générale détient plus de 82% de Rosbank.
La banque française est l'une des dernières banques étrangères encore présente sur le marché russe, déserté ces dernières années par plusieurs établissements occidentaux dont HSBC, qui s'y étaient implantés.
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