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Ce matin au Maroc

  Situation politique. L’Istiqlal reste au centre de l’actualité politique. La question principale est la suivante: dans quel sens le Roi va-t-il arbitrer ? *les arguments en faveur du maintien d’une coalition stable sont connus : la stabilité est nécessaire pour poursuivre les réformes ; les réformes économiques et sociales sont urgentes ; la situation internationale et les tensions liées au dossier du Sahara impliquent l’union nationale  et le consensus sur les thèmes les plus importants ; *les arguments en faveur de la confirmation du retrait de l’Istiqlal : c’est le jeu politique normal ; la décision istiqlalienne a été prise par le Conseil national et il faut la respecter ; laisser faire signifie que le jeu politique sera crédibilisé ; de surcroît, le retrait de l’Istiqlal ne menace pas les intérêts vitaux du pays ; *la solution médiane : retrait de l’Istiqlal qui serait remplacé au gouvernement soit par le RNI, soit par l’USFP.  

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Le 14 mai 2013 à 7h49 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Celui que beaucoup regretteront, si l’Istiqlal se retire, ou s’il obtient le remaniement ministériel que Hamid Chabat appelle de ses vœux, c’est bien Nizar Baraka, le ministre de l’Economie et des Finances. L’une des revendications de l’Istiqlal est en effet un remaniement ministériel qui permettrait à la nouvelle direction du parti de choisir elle-même les ministres qui représenteront le parti au sein du gouvernement.

Communication. Aucun des trois autres partis de la coalition (PJD, PPS et MP), n’a reçu de notification de la part de l’Istiqlal quant aux décisions du Conseil national du parti. Ils ont appris l’information par les médias.

Attentisme. Tous les ministres étaient normalement à leurs bureaux lundi matin et la journée s’est déroulée normalement, selon le planning prévu. Une pesante atmosphère d’attentisme règne néanmoins sur le gouvernement.

Constitution. Pourquoi le communiqué du Conseil national du parti de l’Istiqlal fait-il référence à l’article 42 plutôt qu’à l’article 47 de la Constitution ? La question est posée par de nombreux observateurs. L’article 42 équivaut à une demande d’arbitrage royal.

Article 42 : Le Roi, Chef de l’Etat, son Représentant suprême, Symbole de l’unité de la Nation, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et Arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection du choix démocratique et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens, et des collectivités, et au respect des engagements internationaux du Royaume. Il est le Garant de l’indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques. (…)

Article 47 : Le Roi nomme le Chef du Gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des Représentants, et au vu de leurs résultats. Sur proposition du Chef du Gouvernement, Il nomme les membres du gouvernement. Le Roi peut, à Son initiative, et après consultation du Chef du Gouvernement, mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs membres du gouvernement. Le Chef du Gouvernement peut demander au Roi de mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs membres du gouvernement.

Le Chef du Gouvernement peut demander au Roi de mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs membres du gouvernement du fait de leur démission individuelle ou collective. A la suite de la démission du Chef du Gouvernement, le Roi met fin aux fonctions de l’ensemble du gouvernement. Le gouvernement démissionnaire expédie les affaires courantes jusqu’à la constitution du nouveau gouvernement.

Abdelouahed Fassi, le fils du zaïm Allal Fassi, critique avec virulence Hamid Chabat ainsi que la décision de retrait du gouvernement, à un moment où le Roi se trouvait à l’étranger et où le pays a besoin de stabilité. Il dénonce également les attaques répétées de Chabat contre le gouvernement actuel. Ici.

Ansar Charia. Retenez bien ce nom. C’est la nouvelle appellation des jihadistes dans plusieurs pays dont la Tunisie, la Libye et le Yémen.

Ce sont eux qui ont revendiqué l’attaque du consulat américain à Benghazi le 11 septembre 2012, celle de l’ambassade américaine à Tunis trois jours plus tard.

Aujourd’hui, ils sont en confrontation ouverte avec les autorités tunisiennes, confrontation qui risque de dégénérer en affrontements violents. Ansar Charia en Tunisie tient un discours jihadiste qui excommunie les démocrates et a bénéficié de la mollesse des autorités, voire de leur complaisance depuis la révolution.

Le nouveau ministre de l’Intérieur (un indépendant), a annoncé qu’il appliquera désormais la loi. A ce titre, il a interdit, voire violemment démantelé des rassemblements de prédication des Ansar Charia dans plusieurs villes du pays.

Le mouvement dont le leader est en fuite, est impliqué dans divers actes de violence, ainsi que dans les filières d’exportation de jihadistes tunisiens et enfin dans des tentatives de jonction avec des jihadistes en Algérie et en Libye.

Malgré l’interdiction des autorités, Ansar Charia a convoqué pour ce dimanche 19 mai à Kairouan, son 3ème congrès national. Le précédent, en juin 2012, avait mobilisé 10.000 personnes, dans une démonstration de force sans précédent.


 

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Le 14 mai 2013 à 7h49

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