« La finance islamique doit profiter d’une tarification juste »
Trois questions à Ghali Chraïbi, directeur du pôle banques chez Cafpi Maroc, courtier en crédit immobilier.
Vous arrive-t-il de conseiller à vos clients des produits alternatifs ?
Le recours par les clients aux produits alternatif est une affaire de foi. Aujourd’hui, nous les présentons à nos clients qui ne souhaitent pas recourir au crédit immobilier classique pour financer leur acquisition. Mais cette typologie de produit reste assez faible dans notre production générale.
Il est envisagé d’abandonner la double imposition sur les produits islamiques. Quel en serait l’impact sur leur attractivité ?
L’impact est évidemment important. L’objectif étant d’atteindre une fiscalité neutre entre les produits islamiques et les financements traditionnels pour ne pas pénaliser les clients utilisant les financements alternatifs. Par ailleurs, pour promouvoir le développement de ces produits, plusieurs axes sont également à développer comme les produits alternatifs pour le micro crédit ou encore les assurances.
Concrètement, qu’apporte la finance à éthique islamique au marché bancaire?
Il faut dire que les produits développés dans le cadre de la finance islamique sont très attendus ; ceux existants actuellement ne sont pas prisés car trop coûteux. Leur apport sur le plan technique est considérable dans la mesure où ils permettront d'injecter de la liquidité dans le circuit bancaire et financier. L’ingénierie financière islamique va par exemple contribuer à attirer des capitaux du moyen orient qui jusqu'à aujourd’hui n’atteignent pas le Maroc.
D’autre part, toute une frange de la population pourra, grâce à ces produits, accéder au financement bancaire, ce qui aidera à améliorer le taux de bancarisation. Mais leur bon fonctionnement dépend de la volonté politique de mise en œuvre et d’une tarification juste qui ne pénalise pas les acquéreurs souhaitant utiliser les produits de financement alternatifs.
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