Bangladesh: nouveau bilan de 1.000 morts dans l'immeuble effondré
Le bilan du pire accident industriel au Bangladesh dépasse désormais les 1.000 morts après la découverte de nouveaux corps dans les décombres d'un immeuble abritant des ateliers de confection, qui s'est effondré près de Dacca le mois dernier.
«Le nombre de morts s'élève maintenant à 1.006» après dix-sept jours de recherche dans les ruines de l'immeuble de neuf étages, à Savar, une ville à 30 kilomètres au sud de Dacca, a déclaré vendredi à l'AFP un porte-parole de l'armée, le capitaine Shahnewaz Zakaria.
Sur la seule journée de jeudi, les secouristes, équipés de «grues, bulldozers et excavatrices», ont retiré 130 corps des décombres, a-t-il ajouté. Certains cadavres, en état de décomposition avancée, ont pu être identifiés grâce au téléphone portable retrouvé dans leur poche ou leur carte d'identité d'ouvrier portée autour du cou, a-t-il précisé.
«La plupart des morts sont des femmes, ouvrières dans les ateliers textiles» qui se trouvaient dans le Rana Plaza, le bâtiment effondré. Jusqu'à présent, «au moins 150 corps ont été enterrés dans des tombes anonymes, dans un cimetière public, car ils n'ont pas pu être identifiés», a-t-il encore ajouté. Les autorités prélèvent des échantillons d'ADN sur les corps, en prévision des demandes de compensation. Au moins 2.437 personnes ont été retirées vivantes des décombres, mais un millier sont subi des blessures graves, dont des amputations de membres, effectuées pour libérer les personnes des plaques de ciment et de béton.
Les secouristes, des soldats ou des pompiers, doivent porter des masques et des vaporisateurs pour affronter l'odeur pestilentielle sur le site. Le Rana Plaza, un immeuble de neuf étages qui abritait cinq ateliers de confection, s'est effondré comme un château de cartes après que des ouvriers ont signalé la veille des fissures sur le bâtiment. Plus de 3.000 ouvriers étaient à leur poste.
Une enquête préliminaire menée par le gouvernement a conclu que des vibrations dues notamment à de gros générateurs, mis en marche lors d'une coupure d'électricité, étaient à l'origine de l'effondrement de l'immeuble qui était déjà très fragilisé.
L'architecte du bâtiment avait indiqué à l'AFP que le Rana Plaza avait été conçu pour abriter un centre commercial et des bureaux, pas des usines textiles. Plusieurs étages ont par ailleurs été ajoutés à la structure initiale. La police a arrêté douze personnes, dont le propriétaire de l'immeuble et quatre propriétaires des ateliers, pour avoir obligé les ouvriers à se rendre à leur poste de travail malgré les fissures apparues sur les murs.
Le Bangladesh est le deuxième exportateur au monde de vêtements en raison de la modicité des salaires et d'une main-d’œuvre abondante. Ce secteur-clé de l'économie, qui génère 29 milliards de dollars par an, représentait l'an dernier 80% des exportations du pays. Mais les conditions de travail et les normes de sécurité dans cette industrie sont dénoncées depuis des années par les ONG. Les incendies sont fréquents dans les 4.500 ateliers de confection du Bangladesh, situés la plupart du temps dans des immeubles vétustes ou de construction défectueuse et dotés d'un réseau électrique peu ou pas entretenu.
En novembre 2012, un incendie dans une usine textile avait tué 111 personnes. Et jeudi, huit personnes sont mortes dans l'incendie d'un immeuble abritant des ateliers de confection. Aucune ouvrière n'a cependant été tuée cette fois car l'incendie est survenu la nuit, alors que les ateliers étaient fermés.
La Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs du textile dont le siège se trouve à Amsterdam, affirme que plus de 700 employés de la confection sont morts dans des incendies au Bangladesh depuis 2006. Les marques occidentales ont critiqué les conditions de sécurité insuffisantes des ouvriers mais elles continuent de passer commande auprès des usines, suscitant des critiques sur un double discours qui consiste au final à fermer les yeux sur «les ateliers de misère».
Un groupe d'experts de l'ONU a exhorté mercredi les grandes marques internationales de vêtements à ne pas se retirer du Bangladesh mais à travailler sur la question des conditions de travail.
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