« Nous avons besoin d'une vraie réforme fiscale »
Professeur à l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II et membre du PSU, Najib Akesbi préconise l'aide directe aux ménages. Les réformes de la fonction publique et des caisses de retraites doivent être mises en oeuvre.
« La situation est aujourd’hui alarmante. Le fond du problème des finances publiques réside dans la structure même du financement du budget général de l’Etat.
Dans un pays comme le Maroc, où on n’a pas de rente pétrolière ni de ressources particulières, les recettes fiscales devraient couvrir plus de 85% des dépenses de l’Etat pour garantir une structure saine. Toutefois, lorsqu’on regarde le budget de 2013, c’était d’ailleurs le cas de 2012 également, les recettes fiscales ne couvrent que 60% des dépenses du budget de l’Etat alors que les 40% restant devraient fatalement être financés par le recours à l'endettement. D’où l’aggravation de la situation des finances publiques qui ont atteint un déficit déclaré de 7,1 % du PIB.
Les recettes étant limitées, le gouvernement ne peut que couper dans l’investissement s’il veut présenter au grand public, aux bailleurs de fonds et au FMI un déficit dans des limites acceptables.
Le Maroc a pris dernièrement des engagements avec le FMI, notamment dans le sens de baisser le déficit budgétaire progressivement à 3% du PIB. Or, il y a quelques semaines, le gouvernement a fini par reconnaître que le déficit en 2012 est en réalité de 7,1%.
Evidemment, c’était l’alarme, pour le FMI cela signifie que l’on prend la voix opposée à celle de ses promesses, dans le sens de l’aggravation et non pas de l’atténuation du déficit budgétaire. Le Gouvernement dépend également de la note des agences de notation risquant de la dégrader davantage ce qui peut compromettre les possibilités de sorties à l’international.
Les précédents gouvernements coupaient dans les budgets sans le dire
Ceci étant, le budget d’investissement reste la variable d’ajustement budgétaire de tout gouvernement.
En effet, si les anciens gouvernements coupaient dans le budget d’investissement sans le dire, l’actuel était dans l’obligation de le déclarer simplement pour donner un gage à ces différents acteurs, puisque l’objectif recherché est de leur montrer qu’il est en train de prendre des mesures qui vont dans le bon sens.
Une décision qui reste sans effet sur l’équilibre budgétaire. Si le déficit déclaré aujourd’hui est de 7,1% du PIB, et dans les meilleurs des cas les 15 milliards de DH gelés constituent 1,5% du PIB on restera quand même loin du compte.
Toutefois, ce qui est certain est l’effet sur l’économie nationale : supprimer les 15 milliards de DH veut dire supprimer autant de ce que le montant peut générer en terme de valeur ajoutée, de production, d’emploi, de distribution des revenus et de ressources fiscales puisque chaque investissement donne lieu à un impôt à acquitter. C’est un manque à gagner certain pour l’économie et pour la finance publique.
Il faut passer à l'aide directe aux revenus
La situation est malheureusement figée et sans les vraies reformes fondamentales, on n’avancera pas.
Ainsi, sans une vraie réforme fiscale à la fois juste et équitable on n’augmentera pas le taux de 60% dont j’ai parlé. Et sans une réforme de la caisse de compensation, on restera dépendants des aléas de l’extérieur. A titre d’illustration, le Maroc bénéficie aujourd’hui d’une légère baisse des cours mondiaux, mais si ça rebondit, la charge de la Caisse de compensation peut remonter jusqu’à 80 milliards et du coup les 15 milliards qu’on croit avoir économisés seront partis en fumée, leur effet sur les finances publiques va être annulé sachant que les conséquences économiques sont déjà lourdes.
Sans oublier pour autant une réforme des statuts de la fonction publique et de la caisse des retraites.
Il faut changer radicalement le système pour passer d’un système d’aide à travers les prix à un système d’aide direct au revenu. Toutes les réformes qui ont réussi dans le monde ont fait cette mutation. »
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