La crise liée au Covid-19 a eu un impact limité sur l’activité bancaire à fin mars 2020. Seule la partie dépôts et cash a été affectée. C’est ce qui ressort des dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib.
En effet, la circulation fiduciaire a fortement progressé en raison des mesures de l’état d’urgence sanitaire et de la panique d’une partie de la population. 266 milliards de DH de cash circulaient à fin mars, soit 15,7 milliards de plus depuis le début de l’année. Cela représente une hausse de 6,3%, réalisée presqu’entièrement au cours du mois de mars.
En même temps, les dépôts bancaires ont reculé de 4,5 milliards de DH ou de 0,5% depuis le début de l’année, pour s’établir à 942,5 milliards.
Sur une année glissante (par rapport à mars 2019), le cash en circulation marque une hausse inédite de 12,6% ou 29,7 milliards de DH. Les dépôts, eux, ont augmenté faiblement de 3,3% ou 30 milliards de DH.
Sur le volet crédits bancaires, l’encours affiche toujours une hausse appréciable de 5,3% sur une année glissante : +46 milliards de DH, doit 918 milliards.
Les crédits aux entreprises privées sont en progression de près de 10% (les facilités de trésorerie et les prêts à l'équipement évoluent de plus de 8%), ceux aux ménages de 4% (tassement des prêts à l'habitat et à la consommation, surtout en mars).
Et la progression des créances en souffrance reste maitrisée, même si elle dépasse celle de l’encours global : +6,9% ou +4,6 milliards de DH, soit un total de 71,9 milliards.
Cela dit, la situation risque de changer considérablement à fin avril. Avec l’effondrement de la demande et l’arrêt de plusieurs secteurs d’activité à cause de la crise du Covid-19, les crédits immobiliers, à la consommation et à l’investissement devraient chuter. Seuls les crédits de fonctionnement des entreprises devraient continuer à augmenter avec la mise en place de la garantie Damane Oxygène pour permettre aux entreprises de s’en sortir.
Les impayés bancaires devraient, eux, s’envoler.