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CULTURE

Résurrection culturelle, commerciale et touristique de la Médina de Fès

Rénovée en 2017, la médina de Fès a été complètement transformée au terme d’un chantier d’une année. Après une visite organisée par le Conseil régional du tourisme de la région, Médias24 vous fait découvrir une partie des 27 monuments qui ont redonné vie à l’activité commerciale et touristique de la ville spirituelle. Une expérience concluante et édifiante qui sera dupliquée dans les médinas de huit autres villes du Maroc pour un montant global de 4,3 milliards de dirhams.

Résurrection culturelle, commerciale et touristique de la Médina de Fès
Samir El Ouardighi
Le 3 mars 2019 à 18h52 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Si l’on devait résumer l’effet produit par la réhabilitation des 27 monuments de la vieille médina, le mot résurrection serait sans doute le plus adapté. Un défi très compliqué sachant qu’il a fallu non seulement redonner vie à des bâtisses historiques mais aussi et surtout à leur environnement direct.

Pari réussi sachant que la rénovation des foundouks, medersas, kissarias, mosquées, bibliothèques, mausolée a permis de créer une dynamique où chaque monument devient indissociable des autres.

Il s'agit d'une opération exceptionnelle car d'une part la médina de Fès et ses monuments sont une partie vitale de la culture marocaine et de l'identité nationale. Leur symbolique est forte, dans l'histoire et dans le présent.

D'autre part, une partie de la réhabilitation de la médina a pour objectif une redynamisation économique et sociale; c'est-à-dire de rendre cette médina une ville vivante par toutes ses activités.

Lors de la visite « Média Influence days » qui a eu lieu les 2 et 3 mars 2019, Médias24 a pu constater les travaux titanesques accomplis par les différents corps d’artisans qui ont littéralement ressuscité chaque élément.

Initié par le Roi Mohammed VI, le chantier de rénovation des 27 monuments a coûté un montant de 300 millions de dirhams sans compter la restauration de 4.000 bâtiments qui menaçaient ruine.

Deux ans après, la médina est littéralement transfigurée avec des commerçants et des artisans manifestement ravis de profiter de l’attractivité touristique de bâtisses historiques.

Il faut dire qu’en dehors de leur restauration physique, l’opération a surtout permis de redonner vie à ces lieux en les inscrivant dans l’activité sociétale de la médina. La culture en sort grandie grâce au développement des métiers de l’artisanat, l’enseignement, l’hébergement, le commerce, le tourisme…

Pour constater la transformation de ce patrimoine multi-centenaire, Médias24 a été guidé par le président du CRT, Aziz Lebbar dans le cadre d’un circuit de plusieurs heures.

La visite a démarré par celles de lieux d’enseignement réhabilités et réouverts aux étudiants venus de l’extérieur de la ville de Fès et inscrits à l’université Qaraouyine dans le cadre d’un cursus supérieur.

La médina redevient un centre d’enseignement

Anciennement annexe de la medersa Seffarine, la restauration de la plus jeune médersa de la médina dénommée « Mohammadia » en hommage au défunt Roi Mohammed V qui l’avait inaugurée au 20ème siècle, a permis de renouer avec sa vocation d’enseignement.

A notre arrivée, les étudiants étaient d’ailleurs encore endormis dans leurs chambres disposant de toutes les commodités modernes (Wifi, douche …)

Quasiment accolée, la medersa Sbaiyine est quant à elle la plus ancienne école de la médina. Elle a été édifiée au 12ème siècle, en même temps que l’université Qaraouiyine, et s’est fait connaître par l’enseignement des 7 lectures coraniques.

A l’instar de sa voisine, cette médersa, au patio central à ciel ouvert et ses 23 chambres en rez-de-chaussée et au 1er étage, dispense des cours de théologie mais aussi de calligraphie et de sciences exactes.

Distante de quelques minutes, l’université Al Qaraouiyine est sans aucun doute un des joyaux de la médina d’autant plus qu’elle a retrouvé son activité d’enseignement théologique et son lustre d’antan.

En empruntant une des 14 portes de ce centre universitaire qui est parmi les plus anciens au monde, nous avons découvert une de ses bibliothèques ouvertes au public. La rénovation de cet espace de lecture a concerné tous ses éléments d’architecture : plafond en bois, plâtres, verreries, lustres …

Paradoxalement, tout a l’air neuf alors que cette bibliothèque a neuf siècles d’existence. Ainsi, le mobilier abritant des milliers de livres n’a pas été omis sachant que ses magnifiques armoires aux sculptures d’une incroyable finesse donnent l’impression de sortir de leur concepteur du 12ème siècle.

Dans la salle de lecture, l’ambiance monacale est de mise et l’on ne peut s’empêcher de penser aux milliers d’étudiants puis de savants qui sont passés par ce temple du savoir.

Si nous n’avons pas pu accéder à la salle renfermant les manuscrits trop fragiles, nos guides nous ont cependant fait découvrir de splendides ouvrages comme un Coran du 12ème siècle, une traduction de l’Evangile du 9ème siècle, un manuscrit d’Ibn Khaldoun, et enfin un traité de médecine rédigé en poésie.

A quelques encablures, la splendide médersa Mesbahia entièrement construite en marbre (1346) par le Sultan mérinide Abou El Hassan devrait également retrouver sa vocation de lieu d’enseignement de théologie avec ses 35 chambres disposant d’un confort ultra-moderne.

Fondouks et Kissarias pour développer commerce et tourisme

La visite s’est poursuivie par celle du fondouk Staouniyine qui a été le premier hôtel à accepter à la fois les voyageurs commerçants et leurs montures des caravansérails. Datant du 15ème siècle, il a permis de développer les échanges commerciaux comme celui du thé qui a prospéré au début du XXème siècle.

Une énorme balance métallique trône toujours au fondouk pour rappeler les ventes de thé ou de sel.

Entièrement rénové, ce bâtiment au style arabo-mauresque n’a pas encore été attribué mais devrait désormais servir de lieu de commerce avec des échoppes en lieu et place des anciennes chambres.

Si un chantier mérite d’être salué, c’est bien celui du Fondouk Chemmaiine qui date du 13ème siècle. Sachant que cet hôtel était à l’état de ruine, les artisans ont dû travailler sur des images d’époque pour le reconstruire à l’identique et transformer ses chambres en boutiques commerciales.

Datant du 17ème siècle, la kissaria El Kifah est le 1er centre commercial de Fès voire même du Maroc. Connues pour être le point de départ des grandes fortunes casablancaises, ses 641 échoppes modernisées constituent un point incontournable pour les amateurs de shopping de textiles ou de babouches.

Distant de quelques centaines de mètres, l’ensemble Nejjarine (fondouk-souk des menuisiers-mosquée) a également été rénové pour le bonheur des nombreux touristes qui s’y pressent. L’hôtel a été remplacé par un musée des arts et des métiers du bois.

Rénovation de lieux cultuel et thérapeutique

Du côté du mellah, proche de la médina, la synagogue « Slat AlFassiyine » datant du 16ème siècle a été complètement restaurée.

Classée monument historique par l’Unesco, elle fait partie des 4 synagogues de Fès qui restent très fréquentées par la diaspora d’origine juive disséminée à travers le monde. La restauration de ce lieu de culte est donc judicieuse pour sauvegarder l’attachement des 60.000 qui reviennent chaque année.

Aux alentours de la ville de Fès, le programme de réhabilitation a également concerné les thermes de Moulay Yacoub qui drainent un nombre important de touristes en quête de cure de remise en forme. Le groupe français « Vichy thermalia » a d’ailleurs ouvert un hôtel pour offrir tous les soins thermaux.

Au terme de notre visite, la médina a indéniablement retrouvé une attractivité bien vivante tournée vers la modernité du présent et vers le futur pour au moins autant de siècles que depuis sa création.

Le plus frappant est que ce programme de réhabilitation ne s’est pas basé sur une vision muséographique mais bien vivante et durable pour créer une dynamique d’ensemble où la culture assure un avenir économique aux habitants.

Une expérience exemplaire sachant que 8 autres villes du Maroc dont les médinas veulent également sauvegarder leurs traditions, vont lancer des travaux similaires pour un montant de 4,3 MMDH.

Rappelons que le programme a permis de rénover les 27 monuments suivants: 5 medersas, 2 ponts, 2 murailles, 3 borjs, 3 foundouks, 1 kissaria, 3 tanneries, 1 souk de teinturiers, 2 demeures, 1 ancienne banque, 1 bibliothèque, 1 observatoire d’astronomie, 1 mausolée et 1 hammam.

Ci-après, visite guidée des monuments rénovés de la vieille médina de Fès, de la synagogue du mellah et des thermes de Moulay Yacoub:

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Tags : Tourisme
Samir El Ouardighi
Le 3 mars 2019 à 18h52

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