Près du tiers des jeunes de 15-24 ans est au chômage
Le quart des diplômés du niveau supérieur est sans travail. La situation s'est nettement dégradée en 2020. Voici les principales caractéristiques du chômage et du sous-emploi fournies par le HCP.
Le nombre de chômeurs a augmenté de 322.000 personnes entre 2019 et 2020, passant de 1.107.000 à 1.429.000 chômeurs, ce qui correspond à une hausse de 29%, indique le HCP dans sa dernière note qui dresse le portrait de la population en situation de chômage et de sous-emploi en 2020 et son évolution par rapport à 2019.
Cette hausse, résultant d’une augmentation de 224.000 chômeurs en milieu urbain et de 98.000 en milieu rural, a été enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé.
Forte hausse du taux de chômage parmi les jeunes, les femmes et les diplômés
Après une tendance à la baisse durant les trois dernières années, le taux de chômage a connu une hausse de 2,7 points, entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%.
Entre 2019 et 2020, le taux du chômage a enregistré une hausse aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain, respectivement de 3,7% à 5,9% et de 12,9% à 15,8%. De même, le chômage augmenté aussi bien parmi les hommes et les femmes, respectivement de 7,8% à 10,7%, et de 13,5% à 16,2%.
Cette hausse du chômage en 2020 a concerné toutes les catégories d’âge, mais plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage a augmenté de 6,2 points, passant de 24,9% à 31,2%.
S’agissant des diplômés, le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,8 points, passant de 15,7% à 18,5% entre 2019 et 2020. Ce sont les diplômés de niveau moyen (certificats de l'enseignement primaire, du secondaire collégial et les diplômes de qualification ou de spécialisation professionnelle) qui ont enregistré la hausse la plus importante de 3,1 points avec un taux passant de 12,4% à 15,5%. Cependant, cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (+7,5 points avec un taux de 28,4%), de diplômes en qualification professionnelle (+3,5 points avec un taux de 23%) et de diplômes et certificats de l'enseignement fondamental (+3points avec un taux de 14,1%).
Le taux de chômage des diplômés de niveau supérieur (baccalauréat, les diplômes de techniciens ou de techniciens spécialisés et les diplômes d'enseignement supérieur) a, de son côté, augmenté de 2,3 points pour atteindre 23,9%. Il a enregistré sa forte hausse parmi les diplômés supérieurs délivrés par les facultés (+2,6 points avec un taux de 26,1%), suivis des techniciens spécialisés et supérieurs (+1,8 point avec un taux de chômage le plus élevé de 30,6%).
Augmentation du nombre des chômeurs ayant déjà travaillé
En 2020, la part des chômeurs ayant déjà travaillé a atteint 56,2% ; elle a augmenté de 13,5 points par rapport à celle enregistrée en 2019. A l’inverse, la part des primo-demandeurs d’emploi a régressé pour atteindre 43,8% en 2020 contre 57,2% une année auparavant.
Le nombre de chômeurs ayant travaillé a augmenté de 331.000 personnes entre 2019 et 2020, passant de 473.000 à 804.000 au niveau national contre une baisse de 8.000 parmi les chômeurs n’ayant jamais travaillé, passant de 633.000 à 625.000, entre 2019 et 2020.
Près de 8 chômeurs ayant déjà travaillé sur 10 résident en milieu urbain (78,3%), un peu plus des trois quarts sont des hommes (76,5%) et plus de la moitié sont des jeunes âgés de 15 à 34 ans (58,4%).
Près des deux-tiers (64,1%) des chômeurs ayant déjà travaillé ont un diplôme, 43,7% de niveau moyen et 20,4% de niveau supérieur.
D’autre part, 84% de ces chômeurs étaient des salariés et 13,5% des indépendants, 51,4% exerçaient dans le secteur des services, 20,3% dans les BTP et 17,3% dans l’industrie y compris l’artisanat. Le tiers d’entre eux (31,5%) exerçait en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires ou travailleurs de petits métiers, le quart (24,8%) en tant qu’artisans ou ouvriers qualifiés des métiers artisanaux et moins d’un cinquième (18,4%) en tant qu’employés.
Recul de la part du chômage de longue durée
Suite à l’augmentation des chômeurs ayant déjà travaillé, la part des personnes en situation de chômage de longue durée (une année ou plus) a reculé de près de 12 points entre 2019 et 2020, passant de 68,2% à 56,3%. De même, la durée moyenne de chômage est passée de 36 à 28 mois entre 2019 et 2020 (de 38 à 30 mois en milieu urbain et de 25 à 21 mois en milieu rural).
De son côté, la part des personnes en chômage, dû au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur, s’est située, en 2020, à 38,7% contre 26,4% une année auparavant, ce qui correspond à une hausse de 12,3 points. Cette part culmine à 65,9% parmi les personnes en situation de chômage depuis moins d’un an.
Hausse du sous-emploi
Le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté au niveau national, entre 2019 et 2020, de 126.000 personnes, passant de 1.001.000 à 1.127.000 personnes, de 514.000 à 619.000 personnes dans les villes et de 487.000 à 508.000 à la campagne.
Le taux de sous-emploi est, ainsi, passé de 9,2% à 10,7% au niveau national, de 8,3% à 10,1% en milieu urbain et de 10,4% à 11,6% en milieu rural.
Les catégories ayant connu les hausses les plus importantes du taux de sous-emploi sont les personnes âgées de 45 à 59 ans (+2,3 points), celles n'ayant aucun diplôme (+1,9 point) et les hommes (+1,6 point).
Selon la profession, le taux de sous-emploi des artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux a connu la hausse la plus importante de 9,5% en 2019 à 13,2% en 2020 (+3,7 points), suivi des commerçants et intermédiaires commerciaux et financiers (+2,8 points) et des conducteurs d'installations et de machines et ouvriers de l'assemblage (+2 points).
Les sous-employés dont le statut est salarié et/ou auto-employé ont vu leur taux de sous-emploi augmenter respectivement de 9,9% à 11,5% (+1,6 point) et de 8,1% à 10,2% (+2,1 points) entre 2019 et 2020.
Les secteurs ayant connu une forte hausse du sous-emploi sont les BTP avec 3,7 points (de 15,9% à 19,6%), l’industrie y compris artisanat avec 2,3 points (de 6,4% à 8,7%) et les services avec 1,4 point (de 8% à 9,4%).
Augmentation du sous-emploi lié à la durée de travail
La part du sous-emploi lié à la durée de travaila connu, entre 2019 et 2020, une hausse de 20 points passant de 38% à 58%. A l’inverse, le sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a enregistré une baisse de 20 points passant, au cours de la même période, de 62% à 42%.
Dans ce contexte, la population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, a atteint, en 2020, 655.000 personnes au niveau national contre 385.000 une année auparavant. Le taux correspondant a connu des hausses importantes, de 3,5% à 6,2% au niveau national, de 4,2%à 6,7% à la campagne et de 3%à 5,9% dans les villes.
La hausse du sous-emploi lié à la durée de travail a concerné tous les secteurs d’activité économique. Cependant, la hausse la plus élevée est relevée dans le secteur des BTP avec un taux passant de 8% en 2019 à 13,2% en 2020(+5,2 points), suivi par le secteur de l’industrie y compris l’artisanat avec une hausse de 2,9 points, des services de 2,4 points et de l’agriculture, forêt et pêche de 2,2 points.
Les métiers qui ont connu des hausses importantes du taux de sous-emploi lié à la durée de travail sont les artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux (+4,6 points avec un taux de 9,5%), les commerçants et intermédiaires commerciaux et financiers (+3,8 points avec un taux de 6,3%), les manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs des petits métiers (+3,2 points avec un taux de 8,7%), les ouvriers et manœuvres agricoles et de la pêche (+2,7 points avec un taux de 6,8%) et les conducteurs d'installations et de machines (+2,6 points avec un taux de 4,2%).
Par ailleurs, la population active occupée en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est passée, au niveau national, de 616.000 personnes en 2019 à 472.000 en 2020. Le taux ainsi correspondant a régressé de 5,7% à 4,5%, soit en milieu urbain de 5,2% à 4,2% et en milieu rural de 6,2% à 4,9%.
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