Indemnités CNSS d'avril : Voici pourquoi la procédure n'est pas encore ouverte
Beaucoup d'entreprises en difficulté s'inquiètent de ne pas pouvoir effectuer les déclarations relatives au mois d'avril et s'interrogent sur les raisons. La procédure sera ouverte une fois les textes réglementaires adoptés. Rappel du processus.
Le gouvernement avait décidé de servir les indemnités relatives au mois de mars en urgence pour ne pas pénaliser les entreprises et les salariés en arrêt d'activité. Néanmoins, un travail réglementaire et législatif devait se faire en parallèle pour encadrer juridiquement cette opération.
C'est ce qui a été fait au cours du mois d'avril et c'est la raison pour laquelle les déclarations d'arrêt d'activité ont été suspendus par la CNSS sur son portail Covid19.cnss.
La CNSS rappelle sur son site qu'il "sera opérationnel dès publication des textes réglementaires définissant les règles d'éligibilité aux mesures d'accompagnement des entreprises en difficulté à cause de la pandémie du Coronavirus "COVID-19"".
De quels textes réglementaires est-il question ? Deux textes sont dans le circuit législatif. Le premier est le projet de loi 25-20 édictant des mesures exceptionnelles en faveur des employeurs affiliés à la CNSS et de leurs employés déclarés, qui pâtissent des retombées de la propagation du coronavirus.
Cette loi fixe le cadre général de l'octroi de l'indemnité. Le texte a été examiné en première lecture à la chambre des représentant et adopté à l'unanimité le mardi 21 avril 2020. A cette même date, il a été transféré à la chambre des conseillers pour son adoption finale avant publication dans le bulletin officiel.

Le deuxième texte réglementaire indispensable avant le lancement de l'opération de déclaration est le décret 2.20.331 qui précise les critères d'éligibilité des entreprises en difficulté et leurs employés à l'aide. Ce projet de décret qui a été examiné par le conseil du gouvernement du 17 avril, détaille les conditions à remplir pour bénéficier de l'indemnité. Médias24 a consacré un article à ce sujet. Les critères qui seront appliqués sont :
- L'entreprise doit enregistrer une baisse du chiffre d'affaires d'au moins 50% durant chacun des mois d'avril, mai et juin, par rapport aux mêmes mois de l’année 2019.
- Le nombre d'employés et de stagiaires sous contrat d'insertion en arrêt, déclarés à la CNSS au titre du mois de février 2020, ne dépassant pas 500.
Pour les entreprises qui déclarent plus de 500 employés à l'arrêt temporaire du travail ou dont la baisse du CA est comprise entre 25% et 50%, les dossiers devront être soumis à examen par un comité.
Par ailleurs, le gouvernement doit publier une liste de secteurs dont les activités et services doivent continuer durant la période de l'urgence sanitaire sur ordre des autorités gouvernementales compétentes. Les entreprises opérant dans ces secteurs ne sont pas éligibles à l'aide.
Ce décret ne peut être adopté par le conseil du gouvernement que si la loi est définitivement adoptée.
Les deux textes pourront alors être publiés au Bulletin officiel donnant ainsi le coup de départ de l'opération de déclaration pour le mois d'avril.
À découvrir
à lire aussi
Article : Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.
Article : ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévu
Après plusieurs semaines de tensions autour de ses statuts et de son processus électoral, l’ASMEX a finalement tenu, mardi 23 juin, son assemblée générale élective dans un climat apaisé. Sonia Mezzour a été élue présidente au terme d’un scrutin serré. Elle prend la tête d’une association appelée à tourner la page des crispations internes et à ouvrir rapidement le chantier de sa gouvernance.
Article : Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation
Le site de Rabat couvre désormais près de 40% de ses besoins électriques grâce au solaire, après l’installation de panneaux photovoltaïques, le passage à l’éclairage LED et la modernisation de la climatisation. Selon l’agence onusienne, ces mesures ont permis de réduire de 25% la consommation globale et de plus de 60% les émissions de carbone.
Article : Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026
Le futur fleuron sportif marocain a reçu le prix du jury dans la catégorie des projets sportifs non encore construits.
Article : Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest
Spécialisée dans les échanges entre le Maroc et l’Europe, Colis.ma poursuit son développement avec l’ouverture d’un corridor logistique vers le Sénégal, première étape de son expansion sur le continent africain.
Article : Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor
Chaque année, des millions de dirhams oubliés par leurs propriétaires ou leurs héritiers glissent discrètement vers les caisses de l'État. Au Maroc, la loi organise le transfert des avoirs en déshérence mais impose peu d'obligations pour retrouver leurs bénéficiaires. Enquête sur une zone peu explorée du système financier dont l'ampleur réelle demeure inconnue.