Coronavirus: le Maroc pourrait perdre 5 millions de touristes en 2020, selon CFG

Le pire scénario pour le secteur du tourisme est une baisse de 39% des arrivées et de 30% des nuitées par rapport à 2019, selon les analystes de CFG Bank qui viennent de consacrer une note sur l’impact du Coronavirus sur le Maroc.

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Coronavirus: le Maroc pourrait perdre 5 millions de touristes en 2020, selon CFG

Le 12 mars 2020 à 15:15

Modifié le 12 mars 2020 à 16:06

Cette note, que Médias24 a pu consulter, est essentiellement consacrée à l’impact de la pandémie sur certaines sociétés cotées à la Bourse de Casablanca et à la stratégie d’investissement à adopter.

Mais elle traite de l’impact du Coronavirus sur l’économie marocaine de façon générale, avec un focus sur le tourisme et le commerce extérieur.

Pour les analystes de CFG, « le fait que l’économie soit fortement dépendante de la consommation intérieure, en particulier celle des ménages, est un facteur de résilience face à l’impact mondial de la pandémie ».

Mais l’économie marocaine est de plus en plus ouverte au reste du monde grâce à l’émergence des nouveaux métiers mondiaux du Maroc et pour satisfaire une grande partie de sa consommation.

Le commerce extérieur représente d’ailleurs 32% du PIB. Les menaces sont donc réelles, d’autant plus que l’Union européenne, frappée de plein fouet par le Coronavirus, représente plus de 50% de nos exportations, 55% des arrivées touristiques, 69% des transferts des MRE et 72% des IDE. « L’UE continuera donc naturellement d'avoir des effets d'entraînement positifs ou négatifs sur notre économie, en fonction de ses propres performances », notent les analystes.

Et ces effets d’entrainement, compte tenu de la pandémie, risquent d’être lourdement négatifs, surtout sur le tourisme, premier secteur exportateur avec 22% du total des exportations de biens et services.

« L'industrie touristique marocaine est fortement dépendante des touristes en provenance de la zone euro et par conséquent des performances économiques de cette région. »

Compte tenu des dernières prévisions prenant en compte une dégradation de la croissance du PIB de l'UE et une panique croissante, le pire scénario de CFG Bank consiste en une baisse de 39% du nombre de touristes visitant le Maroc en 2020, et une baisse de 30% des nuitées (la contre-performance des touristes étrangers de séjour sera partiellement compensée par la performance des touristes nationaux).

Le Maroc a reçu 12,93 millions de touristes en 2019. Une baisse de 39% équivaut à plus de 5 millions de touristes en moins en 2020. L'impact sur le chiffre d'affaires en devises du secteur risque d'être lourd.

« Ce scénario comprend une forte baisse du nombre de touristes français (-50%), aucun touriste en provenance d'Italie et une baisse de 20% des arrivées des autres pays », précisent les analystes.

Une baisse de 2,6 millions de tonnes par mois pour nos échanges de biens


l'Organisation mondiale du tourisme, les arrivées de touristes dans le monde devraient diminuer de 1% à 3% en 2020 (par rapport aux prévisions initiales de + 3% à + 4%), entraînant une perte potentielle de 30 milliards à 50 milliards de dollars de recettes touristiques mondiales.

L’autre impact attendu de la pandémie et lié au commerce international de biens. « L’épidémie de COVID-19 a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales. Au Maroc, nous pensons que les volumes du commerce extérieur seront affectés négativement », estime CFG.

Deux facteurs sont évoqués :

- Le ralentissement économique attendu en Europe (66% des importations et exportations totales),

- La fermeture temporaire des usines en Chine (10% des importations totales en valeur et 15% à 20% des volumes importés, selon les estimations de CFG).

Compte tenu de ces hypothèses, une baisse de 20% des volumes totaux des biens échangés est attendue. « Les volumes échangés par l'économie marocaine devraient perdre 2,6 millions de tonnes chaque mois à partir de mars 2020 », alertent les analystes de CFG.

Cela dit, un effet positif du Coronavirus devrait compenser partiellement les impacts négatifs : la chute des cours du pétrole.

CFG rappelle que le déficit de la balance des biens et services du Maroc, qui s’élevait à 15,1% du PIB en 2012, est tombé à 4,1% en 2019 grâce à la baisse de la facture énergétique suite à la chute des cours de pétrole (de 111 dollars le baril en moyenne en 2012 à 61 dollars entre 2017 et 2019), ainsi qu’à la performance du tourisme et des nouveaux métiers mondiaux du Maroc.

« Au cours de la semaine dernière, le prix du pétrole a chuté de 50%, oscillant autour de 30 dollars le baril. Si ce niveau perdure sur le reste de l'année, il aura un impact positif sur notre balance des biens et services, compensant la contre-performance attendue de l'industrie touristique », concluent les analystes.

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Le 12 mars 2020 à15:50

Modifié le 12 mars 2020 à 16:06

Le pire scénario pour le secteur du tourisme est une baisse de 39% des arrivées et de 30% des nuitées par rapport à 2019, selon les analystes de CFG Bank qui viennent de consacrer une note sur l’impact du Coronavirus sur le Maroc.

Cette note, que Médias24 a pu consulter, est essentiellement consacrée à l’impact de la pandémie sur certaines sociétés cotées à la Bourse de Casablanca et à la stratégie d’investissement à adopter.

Mais elle traite de l’impact du Coronavirus sur l’économie marocaine de façon générale, avec un focus sur le tourisme et le commerce extérieur.

Pour les analystes de CFG, « le fait que l’économie soit fortement dépendante de la consommation intérieure, en particulier celle des ménages, est un facteur de résilience face à l’impact mondial de la pandémie ».

Mais l’économie marocaine est de plus en plus ouverte au reste du monde grâce à l’émergence des nouveaux métiers mondiaux du Maroc et pour satisfaire une grande partie de sa consommation.

Le commerce extérieur représente d’ailleurs 32% du PIB. Les menaces sont donc réelles, d’autant plus que l’Union européenne, frappée de plein fouet par le Coronavirus, représente plus de 50% de nos exportations, 55% des arrivées touristiques, 69% des transferts des MRE et 72% des IDE. « L’UE continuera donc naturellement d'avoir des effets d'entraînement positifs ou négatifs sur notre économie, en fonction de ses propres performances », notent les analystes.

Et ces effets d’entrainement, compte tenu de la pandémie, risquent d’être lourdement négatifs, surtout sur le tourisme, premier secteur exportateur avec 22% du total des exportations de biens et services.

« L'industrie touristique marocaine est fortement dépendante des touristes en provenance de la zone euro et par conséquent des performances économiques de cette région. »

Compte tenu des dernières prévisions prenant en compte une dégradation de la croissance du PIB de l'UE et une panique croissante, le pire scénario de CFG Bank consiste en une baisse de 39% du nombre de touristes visitant le Maroc en 2020, et une baisse de 30% des nuitées (la contre-performance des touristes étrangers de séjour sera partiellement compensée par la performance des touristes nationaux).

Le Maroc a reçu 12,93 millions de touristes en 2019. Une baisse de 39% équivaut à plus de 5 millions de touristes en moins en 2020. L'impact sur le chiffre d'affaires en devises du secteur risque d'être lourd.

« Ce scénario comprend une forte baisse du nombre de touristes français (-50%), aucun touriste en provenance d'Italie et une baisse de 20% des arrivées des autres pays », précisent les analystes.

Une baisse de 2,6 millions de tonnes par mois pour nos échanges de biens


l'Organisation mondiale du tourisme, les arrivées de touristes dans le monde devraient diminuer de 1% à 3% en 2020 (par rapport aux prévisions initiales de + 3% à + 4%), entraînant une perte potentielle de 30 milliards à 50 milliards de dollars de recettes touristiques mondiales.

L’autre impact attendu de la pandémie et lié au commerce international de biens. « L’épidémie de COVID-19 a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales. Au Maroc, nous pensons que les volumes du commerce extérieur seront affectés négativement », estime CFG.

Deux facteurs sont évoqués :

- Le ralentissement économique attendu en Europe (66% des importations et exportations totales),

- La fermeture temporaire des usines en Chine (10% des importations totales en valeur et 15% à 20% des volumes importés, selon les estimations de CFG).

Compte tenu de ces hypothèses, une baisse de 20% des volumes totaux des biens échangés est attendue. « Les volumes échangés par l'économie marocaine devraient perdre 2,6 millions de tonnes chaque mois à partir de mars 2020 », alertent les analystes de CFG.

Cela dit, un effet positif du Coronavirus devrait compenser partiellement les impacts négatifs : la chute des cours du pétrole.

CFG rappelle que le déficit de la balance des biens et services du Maroc, qui s’élevait à 15,1% du PIB en 2012, est tombé à 4,1% en 2019 grâce à la baisse de la facture énergétique suite à la chute des cours de pétrole (de 111 dollars le baril en moyenne en 2012 à 61 dollars entre 2017 et 2019), ainsi qu’à la performance du tourisme et des nouveaux métiers mondiaux du Maroc.

« Au cours de la semaine dernière, le prix du pétrole a chuté de 50%, oscillant autour de 30 dollars le baril. Si ce niveau perdure sur le reste de l'année, il aura un impact positif sur notre balance des biens et services, compensant la contre-performance attendue de l'industrie touristique », concluent les analystes.

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