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ECONOMIE

Coronavirus : Les exportateurs marocains naviguent à vue

L'impact économique de l'épidémie du Covid-19 est indéniable. Entre perturbations des chaines d'approvisionnement et manque de visibilité sur la demande, les exportateurs marocains naviguent à vue. Analyse.

Coronavirus : Les exportateurs marocains naviguent à vue
H.G.
Le 8 mars 2020 à 16h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

"Les conséquences économiques et financières se ressentent à l’échelle mondiale, suscitant l’incertitude et dégradant les perspectives à court terme", déclare le Comité monétaire et financier international, ce 04 mars 2020.

Il est indéniable que ce premier trimestre de l'année 2020 sera impacté négativement par la crise du nouveau coronavirus. Mais l'ampleur de cet impact n'est pour l'heure toujours pas annoncée par les instances internationales. 

Le Maroc n'est pas épargné. Plusieurs secteurs sont touchés directement depuis la déclaration de l'épidémie mondiale. En tête, le tourisme, dans toutes ses composantes. Les grands marchés marocains du commerce comme Derb Omar ou Derb Ghallef, le sont également. 

Les importateurs marocains de thé ont également enregistré des perturbations au niveau de leur approvisionnement. 

Les secteurs touchés sont plus nombreux au fur et à mesure que le virus poursuit sa propagation dans les pays hors Chine et tant que le système de quarantaine est maintenu en Chine. 

Selon nos informations, désormais ce sont nos secteurs exportateurs qui commencent à ressentir fortement l'impact du Covid-19. 

Les textiliens face à la faible demande et au manque d'approvisionnement  

"Cela aura certainement un impact sur nos exportations, comme pour l'économie mondiale. Nous faisons notre maximum, mais quand il s'agit d'une épidémie, chacun prend ses précautions. C'est une psychose qui s'est installée et du coup de nombreux salons ont été annulés", commente Hassan Sentissi, président de l'Association Marocaine des exportateurs (ASMEX). 

Parmi les deux secteurs exportateurs les plus exposés figurent l'automobile et le textile

"Il est difficile de mesurer l’impact direct pour le moment. Ce que nous avons constaté jusqu’à présent, c’est l’annulation des voyages des acheteurs vers le Maroc et le refus de nous recevoir dans leurs installations", nous déclare Mohammed Boubouh, président de l'Amith. Un problème de plus qui s'ajoute aux maux du textile marocain. 

Selon un textilien sondé par Médias24, les exportateurs doivent gérer une double problématique. D'un côté le problème de sourcing: "Une bonne partie de la matière première que nous utilisons dans le secteur vient d'Asie, particulièrement de Chine, nos approvisionnements sont fortement perturbés. Les délais sont longs, la visibilité réduite", commente notre source.

De l'autre côté, "nous n'avons pas de visibilité sur la demande. En Italie, la demande sur le textile et habillement a fortement baissé, ce qui induit une baisse des commandes auprès des fournisseurs", ajoute cet industriel. Si le virus poursuit sa propagation au niveau des principaux marchés clients du Maroc, les conséquences pourraient être lourdes. 

Selon notre source, cette situation bloque les acteurs car à défaut de savoir si les commandes seront au rendez-vous ou pas et en quelles quantités, ils ne peuvent adapter leur stratégie d'approvisionnement, ni en termes de recherche de nouveaux fournisseurs en dehors de l'Asie ni en termes de quantités. 

"Et dans le textile, 80% de la matière première est périssable. Les couleurs, les tissus, les motifs,... changent au rythme des collections. Si la collection est dépassée, ces produits ont autant de valeur qu'une pomme pourrie, c'est-à-dire zéro", explique notre interlocuteur. 

Devant ce contexte instable, les cellules de crise se multiplient chez les grands acteurs. 

Le secteur automobile également touché

Le secteur automobile est également concerné. Premier secteur exportateur du pays, toute baisse de son chiffre d'affaires aura un fort impact sur la balance commerciale. Depuis l'apparition du Covid-19, la chaine de valeur mondiale a été perturbée. Les acteurs marocains ont été touchés. 

"Certaines entreprises qui sont directement en contact avec la Chine ont en effet senti un impact. Mais la majorité des entreprises sont en train d'anticiper ce risque-là en s'approvisionnant le plus tôt possible et en assurant une couverture", nous explique Mohamed Lacham, président de l'Association Marocaine de l'Industrie et du Commerce Automobile (AMICA) en ce qui concerne le volet de l'approvisionnement. 

Qu'en est-il de l'impact sur les exportations ? "Nous n'avons pas encore de statistiques. C'est un peu tôt pour se prononcer. Nous aurons de la visibilité d'ici la fin du mois ", affirme le président de l'Amica. 

Des opportunités existent 

La situation est d'autant plus ambiguë que les acteurs marocains admettent qu'au milieu de cette incertitude il existe des opportunités à prendre. La Chine et par extension l'Asie, sont considérées comme l'usine du monde. Quand cette usine est à l'arrêt ou sa production perturbée, les clients doivent chercher des alternatives. Il se trouve que le Maroc peut être une alternative crédible pour plusieurs secteurs dont le textile ou certaines composantes automobiles. 

"Les délais de livraison depuis la Chine sont plus longs et les usines ne sont pas pleinement opérationnelles. Nous voyons bien que certaines commandes textile peuvent être redirigées vers le Maroc parmi d'autres pays comme la Turquie ou le Portugal. Néanmoins, ces opportunités sont suspendues à une meilleure visibilité sur la demande européenne", analyse un acteur du secteur. 

Plus globalement, plusieurs acteurs voient en cette situation une opportunité pour booster l'industrie locale. Des produits importés de Chine ou d'ailleurs en Asie peuvent être fabriqués localement. C'est l'occasion pour ces industriels marocains de se positionner et prendre des parts de marché. 

>> Lire aussi : Coronavirus: les entreprises marocaines à gros effectif, sur le qui-vive

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H.G.
Le 8 mars 2020 à 16h01

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