Crues meurtrières en Afghanistan: les secours à la recherche d'une centaine de disparus
Les secours et des dizaines d'habitants fouillent mardi la boue et les gravats pour tenter de retrouver les corps d'une centaine de disparus dans les crues meurtrières qui ont frappé la veille une région reculée du nord-est de l'Afghanistan.
Il n'y a que peu d'excavateurs et les hommes utilisent pour la plupart des pelles ou leurs mains nues dans la ville de Parun, a constaté un correspondant de l'AFP mardi.
Selon le dernier bilan donné par le gouvernorat du Nouristan, une province montagneuse et difficile d'accès, frontalière du Pakistan, 23 personnes sont mortes dans ces inondations brutales. Une centaine de personnes n'ont pas donné de signe de vie depuis lundi soir, les secours estimant toutefois peu probable de trouver des survivants.
"La crue a été soudaine et le niveau de l'eau trop haut. Personne dans la région n'imaginait que l'eau monterait si haut. Les secouristes tentent de trouver les corps des gens qui ont perdu leur vie", a indiqué à l'AFP le porte-parole du Croissant-Rouge afghan, Juma Khan Nayel.
"Des gens pensaient qu'il y avait peut-être encore des survivants dans un bâtiment, mais quand les secouristes sont arrivés, il n'y avait plus personne en vie", a-t-il ajouté, précisant que des équipes et cliniques mobiles étaient en route pour renforcer la cinquantaine de volontaires du Croissant-Rouge à pied d'oeuvre depuis la veille.
Nichée dans une vallée au bord d'une rivière, la ville de Parun, chef-lieu de la province, a été particulièrement frappée. Les flots déchaînés ont emporté de nombreuses boutiques et bâtiments du centre-ville, selon un correspondant de l'AFP.
Près du pont central enjambant la rivière, la désolation est totale: les boutiques alimentaires, un hôtel et plusieurs bâtiments ont disparu. Il ne reste plus qu'un amas de briques, de rochers échoués et une épaisse couche de boue.
- "Traumatisés" -
"J'ai vu beaucoup de crues à Parun, mais je n'en ai jamais vu d'aussi dangereuse. Je me suis blessé en essayant de fuir plus haut dans la montagne, il pleuvait, c'était difficile de grimper, je me suis blessé", raconte à l'AFP Farid Gul Zaheer, un pharmacien de 34 ans.
"Quand je me suis retourné, la ville avait été détruite", ajoute-t-il en précisant avoir perdu sa pharmacie, "fruit du travail de toute une vie".
"Tout le monde a peur, les gens sont traumatisés, personne n'a dormi", poursuit-il.
"La crue n'a duré que quelques minutes", raconte Zakirullah Zaki, 29 ans, gérant de l'hôtel Spogmai près de la rivière. Sa famille a eu de la chance, son petit frère, qui avait disparu a pu être retrouvé.
Des militaires ont été envoyés en renfort, selon le gouvernement.
Les différentes agences de l'ONU présentes en Afghanistan se réunissent mardi pour préparer une mission d'évaluation des dégâts au Nouristan, a indiqué mardi à l'AFP la porte-parole du Bureau de coordination pour les Affaires humanitaires (OCHA) Olga Cherevko.
"Nous devons distribuer de manière urgente de l'aide alimentaire", a précisé le Croissant-Rouge, ainsi que de l'eau potable.
Des familles se retrouvent également sans abri, et il faudra des tentes pour les héberger à court terme puis de l'aide pour qu'ils puissent reconstruire leurs maisons, a ajouté Juma Khan Nayel.
L'Afghanistan ne génère que 0,08% des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement mondial, mais est en revanche l'un des pays les plus touchés par les effets dévastateurs du changement climatique, selon l'ONU.
"Les ressources en eau ont été affectées, les glaciers fondent et les inondations ont augmenté", ce qui "contribue à la crise humanitaire dans le pays", avait rappelé début juillet le directeur de l'Agence afghane pour la protection de l'Environnement (GEPA), Mati-ul-Haq Khalis.
Des crues meurtrières ont aussi fait 12 morts dont cinq enfants lundi au Pakistan, dans la province septentrionale de Khyber Pakhtunkhwa, voisine de l'Afghanistan, selon l'Agence régionale pour les situations d'urgence.
Plus de 200 personnes avaient péri au printemps en Afghanistan et au Pakistan à cause des précipitations et des inondations.
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