L'idée d'un arrêt définitif de la contrebande de Sebta et Melilia fait du chemin

A l'issue de la fermeture de Bab Sebta par le Maroc, l'idée de la fin de la contrebande semble faire son chemin du côté espagnol. La décision de fermeture impacte en premier plan les gros trafiquants. Des alternatives pour les femmes porteuses sont en cours de discussion.  

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Contrebande en provenance de Sebta et Melilia : c'est la fin

Le 03 décembre 2019 à 12:03

Modifié le 03 décembre 2019 à 16:11

Tabac, produits alimentaires, matériels électroniques… tous constituent des produits qui transitent de manière illégale par Sebta et Melilia vers le Maroc. Selon un calcul effectué par Médias24, la valeur des produits de contrebande issus des deux villes est estimée au moins à 10MMDH chaque année. Cette contrebande exerce un impact très négatif sur l’économie marocaine. Elle constitue une concurrence déloyale envers les producteurs et les importateurs marocains.

Pour Nabyl Lakhdar, DG de l’administration des douanes, il existe 2 options : soit tolérer la contrebande et détruire des emplois, soit y faire face. C’est la deuxième option que le Maroc semble suivre aujourd’hui. Les passages par lesquels transitaient les produits de contrebande de Sebta et Melilia ont été fermés du côté marocain.

Le message des autorités marocaines semble avoir été compris du côté espagnol. Lundi 2 décembre, le journal espagnol El Confidencial a écrit que "le Maroc met fin à la contrebande avec Sebta et étouffe la ville ». L’idée de la fin de la contrebande semble donc faire son chemin chez les espagnols. Le président de l’Association des résidents à Sebta a d’ailleurs déclaré au même journal que "de nombreux symptômes indiquent que le Maroc ait mis fin au phénomène de contrebande".

Les contrebandiers espagnols contestent

La décision de fermeture a lourdement impacté les gros trafiquants, notamment du côté espagnol. Les contrebandiers de Sebta ont protesté vis-à-vis des autorités de la ville pour que celles-ci demandent aux autorités marocaines un moratoire afin qu’ils puissent restituer leurs stocks. La demande a été rejetée.

Le journal espagnol a rapporté que les contrebandiers espagnols s’attendaient à des mobilisations de masse du côté marocain qui allaient obliger la douane marocaine à rouvrir les passages à la frontière. Ces mobilisations n’ont finalement pas eu lieu. Dès le printemps dernier, la douane marocaine a déclaré son intention de procéder à un recensement des porteurs afin que seuls les plus vulnérables puissent continuer à traverser la frontière.

Une alternative pour les femmes porteuses

Si la fin de la contrebande peut impacter les revenus des familles qui y vivent, elle aurait un impact très positif sur l’économie à long-terme. De plus, le Maroc envisage, selon Nabyl Lakhdar, de mettre en place un programme de soutien aux femmes porteuses.

Nabyl Lakhdar nous avait déjà confié qu’il existe actuellement une réflexion menée conjointement avec la société civile afin de trouver une solution aux porteuses. Plusieurs alternatives sont sur la table : encourager les entreprises à s’installer dans la région ou mettre en œuvre des projets dans le cadre de l’INDH. Quelle que soit la solution, elle serait beaucoup moins coûteuse que la contrebande.  

Au final, l'idée que la décision marocaine est définitive et irréversible fait son chemin. C'est un premier pas.

L'idée d'un arrêt définitif de la contrebande de Sebta et Melilia fait du chemin

Le 03 décembre 2019 à01:00

Modifié le 03 décembre 2019 à 16:11

A l'issue de la fermeture de Bab Sebta par le Maroc, l'idée de la fin de la contrebande semble faire son chemin du côté espagnol. La décision de fermeture impacte en premier plan les gros trafiquants. Des alternatives pour les femmes porteuses sont en cours de discussion.  

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Tabac, produits alimentaires, matériels électroniques… tous constituent des produits qui transitent de manière illégale par Sebta et Melilia vers le Maroc. Selon un calcul effectué par Médias24, la valeur des produits de contrebande issus des deux villes est estimée au moins à 10MMDH chaque année. Cette contrebande exerce un impact très négatif sur l’économie marocaine. Elle constitue une concurrence déloyale envers les producteurs et les importateurs marocains.

Pour Nabyl Lakhdar, DG de l’administration des douanes, il existe 2 options : soit tolérer la contrebande et détruire des emplois, soit y faire face. C’est la deuxième option que le Maroc semble suivre aujourd’hui. Les passages par lesquels transitaient les produits de contrebande de Sebta et Melilia ont été fermés du côté marocain.

Le message des autorités marocaines semble avoir été compris du côté espagnol. Lundi 2 décembre, le journal espagnol El Confidencial a écrit que "le Maroc met fin à la contrebande avec Sebta et étouffe la ville ». L’idée de la fin de la contrebande semble donc faire son chemin chez les espagnols. Le président de l’Association des résidents à Sebta a d’ailleurs déclaré au même journal que "de nombreux symptômes indiquent que le Maroc ait mis fin au phénomène de contrebande".

Les contrebandiers espagnols contestent

La décision de fermeture a lourdement impacté les gros trafiquants, notamment du côté espagnol. Les contrebandiers de Sebta ont protesté vis-à-vis des autorités de la ville pour que celles-ci demandent aux autorités marocaines un moratoire afin qu’ils puissent restituer leurs stocks. La demande a été rejetée.

Le journal espagnol a rapporté que les contrebandiers espagnols s’attendaient à des mobilisations de masse du côté marocain qui allaient obliger la douane marocaine à rouvrir les passages à la frontière. Ces mobilisations n’ont finalement pas eu lieu. Dès le printemps dernier, la douane marocaine a déclaré son intention de procéder à un recensement des porteurs afin que seuls les plus vulnérables puissent continuer à traverser la frontière.

Une alternative pour les femmes porteuses

Si la fin de la contrebande peut impacter les revenus des familles qui y vivent, elle aurait un impact très positif sur l’économie à long-terme. De plus, le Maroc envisage, selon Nabyl Lakhdar, de mettre en place un programme de soutien aux femmes porteuses.

Nabyl Lakhdar nous avait déjà confié qu’il existe actuellement une réflexion menée conjointement avec la société civile afin de trouver une solution aux porteuses. Plusieurs alternatives sont sur la table : encourager les entreprises à s’installer dans la région ou mettre en œuvre des projets dans le cadre de l’INDH. Quelle que soit la solution, elle serait beaucoup moins coûteuse que la contrebande.  

Au final, l'idée que la décision marocaine est définitive et irréversible fait son chemin. C'est un premier pas.

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