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Dr Taoufik Talhaoui

Cadre chercheur au Maroc.

Quelle trajectoire pour le MASI en 2026 ? (2/4)  

Alors que Bank Al-Maghrib s’apprête à tenir sa deuxième réunion trimestrielle de politique monétaire de l’année, l’évolution du MASI continue d’alimenter les interrogations des investisseurs.

Le 22 juin 2026 à 10h03

Lors de la première partie de cette série d’articles "Quelle trajectoire pour le MASI en 2026 ?", le mois de mars dernier (Cf. Référence 1 en dessous), il a été signalé en guise de conclusion que, "malgré la bonne performance enregistrée en 2025, et en dépit des fondamentaux de l’économie marocaine globalement solides, ainsi que de la santé financière relativement robuste des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, l’indice boursier marocain MASI pourrait connaître une tendance baissière durant une grande partie de l’année 2026".

La conclusion demeure pertinente à ce jour, plusieurs facteurs continuent de soutenir cette analyse. D’une part, les tensions persistantes au Moyen-Orient maintiennent une pression sur les cours du Brent, et ce malgré les avancées enregistrées dans les discussions entre les États-Unis et l’Iran. Cette situation alimente les incertitudes quant à l’évolution de l’économie mondiale. D’autre part, les résultats publiés par les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca au titre du premier trimestre 2026 se sont révélés globalement mitigés, vu les conditions climatiques défavorables observées en début d’année ainsi que l’effet saisonnier du mois de Ramadan, intervenu en mars. À cela s’ajoute l’absence de catalyseurs majeurs susceptibles d’accélérer la dynamique de relance économique. Toutefois, après neuf mois de consolidation/correction, le MASI pourrait renouer avec la croissance à partir du quatrième trimestre 2026, sous réserve de l’observation de plusieurs conditions favorables. Parmi celles-ci figurent notamment une avancée significative dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran les mois prochains, le maintien du prix du Brent sous le seuil des 80 dollars le baril, ainsi que la publication de résultats semestriels solides à fin septembre 2026, confirmant la tendance haussière des réalisations des sociétés cotées.

Cette étude (Partie 2/4), intervient à la veille de la deuxième réunion trimestrielle de Bank Al-Maghrib en 2026, le mardi 23 juin 2026. Elle se veut un prolongement de l’analyse déjà publiée le mois de mars dernier sur Médias24 (Cf. Référence 1) et ce, à la lumière des évènements ayant marqué le MASI dernièrement, en intégrant les changements des trois derniers mois. Par ailleurs, l’étude présente le contexte économique national et la conjoncture internationale dans un premier temps, avant d’analyser l’évolution du MASI et les facteurs susceptibles d’influencer son évolution.

La conjoncture internationale et ses répercussions sur l’économie marocaine

Au cours du deuxième trimestre 2026, la conjoncture internationale a évolué dans un environnement marqué par une détente progressive des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, favorisée par la conclusion d’un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran en juin 2026. Cette avancée diplomatique a contribué à apaiser les craintes relatives à l’approvisionnement énergétique mondial et à limiter les pressions haussières sur les cours du pétrole. Dans ce contexte, les perspectives inflationnistes se sont quelque peu améliorées, soutenant les anticipations d’un assouplissement graduel des conditions financières au niveau international. Néanmoins, les investisseurs sont restés attentifs aux risques pesant sur la croissance mondiale, notamment en raison du ralentissement observé dans certaines grandes économies et de la persistance de fragilités structurelles au sein du commerce international. Par ailleurs, les principales banques centrales ont continué à adopter une approche prudente en matière de politique monétaire. Les autorités monétaires ont maintenu une vigilance accrue face aux incertitudes entourant les perspectives économiques mondiales et l’évolution des marchés de l’énergie.

Pour l’économie marocaine, l’apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, suite à l’accord-cadre conclu entre les États-Unis et l’Iran en juin 2026, a contribué à atténuer les risques de flambée des prix de l’énergie. Cette évolution est favorable au Maroc, dont l’économie est fortement dépendante des importations d’hydrocarbures. Le maintien du cours du Brent à des niveaux modérés, inférieurs à 80 dollars le baril, permet ainsi de limiter les pressions sur les équilibres budgétaires du Royaume. Par ailleurs, la remontée de l’inflation observée chez certains partenaires commerciaux du Maroc, notamment en Europe au cours du deuxième trimestre 2026, continue de susciter des interrogations quant à l’évolution du pouvoir d’achat des ménages européens. Une telle situation pourrait affecter la consommation et, par conséquent, la demande adressée au Maroc sur certains segments de marché. Toutefois, l’impact potentiel de ce ralentissement demeure relativement contenu grâce à la bonne compétitivité de plusieurs filières exportatrices marocaines. En outre, la détente des prix énergétiques constitue un facteur de soutien pour les entreprises européennes, susceptible de favoriser progressivement l’activité économique et les échanges commerciaux avec leurs partenaires marocains.

Dans ce contexte, l’économie marocaine continue de faire preuve d’une certaine résilience grâce à la dynamique des investissements publics et privés, au développement des infrastructures et à la bonne tenue de secteurs tels que l’automobile, l’aéronautique et les services. Toutefois, les performances économiques sont restées affectées par les conditions climatiques défavorables enregistrées en début d’année et par un environnement international moins porteur. Les perspectives pour le second semestre 2026 dépendront largement de l’évolution des tensions géopolitiques, de la stabilité des marchés énergétiques et de la capacité des principaux partenaires économiques du Maroc à maintenir un rythme de croissance satisfaisant.

Un environnement macroéconomique globalement favorable

Les évolutions observées au niveau des principaux indicateurs macroéconomiques au cours du premier semestre 2026 traduisent une économie marocaine globalement résiliente, mais qui demeure exposée aux déséquilibres induits par sa dépendance énergétique (Cf. Référence 2 en dessous) :

  • Croissance PIB : Réalisation de 4,9 % 2025 et ralentissement à un niveau entre 4% et 5% en 2026 ;
  • Taux d’inflation : A fin avril 2026, l’inflation a été maitrisée à 1,7 % ;
  • Déficit budgétaire : A fin mai 2026, le déficit budgétaire s’est établi à 22,9 milliards de dirhams, contre 11,2 milliards de dirhams à la même période de 2025 ;
  • Déficit commercial : Au premier trimestre 2026, le déficit commercial s’est creusé de 23,9 % en glissement annuel, pour s’établir à 87,4 milliards de dirhams ;
  • Taux des BDT : Au titre du deuxième trimestre 2026, les taux des bons du Trésor ont globalement évolué dans un contexte de légère détente par rapport au premier trimestre de la même année ;
  • Taux Directeur TD : La banque centrale BAM continu de maintenir le TD à 2,25% depuis plus d’un an ;
  • Taux de chômage : Au titre du premier trimestre 2026, le taux de chômage strict s’est stabilisé à 10,8 %.

L’année 2026 confirme la solidité de la dynamique économique marocaine, même si un léger ralentissement de la croissance est attendu par rapport à la performance enregistrée en 2025. Après une progression du PIB de 4,9 % en 2025, l’économie nationale devrait continuer à évoluer sur un rythme compris entre 4 % et 5 % en 2026, soutenue par la reprise de plusieurs secteurs productifs et par la poursuite de l’investissement public et privé. Cette résilience est d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit dans un environnement international marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes et une volatilité des marchés énergétiques.

Sur le plan des équilibres internes, l’inflation demeure sous contrôle, s’établissant à 1,7 % à fin avril 2026, soutenue notamment par la stabilité des prix à la consommation et la bonne campagne agricole 2025/2026. Toutefois, cette évolution favorable contraste avec la détérioration des finances publiques, le déficit budgétaire ayant plus que doublé pour atteindre 22,9 milliards de dirhams à fin mai 2026 contre 11,2 milliards un an auparavant. Dans ce contexte, la légère détente observée sur les taux des bons du Trésor au deuxième trimestre reflète néanmoins une confiance relative des investisseurs dans la capacité de l’État à financer ses besoins tout en maintenant la stabilité du cadre macroéconomique.

Les comptes extérieurs continuent en revanche de constituer un point de vigilance. Le déficit commercial s’est creusé de 23,9 % au premier trimestre 2026 pour atteindre 87,4 milliards de dirhams, illustrant la forte dépendance du Royaume aux importations, notamment énergétiques. Cette situation met en évidence la vulnérabilité persistante de l’économie marocaine face aux fluctuations des prix internationaux des matières premières et de l’énergie. Ainsi, les indicateurs du premier semestre 2026 dessinent le portrait d’une économie globalement résiliente, mais dont les équilibres budgétaires et extérieurs demeurent exposés aux chocs exogènes, en particulier ceux liés à l’énergie.

Une tendance positive pour le MASI le deuxième semestre 2026

Depuis le quatrième trimestre 2025, trois événements majeurs ont fortement influencé l’évolution du MASI, principal indice de la Bourse de Casablanca :

  • Le premier facteur réside dans la phase de correction enregistrée à la fin de l’année 2025, caractérisée par d’importantes prises de bénéfices intervenues après une période soutenue de hausse des cours. Ce mouvement de consolidation s’explique principalement par les niveaux de valorisation élevés atteints par plusieurs valeurs cotées, incitant les investisseurs à sécuriser une partie de leurs gains.
  • Le deuxième événement est intervenu à la fin du mois de février et au début du mois de mars 2026 avec l’escalade du conflit au Moyen-Orient. Cette situation a ravivé les inquiétudes liées à l’approvisionnement énergétique mondial et provoqué un regain d’aversion au risque sur les marchés financiers, affectant particulièrement les économies importatrices d’énergie telles que le Maroc.
  • Enfin, la publication des réalisations du premier trimestre 2026 des sociétés cotées a constitué le troisième facteur déterminant. Bien que les revenus agrégés aient continué de progresser, le rythme de croissance a nettement ralenti par rapport au quatrième trimestre 2025, alimentant une certaine déception des investisseurs et renforçant la prudence sur le marché actions marocain.

Malgré la phase de correction enregistrée récemment, le MASI devrait évoluer dans une tendance globalement stable durant la période estivale, avant d’amorcer progressivement un nouveau cycle haussier à partir d’octobre 2026. Cette perspective s’appuie sur plusieurs éléments favorables, notamment la résilience des fondamentaux de l’économie marocaine, l’avancement des grands projets structurants engagés à l’échelle nationale, l’amélioration du climat géopolitique international suite à l’accord-cadre conclu entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les attentes positives entourant la publication des résultats semestriels des sociétés cotées prévue à la fin du mois de septembre 2026. Des performances financières satisfaisantes permettraient en effet de rassurer les investisseurs sur la capacité des entreprises à surmonter les difficultés rencontrées au premier trimestre et à confirmer leurs perspectives de croissance pour le reste de l’exercice.

Malgré un environnement économique et géopolitique encore marqué par certaines incertitudes, le MASI a enregistré une évolution globalement favorable à 18.353 points au cours du deuxième trimestre 2026, en croissance de 7% du 01/04/2026 au 19/06/2026. Au cours du deuxième trimestre 2026, Ledit indice MASI a bénéficié d'un regain de confiance des investisseurs, soutenu notamment par le secteur minier, les valeurs financières ainsi que plusieurs grandes capitalisations.

Les principales données concernant le MASI à la date du 19 juin 2026 sont les suivantes (Cf. Référence 3 en dessous) :

  • Valeur de l'indice : 18 353,29 points ;
  • Performance annuelle : -2,62 % ;
  • Capitalisation boursière : 1.053.693.375.021 MAD.

Quel canal pour l’évolution du MASI en 2026 ?

Le MASI évolue actuellement dans un canal haussier de moyen terme après avoir rebondi sur la borne basse du canal en mars 2026 (Cf. Graphique ci-dessous).

Quelle trajectoire pour le MASI en 2026 ? (2/4)   
Graphique : Evolution du MASI depuis le début de 2025.

Le MASI poursuit son évolution dans un canal haussier de moyen terme, malgré une phase de consolidation observée depuis plusieurs semaines. L'indice évolue actuellement à proximité de ses moyennes mobiles 50 jours (18.578 points) et 200 jours (18.657 points), qui constituent une importante zone d'équilibre technique.

Le RSI à 48 traduit une absence de pression acheteuse ou vendeuse marquée, confirmant un marché en attente de nouveaux catalyseurs. Tant que le support des 18.000 points demeure préservé, le scénario privilégié reste celui d'une stabilisation à court terme suivie d'une reprise graduelle en direction des 19.500 à 20.000 points au cours du second semestre 2026.

La tendance de fond demeure donc constructive, mais un franchissement durable de la zone des 18.600 – 18.700 points serait nécessaire pour relancer une dynamique haussière plus affirmée.

Références :

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Le 22 juin 2026 à 10h03

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