img_pub
Rubriques

L’Europe daltonienne et la phobie d’un Yalta 2

La perception de la politique internationale va continuer à opposer réalistes et idéalistes au moment où le temps presse pour toutes les périphéries géopolitiques. L’Europe en est devenue une en dépit des barouds d’honneur de certains intellectuels en souffrance d’arguments. Une chronique de Hassan Hami.

Le 12 mars 2025 à 20h03

Je n’ai jamais été impressionné par les lettres ouvertes que des politiciens, écrivains ou artistes adressent aux dirigeants politiques. Je le suis davantage aujourd’hui où, par le fait de la magie des réseaux sociaux, des hommes publics prennent la parole pour adresser des messages et ameuter l’opinion publique, déjà prise de panique par hantise ou ignorance des causes défendues.

Loin de moi l’idée de douter de la bonne foi des initiateurs de ce type d’actions. Cependant, à y regarder de plus près, je suis parfois sidéré par les contradictions dont ils font montre.

Les prises de position apparaissent aussi hypocrites que futiles. Peut-être, leur trouverais-je des excuses de tenter quelque chose pour éveiller les bonnes consciences. J’ai reçu, à l’instar de milliers d’internautes, la vidéo dans laquelle on voit Edwy Plenel stigmatiser les États-Unis, lui reprochant sa dérive hégémonique et autoritaire.

Plenel excelle dans sa plaidoirie sur la fin du droit international. Il dénonce ce qu’il appelle la loi du plus fort. Il épingle Donald Trump et Vladimir Poutine, le premier pour avoir des visées sur le Groenland et le Panama, et le deuxième pour avoir conquis une partie de l’Ukraine. Il fait une association entre Poutine et Netanyahu, appelant à leur résister à travers ce qu’il qualifie de "conseil national de la résistance à l’échelle mondiale".

Puis, il s’en prend à l’Europe pour avoir affiché des "délires de supériorité et des folies" incompréhensibles. Personne n’a le droit de reprocher à Edwy Plenel son engagement pour les causes dites justes, en raison de son passé trotskiste et de son appartenance à la gauche (disons révisionniste).

Les orphelins de la guerre froide et les troubadours de la démocratie sandwich

Si je l’ai pris comme illustration pour argumenter les  propos que je partage dans ce papier, c’est pour démontrer les divagations intellectuelles et morales de certains courants politiques dans une Europe qui sent le brûlé, à cause de la montée de l’extrême-droite et de sa vulnérabilité à l’égard des Etats-Unis et de la Russie.

De même, mes propos visent cette grande frange du public marocain qui s’extasie à la lecture de texte ou à l’écoute de discours de militants en fin de carrière. Exactement, ce public marocain qui s’enflamme, parfois à juste titre, en absorbant des miettes de paroles prétendument humanistes qui font l’impasse sur le contexte, le timing et les acteurs ayant été à l’origine des décisions prises.

Ce syndrome d’association, cette mentalité de la victime et cette propension à se refaire une virginité en puisant dans la mentalité de la meute me laissent pantois. S’agirait-il de jugements exagérés voire injustes de ma part ? Je verrai quand j’aurai terminé cet article.

L’entrée en lice d’Edwy Plenel n’est pas une nouveauté. Nombreux sont les objecteurs de conscience en Europe et aux Etats-Unis qui se sont distingués par des prises de position qui ont défrayé la chronique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ils ont été vite rattrapés par l’histoire. Certains d’entre eux ont été de mèche avec des courants d’extrême-droite et des sensibilités nazies, fascistes ou communistes éradicateurs.

D’autres ont été des doublures pour l’exécution des desseins de l’ethnologie militaire ou de l’épuration ethnique. Preuve en est ce qui s’est passé en ex. Yougoslavie, en Afghanistan, dans le Caucase du Sud ou récemment dans le monde arabe.

Il y a un an et demi environ, une vidéo a circulé dans laquelle on voit une juriste russe énumérer les contradictions des Américains et des Européens dans la lecture qu’ils font de la crise entre la Russie et l’Ukraine. Elle dénonce à son tour la loi du plus fort qui a caractérisé leur comportement dans la perception et la gestion de nombreux conflits internationaux.

La juriste russe reprenait dans l’esprit et la lettre le discours de Vladimir Poutine devant le Sommet de Berlin sur la sécurité en Europe en 2007.  Poutine y avait exprimé la rage de la Russie de voir le système international virer vers l’abandon du multilatéralisme et la consécration de ce qu’il a sous-entendu être une hégémonie américaine sur le monde.

La démonstration verbale, la vocifération qui baigne dans une éloquence tirée par les cheveux de Plenel mentionnées plus haut attestent d’une sorte de hantise de voir l’Europe perdre la main et être le dindon de la farce. L’Europe craint de subir le sort d’un deuxième Yalta. Elle redoute qu’elle paie le prix d’avoir osé à moitié se libérer du joug américain et des menaces russes en inversant les rôles.

D’une part, depuis la fin hypothétique de la Guerre froide, les Européens, forts de la création de l’Union européenne en 1994, ont milité, quoique discrètement, pour la mise en place d’une politique de défense commune. D’autre part, ils ont cru salutaire de courtiser la Russie, chaque fois que les relations avec les États-Unis sentaient le froid. Ils semblent avoir perdu sur les deux fronts.

Une allusion a été faite par Plenel à Benjamin Netanyahu et à Vladimir Poutine dans un verbe dont l’émotion, à son paroxysme, a résonné fausse dans mes oreilles. Plenel, ce militant des droits humains, un militantisme qu’il hérite de son père qui s’était érigé contre le colonialisme français à l’époque où sa famille vivait dans l’île de la Martinique, fait l’impasse sur la place de l’Ukraine dans le projet de création de l’État d’Israël.

Il ferme inconsciemment peut-être l’œil sur le fait que Joseph  Staline a conclu un deal avec les États-Unis et le Royaume-Uni, justement pour que le foyer national juif (ou la création d’Israël) ne prenne pas forme en Ukraine. Des tractations eurent lieu à partir de 1941 avec la bénédiction du président, Franklin D. Roosevelt, et du premier ministre, Winston Churchill.

L’Union soviétique a voté la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies sur la partition de la Palestine en 1948, une année après la démission du Royaume-Uni, qui préférait transférer la gestion de la question de Palestine aux Nations unies. Une fois la Palestine définitivement choisie, un mouvement massif d’exode de Juifs polonais, ukrainiens, russes, tchécoslovaques, moldaves etc. a été facilité par Staline.

Les jérémiades  des humanistes de la dernière pluie

Staline était dans la tendance de tout casser sur son passage pourvu qu’il restât au pouvoir face aux trotskistes et aux vétérans parmi les Léninistes. Dans la même foulée, l’Union soviétique abrita la Conférence de Yalta (Crimée) en 1945 avec la participation des États-Unis et du Royaume-Uni pour décider de l’après-Hitler et de l’avenir de l’Europe. Cette conférence de Yalta faisait partie de ce qui était libellé Big Three, en l’occurrence la conférence de Téhéran en 1943, la conférence de Moscou en 1944 à laquelle Roosevelt n’assista pas et la conférence de Postdam en 1945.

L’histoire se répète donc. Le deal de Staline devrait être respecté, la Russie de Poutine semblerait vouloir le rappeler aux Occidentaux. La décomposition de l’URSS s’est faite avec la promesse des Américains et des Européens de ne pas faire des randonnées dans un espace qu’elle considère comme son recul stratégique, que constituent certains pays de l’Est, l’Ukraine en tête de liste. L’Ukraine est une ligne rouge. Si elle adhérait à l’OTAN, c’en serait fini de la Russie.

Les objecteurs de conscience et les moralistes à la carte ne bernent plus personne. Il fut un temps où des figures de proue telles que Philippe Sollers ou Henri Bernard-Levy etc. ameutaient la grande foule d’intellectuels et d’étudiants nostalgiques des années 1960 et 1970 pour se révolter contre des régimes autoritaires en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

L’histoire a démontré qu’ils auraient été de mèche avec les autorités de leurs pays pour exécuter des politiques qui n’avaient rien perdu d’hégémonique malgré les mouvements successifs d’indépendances négociées.

Le chaos créatif, dont certains intellectuels de droite et de gauche en Europe sont très friands, Lévi-Strauss et les néoconservateurs américains qui se sont inspirés de ce dernier, est en train d’être exécuté par deux formes de tentations impériales, américaine et russe. Sans doute, les Européens ont-ils raison de craindre un Yalta 2.

Ils auraient d’autant plus raison qu’une troisième puissance est aux aguets, attendant son tour pour se joindre au cortège : la Chine. Oui, la Chine, qui s’est fixé 2050, pour entrer effectivement en lice et jouer à sa manière son propre chaos créatif sur les terrains européen et américain.

Il semblerait que Plenel ait été outré par l’incident qui a eu lieu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche entre le président et le vice-président américains et le président ukrainien devant les yeux des millions de téléspectateurs de par le monde. Une scène d’apocalypse qui n’aurait pas dû avoir lieu. Mais c’est une scène qui a eu le mérite de montrer au grand public comment les rapports de force sont gérés entre États souverains. L’équilibre de puissance apparaît comme une clause de style, une invention d’esprit.

La scène a décrit un président aux abois, pris dans l’étau de vouloir introduire un bémol dans la partition de Trump, qu’il entend jouer pour résoudre le conflit entre l’Ukraine et la Russie. Le pouvoir de marchandage du président ukrainien était très limité sinon nul. Il a donné l’impression d’être un mandataire des Européens qui ne lui auraient pas laissé le choix que de continuer la guerre.

Les Européens sont conscients que le président Trump les attend au tournant pour leur demander des comptes, justement pour avoir été des acteurs de second rang dans la tragicomédie de la puissance décadente de l’Europe occidentale.

Le mérite, si mérite il y a dans la scène du Bureau ovale, vient du fait qu’il a exposé au public les aléas de la politique internationale et les rapports hiérarchiques dans un système international de plus en plus anarchique. Même les notions de multipolarité ou de système mixte perdent, dans ce contexte, leur signification.

Pourtant, des altercations ou réponses feutrées de ce type sont monnaie courante dans les rapports entre chefs d’État. Deux exemples pour épicer ce chapitre. Le premier exemple porte sur la réponse de feu le roi Hassan II au président François Mitterrand à l’occasion de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France de la Baule en 1990 sur la conditionnalité et l’aide au développement.

Le roi Hassan II a répondu  au président Mitterrand en attirant l’attention sur le fait que la démocratie à l’occidentale doit tenir compte des spécificités culturelles et civilisationnelles des pays africains et être mise en œuvre de manière graduelle. La coopération Nord-Sud devrait se faire "sans heurts".

Le couple Trump-Poutine: rotative ou broyeur?

Le deuxième exemple, plus récent, est l’altercation entre le président Emmanuel Macron et le président congolais Felix Tshisekedi en 2023, se rapportant aux déclarations du ministre des affaires étrangères Jean-Yves le Drian en 2019 selon lesquelles "Felix Tshisekedi est devenu président dans une configuration très particulière et propre à la République du Congo".

Puis, il y a des disputes qui ont eu lieu loin des caméras et des intrus. Là aussi, trois exemples qui interpellent l’entendement de des lecteurs passifs de la géopolitique. Le premier exemple est constitué par les révélations consignées dans les mémoires de l’ancien président mauritanien, Mokhtar Ould Daddah, publiées en 2003.

En effet, ce dernier y révéla que le président Houari Boumediene lui aurait proposé la constitution d’une confédération entre les deux pays, une fois que le dirigeant mauritanien aurait renoncé aux négociations tripartites (Espagne, Maroc, Mauritanie en 1975) ayant débouché sur l’accord de Madrid. À la suite des hésitations d’Ould Daddah, Boumediene le menaça de s’emparer de son pays s’il s’obstinait à refuser cette offre.

Le deuxième exemple est associé aux négociations de Camp David en 2000. Les négociations ont été très serrées. En dépit des concessions faites par Yasser Arafat, aucun arrangement n’a pu être atteint. Étant le maillon le plus faible de la chaîne, le dirigeant palestinien fut sommé de faire plus de concessions et de signer un document déjà préparé. Il refusa. Il se serait fait insulter par le président Bill Clinton. Arafat avait l’habitude et il aurait subi le même sort de la part de certains dirigeants arabes, dont Mouammar Kadhafi, après la signature des accords d’Oslo en 1993 et Hosni Moubarak à Sharm-al-Cheikh (ou Camp David deuxième chance) en 2000.

Le troisième exemple se rapporte à une tirade pétillant de colère prononcée par William J. Perry, ancien secrétaire américain à la défense dans la première administration Clinton  (1994-1997) à l’adresse du président français Jacques Chirac en 2003.

Perry faisait partie de la nouvelle vague des néoconservateurs américains en vogue à l’époque qui étaient froissés que la France s’opposât à l’intervention des États-Unis en Irak en arguant de produire des preuves tangibles que ce pays disposait d’armes de destruction massive.

Perry était à l’origine de la preventive defense policy en tant que boussole de la sécurité nationale américaine (1996). Il ne pouvait accepter que Chirac jouât de l’obstruction en évoquant l’obligation de respecter la légalité internationale dont le Conseil de sécurité des Nations unies était théoriquement le garant. L’histoire a prouvé que l’intervention américaine s’est basée sur des preuves montées de toutes pièces.

C’était à l’époque où Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères français, s’est fait connaître par des envolées oratoires qui plaisaient aux gaullistes réveillés de leur hibernation. De Villepin, dont les sorties récentes sur la lecture de la nouvelle géopolitique euro-européenne et euro-africaine manquent de panache, sinon passent à côté de la plaque.

Dans ces jérémiades hypocrites qui font encore mouche auprès de certains idéalistes au sein de la société civile transnationale, une question s’impose: est-ce que le chaos créatif peut participer à créer les conditions de la paix qui paraît de nos jours aussi lointaine qu’irréaliste?

Serait-il vrai que Trump et Poutine se seraient accordés sur la neutralisation mutuelle en vue de se partager le gâteau, comme Roosevelt et Staline l’avaient fait il y a quatre-vingt ans? Est-ce que les partisans des cartes rebattues parmi les géopolitologues se moquent-ils des partisans des dessous de cartes ou l’inverse?

La perception de la politique internationale va continuer à opposer réalistes et idéalistes au moment où le temps presse pour toutes les périphéries géopolitiques. L’Europe en est devenue une en dépit des barouds d’honneur de certains intellectuels en souffrance d’arguments à l’image d’Edwy Plenel qui appelle à l’organisation de la résistance mondiale pour appuyer un pays déjà réduit à passer la main ou à rendre le tablier ou à voler au secours des Palestiniens laissés à leur sort pour avoir fait une lecture erronée de la géopolitique depuis 1979.

D’autres intellectuels restent de marbre, tels que Bernard-Henri Lévy ou des militants arabes très sélectifs sur les causes justes et injustes, qui voient leurs préférences idéologiques s’évaporer maintenant que la canicule de la realpolitik les fait chauffer à sa guise.

Ils ont cru, comme tous les partisans du panarabisme et du panislamisme, que la décomposition de l’Empire ottoman, les différentes formes de colonisation et les recompositions étatiques à la carte n’étaient qu’un accident de l’histoire.

Oui, les lettres ouvertes ne m’impressionnent pas et encore moins les partages de vidéos trempées dans le sensationnel et l’émotionnel pour épater la galerie.

Par
Le 12 mars 2025 à 20h03

à lire aussi

Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée
DIPLOMATIE

Article : Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée

En marge de l’Antalya Diplomacy Forum, en Turquie, le ministre des Affaires étrangères algérien et le haut conseiller du président américain pour le monde arabe et l'Afrique ont échangé autour de plusieurs "sujets d'actualité", dont le Sahara. Mais derrière les formules convenues du texte algérien, l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc demeure clair et inchangé. Relevant depuis décembre 2020 de la logique de la continuité étatique, la position de Washington s'inscrit désormais dans la durée, indépendamment des alternances politiques internes ou des efforts diplomatiques engagés par Alger. Analyse.

OCS-USMA (Coupe de la CAF) : quelle heure, quelles chaînes
Quoi de neuf

Article : OCS-USMA (Coupe de la CAF) : quelle heure, quelles chaînes

L’Olympique de Safi aborde un tournant majeur de son histoire en accueillant l’USM Alger, le dimanche 19 avril 2026, en match retour des demi-finales de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF).

Prévisions météorologiques pour le dimanche 19 avril 2026
Quoi de neuf

Article : Prévisions météorologiques pour le dimanche 19 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 19 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM) : - Temps assez chaud à […]

Formation continue. La loi 60-17 bientôt révisée, la S.A.bientôt créée
POLITIQUE

Article : Formation continue. La loi 60-17 bientôt révisée, la S.A.bientôt créée

EXCLUSIF. Une page est sur le point de se tourner dans la gestion de la formation continue au Maroc. Le dispositif actuel, structuré autour de l’OFPPT depuis 2018, devrait céder la place à une nouvelle architecture portée par une société anonyme, dans un contexte de remise en cause croissante de la gouvernance et des performances du système.

Finale CAN 2025 : trois premiers supporters sénégalais et le Franco-Algérien poursuivi dans le dossier libérés
DROIT

Article : Finale CAN 2025 : trois premiers supporters sénégalais et le Franco-Algérien poursuivi dans le dossier libérés

Condamnés à trois mois de prison, les premiers détenus sortent de la prison El Arjat 2 à Rabat, cinq jours après la confirmation des peines en appel.

Boudchart à Casablanca : une nouvelle étape dans une trajectoire artistique maîtrisée
CULTURE

Article : Boudchart à Casablanca : une nouvelle étape dans une trajectoire artistique maîtrisée

Casablanca accueille Amine Boudchar les 16, 17, 18 et 19 avril pour une série de concerts qui marquent un tournant dans sa démarche créative.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité