Le nerf de la guerre et petit arrangement entre amis
Or, dans notre économie fébrile qui a fait de la rente sa valeur cardinale, il y a des quantités astronomiques de liquidités hors système bancaire : La thésaurisation comme corollaire d'une économie minée par la perte de confiance. Près de 300 milliards de DH (MMDH) de liquidités hors système bancaire selon les chiffres Bank-Al-Maghrib !!! (Masse Monétaire émise - quantité de la monnaie en circulation).
Sans entrer dans les explications vaines du pourquoi et du comment et pour pouvoir capter cette liquidité qui sera cruciale, voici une idée. Elle est radicale : Changer nos billets de banque et donner une période de six mois pour convertir les anciens billets en nouveaux.
Ce serait plus efficace pour attirer ces fonds cachés dans les coffres et les bas de laine que de le faire par une énième circulaire d'amnistie ou en laissant filer l'inflation car la première a montré ses limites et la seconde éroderait le pouvoir d'achat des petites classes. Mais mon ami le cynique voit déjà les campagnes de vérifications fiscales, les ATD discrétionnaires et les redressements se profiler....
Pour ce qui est de notre système bancaire, et à contre-courant de la doxa bien-pensante, mon humble sentiment est que, dans son mode de fonctionnement actuel, il ne pourra pas être un moteur de relance de l'économie. Il en sera un frein. Il a perdu il y a bien longtemps les réflexes de financement de l'économie et reste dans sa zone de confort de l'économie de rente. Nos banques ne sont-elles pas devenues des usines à titres fonciers ? Les plus grosses richesses marocaines de ces dernières années ne sont-elles pas issues du système bancaire, des assurances et de la promotion immobilière, un autre indicateur d'une économie de rente?
Ni les banques, ni leur régulateur, ni leur tutelle ne semblent être en phase avec la gravité du challenge qui nous attend. Le paroxysme de ce « mindset » est l'annonce faite par le CVE que l'État allait prendre en charge les intérêts moratoires des prêts sujets à report de traites !! Une compensation pour un perte, pardon un report de chiffre d’affaires ! Où est l'effort des banques dans cette guerre d'un nouveau genre ? Ne cherchez pas, il est nulle part.
Au "pire", BAM aurait pu émettre de la liquidité à taux zéro pour pallier cela mais que faire de cette liquidité quand on ne sait la faire travailler que dans l'immobilier aujourd'hui moribond ! CQFD.
Ces montants auraient été mieux utilisés dans le maintien de la paix sociale.
Donc en somme, si l'idée est de relancer notre économie avec le modus operandi actuel de notre écosystème bancaire, le pronostic de réussite est très faible et le risque de déflagration sociale inversement proportionnel.
à lire aussi
Article : Le Nouvel an de l'hégire (1er Moharram) sera célébré ce mercredi 17 juin au Maroc
Le 1er Moharram de la nouvelle année de l’Hégire 1448 correspondra au mercredi 17 juin 2026, a annoncé le ministère des Habous et des affaires islamiques.
Article : Adouls : la Cour constitutionnelle valide l’essentiel de la réforme, mais écarte plusieurs dispositions
Saisie par 93 députés avant la promulgation du texte, la Cour a déclaré non conformes des articles touchant aux incompatibilités professionnelles, aux personnes en situation de handicap, au témoignage collectif dit “lafif” et à l’organisation des instances représentatives. Le texte devra donc être corrigé sur ces points, sans remettre en cause le cœur de la nouvelle loi 16.22.
Article : En commission, les conseillers votent la nationalisation de la Samir et le plafonnement des hydrocarbures
Deux propositions de loi portant sur les hydrocarbures et la Samir ont été récemment adoptées en commission à la Chambre des conseillers. Un vote "surprise" rendu possible par un rapport de forces numérique défavorable à la majorité, lors d’une séance où l’opposition était majoritaire en nombre. Si ces textes ont franchi l’étape de la commission, leurs promoteurs sont conscients qu’ils ont peu de chances d’être adoptés en plénière.
Article : Retail : la guerre silencieuse pour conquérir le panier des Marocains
Pendant longtemps, les courses du quotidien se sont surtout jouées entre l’épicier du quartier, le grossiste et quelques grandes surfaces. Ce modèle commence à se fissurer. Entre fusion capitalistique, rachats d’enseignes, master-franchises, centrales d’achat, logistique commune et formats de proximité, les grands opérateurs installent peu à peu des réseaux capables d’accompagner le consommateur du café du matin aux achats du week-end. Non sans bousculer les équilibres.
Article : Crédit du Maroc : ce que cache l’augmentation de capital à 699 MDH
Depuis son passage sous le contrôle de Holmarcom, Crédit du Maroc a changé de rythme. La banque affiche des bénéfices en hausse, prépare son plan CDM Boost 2028, et propose désormais à ses actionnaires de suivre le mouvement via une opération ouverte du 26 juin au 16 juillet. Derrière le prix fixé à 938 DH par action, le marché devra surtout juger si cette nouvelle étape confirme une trajectoire ou ouvre un pari plus large. Décryptage.
Article : Nador West Med : derrière le port, le pari industriel de l’Oriental
ROUND UP. Prévu pour entrer en service fin 2026, Nador West Med se construit déjà au-delà de ses quais : routes dédoublées, future autoroute vers Guercif, projets chinois dans l’éolien, les pneus et les alliages, ambition énergétique autour du GNL et de l’hydrogène vert. L’enjeu est désormais de transformer cette infrastructure en véritable moteur économique régional.