img_pub
Rubriques

L'avenir radieux des investisseurs en Afrique

ABIDJAN – Si vous êtes un investisseur intéressé par l'Afrique, voilà où passer la semaine: Johannesburg. Quand les trois jours du Forum africain de l'investissement vont s'ouvrir le 7 novembre, un total de 61 accords d'une valeur estimée à plus de 40 milliards de dollars seront présentés dans le cadre de "sessions de conférences", tandis que 28 milliards de dollars seront présentés à des investisseurs sur le marché de la "Galerie d'exposition".

Le 7 novembre 2018 à 11h35

Les accords sont organisés sur un total de 230 projets totalisant plus de 208 milliards de dollars, couvrant des secteurs tels que l'énergie, les infrastructures, les transports et services publics, l'industrie, l'agriculture, l'information et la communication, les télécommunications, l'eau et les services d'assainissement, les services financiers, la santé, l'éducation, l'hôtellerie et le tourisme, le logement et l'aviation.

Les risques, ou du moins l'impression de risques, a longtemps été un obstacle majeur pour attirer les investissements étrangers directs en Afrique. Mais la Banque africaine de développement (BAD) s'attaque de front à ce problème en supprimant les obstacles qui découlent des flux de financement d'investissement dans le continent. Le Forum africain de l'investissement, fondé sur les transactions, est l'étape la plus importante de ce processus.

D'innombrables opportunités

En réunissant des institutions financières multilatérales, des fonds de pension, des fonds souverains et des investisseurs privés, la BAD vise à créer un mécanisme de réduction des risques de marché, économiques, politiques et financiers et par là même facilite les activités commerciales. Dans le cadre de cet effort, le forum d'investissement accorde la priorité aux partenariats public-privé et aux accords du secteur privé. Le message que nous entendons faire passer est simple: l'Afrique est prête à faire des affaires.

Les économies africaines offrent d'innombrables opportunités, surtout dans le domaine de l'énergie: les infrastructures telles que les routes, les chemins de fer et les ports. Sans oublier l'agriculture, les minerais, le pétrole et le gaz. Mais l'Afrique doit transformer ce potentiel en flux de richesses pour accroître la prospérité sur le continent.

Pour y parvenir, il faut mettre en œuvre des politiques gouvernementales. Dans chaque pays, la BAD s'engage auprès des décideurs à améliorer l'environnement juridique et réglementaire afin de créer un climat commercial plus prévisible.

Ces efforts portent déjà leurs fruits. Par exemple, l'intérêt sur 50 milliards de dollars de projets prêts à investir que nous avons mis à disposition pour la sélection pré-Forum a été plus élevé que prévu.

Nous sommes heureux que plusieurs institutions financières multilatérales, notamment la Société financière internationale, la Banque mondiale, la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures, la Banque islamique de développement, la Banque européenne d'investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque interaméricaine de développement - coopèrent avec la BAFD dans cet effort.

Ecarter les risques 

De nombreuses grandes institutions financières au sein de l'Afrique - notamment Afrexim Bank, Africa Finance Corporation, la Banque du commerce et du développement, Africa50 et la Banque de développement de l'Afrique du sud - sont également impliquées. Pour la première fois, ces grandes institutions financières mondiales et régionales coopèrent pour aider à écarter les risques associés aux projets d'investissements à grande échelle.

Bien sûr, les engagements de partenariat ne sont pas la seule raison d'être optimiste: les tendances économiques sont également fortes. Tout d'abord, la croissance du PIB réel devrait être de 3,5% cette année et 4% en 2019. Aujourd'hui, l'Afrique comprend cinq des dix plus fortes croissances économiques.

L'Afrique est également devenue la deuxième destination la plus attrayante en matière d'investissements. Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, l'investissement étranger direct (IED) entrant devrait augmenter d'environ 20% cette année et atteindre 50 milliards de dollars, contre 42 milliards de dollars en 2017.

Un déficit de financement 

Enfin les fonds de pension de l'Afrique, les fonds d'assurance et les fonds souverains sont collectivement estimés à plus de 1.000 milliards de dollars. Si l'Afrique pouvait tirer parti de ces richesses pour attirer seulement 1% de l'ensemble des actifs globaux en gestion, qui totaliseraient plus de 131 mille milliards de dollars, les besoins du continent de 130 à 170 milliards de dollars d'investissements en infrastructure pourraient être atteints. Actuellement, l'Afrique est confrontée à un déficit de financement annuel de 68 à 108 milliards de dollars..

L'Afrique a une énorme population pour stimuler la demande des consommateurs, une augmentation de la classe moyenne, une population jeune et dynamique et une réforme rapide des gouvernements désireux d'attirer ces investissements. Le Forum africain de l'investissement va offrir ce qui a fait défaut jusque-là: un marché sûr et stable pour accélérer les accords.

Comme tous ceux qui viennent à Johannesburg cette semaine vont le constater, l'Afrique remplit son rôle pour transformer le paysage du secteur des investissements. L'objectif du Forum africain de l'investissement est simple: fournir une bonne rampe d'accès aux investissements en Afrique. Nous avons besoin à présent d'investisseurs qui soient prêts à saisir les énormes opportunités en Afrique - et sur le premier marché d'investissement du continent.

© Project Syndicate 1995–2018

 
Par Rédaction Medias24
Le 7 novembre 2018 à 11h35

à lire aussi

Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
ECONOMIE

Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite

Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.

Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
ECONOMIE

Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages

Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.

Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
BUSINESS

Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice

Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.

L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance
SOCIETE

Article : L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance

Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.

La météo pour le lundi 27 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
Architecture et urbanisme

Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar

L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité