Entrepreneurs, soyez audacieux !
Par Richard Branson. Préparez-vous à l'échec, protégez vos arrières et concentrez-vous sur le lancement du projet conseille Richard Branson. Il n'y a pas de honte à reconnaître ses erreurs ou affronter l’échec. C’est la capacité à rebondir qui fait la différence.
Question : Mon collègue et moi-même nous sommes portés volontaires pour programmer un cours d'une journée sur l'entrepreneuriat, à l'école où je suis actuellement étudiant. Nous pensons que l'entrepreneuriat n'est pas seulement un label pour les entreprises en démarrage et les chefs d'entreprise, mais aussi une attitude et une approche qui permet à une personne de saisir les possibilités qui se présentent, de les développer et d'en créer de nouvelles . Qu’en pensez-vous ? Noelle Decuypere
Réponse : Comme étiquette, le mot «entrepreneur» est vraiment fascinant. Quand mes amis et moi avions commencé nos premières entreprises Virgin au début des années 70, personne ne semblait comprendre ce que nous faisions. Beaucoup de personnes nous ont appelés entrepreneurs, mais le mot était utilisé dans un sens péjoratif, laissant entendre que nous étions des aventuriers, voulant bouleverser l'ordre des choses et peut-être pas dignes de confiance. A ce moment là, nous ne nous présentions pas en tant qu’entrepreneurs, parce que nous nous serions heurtés à un certain scepticisme.
Aujourd’hui, le nombre de personnes qui travaillent comme entrepreneurs a tellement augmenté que cette carrière se qualifie presque comme un choix de vie. Définir le terme «entrepreneur» est devenu plus difficile parce qu’il peut avoir des sens très différents selon les personnes – on parle tous de choses en fonction de ses propres expériences.
La réalité c’est que nos critiques avaient en partie raison : Nous voulions vraiment perturber l'ordre des choses. Avant et jusqu’à aujourd’hui encore, quand nous commençons une nouvelle entreprise Virgin, nous ne voulons pas juste faire de l'argent le plus rapidement possible, notre but est d’apporter un changement positif dans la vie des gens, d’améliore la situation des consommateurs. Quel que soit le produit ou le service que nous offrons, nous voulons qu’il soit le meilleur sur la place.
L'innovation est le facteur clé de la réussite
Notre approche, que je qualifierais d’entrepreneuriale, s'est avérée être un réel avantage. Par exemple, tous les concurrents de Virgin Atlantic, à l’exception d’un seul, ont dû fermer leurs portes, depuis notre entrée sur le marché dans les années 90. Ceci s'est produit pour plusieurs raisons, mais la cause la plus importante était probablement leur manque d'innovation et d’audace. Nous avons constaté ceci d’une part, à travers l’accueil sceptique de l’engagement de Virgin dans les voyages aériens et d’autre part, à travers la lenteur de la réaction de la plupart de nos concurrents, quand nous avons montré que les voyageurs aériens avaient besoin d’un autre type d'expériences – des vols avec du divertissement et de l’excellent service.
De mon point de vue, un entrepreneur n'est pas simplement quelqu'un qui lance une entreprise, le désir d'innover va inciter à continuer à vouloir apporter des changements positifs. Les entreprises doivent être souples : cela commence avec les dirigeants, qui doivent avoir une réelle volonté de perturber les nouveaux marchés qu’ils les intègrent et réagir rapidement à l’évolution des circonstances dans les entreprises bien établies. C'est probablement juste de dire qu’on peut réussir en affaires sans pour autant être entrepreneur - s'assurer que l'argent rentre régulièrement, sans chercher les occasions d’expansion et d’amélioration de l’affaire.
Ce qui fait la différence c’est l'intrépidité. Les meilleures entreprises offrent un produit ou un service qui n'a jamais été disponible auparavant. Alors que tout le monde pensera à mener des recherches et à tester le marché avant le lancement d’une entreprise, un entrepreneur sera toujours et dans une certaine mesure, prêt à faire le saut dans l'inconnu ; la nature même du nouveau produit fait que vous vous aventurez sur un nouveau territoire.
Les très jeunes sont plus avantagés sur ce plan : ils peuvent affronter sans crainte les défis des affaires parce que rien ne les retient ; ils n’ont aucun engagement et à bien des égards, ils n’ont rien à perdre. Comme la carrière d'une personne progresse, des considérations telles la charge de la famille ou le remboursement de prêt, entrent en jeu.
Si vous pensez que vous avez une idée innovatrice et que vous avez trop de telles responsabilités, vous faites face à un véritable test de vos compétences d’entrepreneur. La meilleure façon de gérer cela est de ne pas laisser ces facteurs régir votre processus de prise de décision, mais de les y intégrer. Préparez-vous à l'échec, protégez vos arrières et puis concentrez-vous sur le lancement du projet.
Il ne faut pas avoir peur de l’échec mais l’accueillir
La résilience fait également partie de l'équation. En dépit de la rigueur de la planification et de la préparation des plus minutieuses, la grande majorité des startups échouent dans la première année d'activité. Qu'est-ce que cela nous apprend ? Que les entrepreneurs doivent non seulement faire face à l'échec, mais aussi bien l'accueillir. Il n'y a pas de honte à reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas et de remettre à plat un certain nombre d'orientations. - nous avons connu notre part d’échec et de retour à la case départ à Virgin. C’est cette capacité à rebondir qui fera la différence, elle vous permettra de vous consacrer pleinement à de nouveaux objectifs, sans regarder en arrière.
Ainsi, un entrepreneur est beaucoup de choses : un créateur d'emplois, un changeur de jeu, un chef d'entreprise, un innovateur, un perturbateur. Et chose importante, cet entrepreneur c’est vous, si vraiment, vous voulez l’être.
Nous invitons nos lecteurs à nous faire part de leurs avis : Vous considérez-vous un entrepreneur ou un homme ou femme d'affaires ? Quelle étiquette préférez-vous?
à lire aussi
Article : Antidumping sur les couvertures : Mazafil et Cosyfil s'expliquent
Mazafil et Cosyfil demandent l’instauration de droits antidumping sur les importations chinoises et égyptiennes d’étoffes à longs poils pour couvertures. Les deux producteurs dénoncent des prix anormalement bas et défendent une mesure destinée, selon eux, à rétablir une concurrence loyale.
Article : Viandes rouges : la hausse des prix devient-elle la nouvelle norme ?
Après les fortes tensions observées durant la période de Aïd al-Adha, les prix restent orientés à la hausse un mois plus tard. Cette situation interroge d'autant que ces prix, jugés autrefois exceptionnels, s'installent. Les dessous d’une flambée durable.
Article : Gaz naturel : sans cadre légal, la feuille de route marocaine reste fragile
De Nador West Med à l’unité flottante de regazéification envisagée dans l’appel à manifestation d’intérêt, le Maroc commence à dessiner son infrastructure gazière. Mais, faute de loi pour organiser le transport, le stockage, la fourniture et la régulation du marché, les investisseurs restent face à une équation incertaine, déjà renvoyée de gouvernement en gouvernement depuis Abbas El Fassi.
Article : Imad Bakkali, nouveau PDG de Centrale Danone
Il prendra ses fonctions le 1er juillet, en remplacement d’Hervé Barrère, qui quitte le groupe pour des raisons familiales après neuf ans chez Danone. Fort de plus de vingt-trois ans d’expérience dans les biens de grande consommation, il devra poursuivre la transformation de l’entreprise.
Article : Sahara : l’élection de de la Espriella peut-elle faire basculer la position de la Colombie ?
De Bogota à Rabat, l’élection d’Abelardo de la Espriella est observée au-delà de son seul enjeu colombien. Le nouveau président succède à Gustavo Petro, qui avait rétabli les relations avec la "rasd" trois jours après son investiture et multiplié les signaux favorables au polisario. Pour le Maroc, la question est désormais de savoir si cette ligne survivra au retour de la droite au pouvoir.
Article : RGPH 2024 et découpage électoral au Maroc, analyse d'un fossé grandissant entre démographie et représentativité
L'urbanisation rapide confirmée par le recensement de 2024 interroge la physionomie de la future carte électorale marocaine. Alors que certaines banlieues connaissent une forte croissance et que des centres-villes se vident, le ratio d'habitants en âge de voter par député affiche des écarts sans précédent. Décryptage des tensions techniques, géographiques et politiques qui pèsent sur la préparation du scrutin de septembre 2026.