Campagne agricole : La situation s'améliore après un démarrage difficile

Réparties sur toutes les régions du Royaume, les précipitations enregistrées depuis fin novembre ont été bénéfiques pour la campagne agricole en cours. Elles ont également permis de remplir les barrages, notamment ceux des régions qui souffrent le plus de stress hydrique. 

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Campagne agricole : La situation s'améliore après un démarrage difficile

Le 18 décembre 2020 à 17:00

Modifié le 18 décembre 2020 à 17:46

Le Maroc a connu plusieurs épisodes de pluies depuis la fin du mois de novembre, pour le grand bonheur des agriculteurs. 

"La situation s'améliore pour les grandes cultures" par rapport au mois d'octobre, nous confie Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome, joint par nos soins. 

Le blé, l'orge et les légumineuses, petits pois et pois chiches notamment, commencent également à prendre dans le sol. 

"Globalement, la situation est bonne actuellement, surtout que la pluie était répartie sur tout le pays, et donc toutes les régions ont été concernées". 

"Bien que l'actuelle campagne agricole ait démarré tardivement, les agriculteurs commencent à se rattraper". En effet, les semis ont été un peu tardifs cette année, en raison d'un retard des pluies. La majorité des agriculteurs ont attendu l'arrivée des premières précipitations pour d'abord labourer leurs sols très durs, suite à la succession de deux années de sécheresse. 

La situation est-elle meilleure que celle de l'année dernière, à la même période ? "La comparaison est difficile à faire, puisque les campagnes agricoles ne se ressemblent pas, et les cycles sont irréguliers. L'année passée était une année de sécheresse extrême, où les pluies sont arrivées au début de la campagne, avant de disparaître ensuite", souligne notre source. 

Pour qu'une campagne soit bonne, "il faut une régularité des précipitations, afin que les plantes puissent continuer leur croissance, et entamer les étapes suivantes de leur cycle".

Bientôt le démarrage du désherbage et l'application des engrais de couverture

Après ces premières pluies, les agriculteurs doivent se préparer au désherbage, qui "consiste en l'élimination des mauvaises herbes, pour réduire la concurrence sur les plantes cultivées". 

"S'ensuivra l'application des engrais de couverture", poursuit notre ingénieur agronome. "En début de campagne, et face à un manque d'argent et une incertitude quant à l'arrivée des pluies, les agriculteurs ne mettent que peu d'engrais de fond pour démarrer la saison. Ils attendent d'observer comment celle-ci progresse. Lorsque la pluviométrie s'améliore, les agriculteurs appliquent les engrais de couverture". 

Généralement, "ces deux étapes, désherbage et application des engrais de couverture, se font en même temps, mais nous conseillons aux agriculteurs de démarrer avec le désherbage, avant d'appliquer les engrais de couverture, afin d'assurer à la plante une alimentation qui lui permettra de tenir jusqu'à la fin de son cycle de croissance".

Le tallage, étape déterminante, devrait intervenir à partir de fin décembre

"Pour les agriculteurs qui ont démarré le semis vers fin novembre, ils sont actuellement à plus de trois semaines de croissance. Ils ont encore besoin de pluie, puisque lorsqu'on a une quantité d'eau suffisante au début du cycle, les réserves souterraines se remplissent, tandis que lorsqu'on est face à de faibles pluies, seuls les premiers centimètres de profondeur sont humidifiés, ce qui est le cas actuellement". 

En effet, les quantités de pluies enregistrées depuis fin novembre restent inférieures aux attentes des agriculteurs. Les précipitations cumulées n'ont pas dépassé 6 mm dans les régions du Sud, ont atteint jusqu'à 60 mm dans la région de Fès-Méknès, et varient entre 12 et 40 mm sur le reste du Royaume. 

"Cette couche humide sera donc très rapidement dépassée par les racines des cultures. Les agriculteurs auront besoin d'autres pluies pour satisfaire les besoins des plantes". 

L'étape déterminante du cycle de croissance des cultures, le tallage, devrait intervenir vers la fin du mois de décembre, ou début janvier, mais elle peut varier d'une région à une autre, selon les semis, l'arrivée des pluies et les agriculteurs. 

Le tallage permet aux graines de produire de multiples pousses secondaires, appelées talles, à partir du collet de la plantule initiale, assurant ainsi la formation de touffes denses. "Cette étape permet d’avoir plusieurs plantes filles sur une même plante mère. Plus il y a de plantes filles, plus le rendement peut être meilleur", conclut notre interlocuteur. 

La situation des barrages se redresse

Les barrages, dont certains étaient quasiment vides, en particulier dans la région de Souss-Massa, continuent de se remplir. Au vendredi 18 décembre, ils affichent un taux de remplissage, au niveau national, de 36,7%, contre 35,6% le 23 novembre, avant le premier passage de pluie. Ce taux reste toutefois inférieur à celui affiché à la même période de l'année écoulée, qui est de 46,9%. 

Les retenues des principales structures s'élèvent à 5.723,6 Mm3, contre 5.554,8 Mm3 à fin novembre. Dans la région de Souss-Massa, le barrage Moulay Youssef enregistre un volume de 42,5 Mm3 au 18 décembre (14,2% de remplissage) contre 35,5 Mm3 au 23 novembre dernier (11,9%). 

Celui d'Abdelmoumene affiche à présent un taux de remplissage de 3,7% (7,3 Mm3), contre 1% à fin novembre (2 Mm3). 

La situation du barrage Moulay Abdellah s'est également améliorée, avec des réserves totales de 19,3 Mm3 actuellement (21,3%), contre 8,2 Mm3 il y a un peu plus d'un mois (9,1%). 

Quant aux barrages du bassin hydraulique du Tensift qui alimentent la région de Marrakech-Safi, celui de Yaakoub Al Mansour est passé à 19% de remplissage (13,1 Mm3), contre 16,5% avant le premier épisode de pluie (11,5 Mm3). Moulay Abdellah, est lui, rempli à hauteur de 25,6% (contre 21,4%). 

Même constat du côté des barrages du bassin d'Oum Er-Rabia qui alimentent la région de Beni Mellal-Khénifra. Celui d'Al Massira affiche un taux de remplissage de 12,2%, soit une disponibilité d'eau de 323,9 Mm3, contre 319,1 Mm3 au 1er décembre. 

Celui du barrage de Bin El Ouidane, ressort à 19,2% (233,9 Mm3), contre 18,7% (227,4 Mm3) le 1er décembre.

Le barrage Ahmed Hanssali, lui, enregistre un volume de 96,2 Mm3 (14,4%) contre 90,7 Mm3 (13,6%), il y a un peu plus d'un mois.

Ces taux vont encore s'améliorer, puisque après chaque passage pluvieux, l'arrivée de l'eau dans les barrages prend quelques semaines. Egalement, la fonte de la neige qui a intéressé certaines régions du pays, aura un impact positif sur les barrages et les nappes phréatiques. 

Campagne agricole : La situation s'améliore après un démarrage difficile

Le 18 décembre 2020 à17:12

Modifié le 18 décembre 2020 à 17:46

Réparties sur toutes les régions du Royaume, les précipitations enregistrées depuis fin novembre ont été bénéfiques pour la campagne agricole en cours. Elles ont également permis de remplir les barrages, notamment ceux des régions qui souffrent le plus de stress hydrique. 

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Le Maroc a connu plusieurs épisodes de pluies depuis la fin du mois de novembre, pour le grand bonheur des agriculteurs. 

"La situation s'améliore pour les grandes cultures" par rapport au mois d'octobre, nous confie Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome, joint par nos soins. 

Le blé, l'orge et les légumineuses, petits pois et pois chiches notamment, commencent également à prendre dans le sol. 

"Globalement, la situation est bonne actuellement, surtout que la pluie était répartie sur tout le pays, et donc toutes les régions ont été concernées". 

"Bien que l'actuelle campagne agricole ait démarré tardivement, les agriculteurs commencent à se rattraper". En effet, les semis ont été un peu tardifs cette année, en raison d'un retard des pluies. La majorité des agriculteurs ont attendu l'arrivée des premières précipitations pour d'abord labourer leurs sols très durs, suite à la succession de deux années de sécheresse. 

La situation est-elle meilleure que celle de l'année dernière, à la même période ? "La comparaison est difficile à faire, puisque les campagnes agricoles ne se ressemblent pas, et les cycles sont irréguliers. L'année passée était une année de sécheresse extrême, où les pluies sont arrivées au début de la campagne, avant de disparaître ensuite", souligne notre source. 

Pour qu'une campagne soit bonne, "il faut une régularité des précipitations, afin que les plantes puissent continuer leur croissance, et entamer les étapes suivantes de leur cycle".

Bientôt le démarrage du désherbage et l'application des engrais de couverture

Après ces premières pluies, les agriculteurs doivent se préparer au désherbage, qui "consiste en l'élimination des mauvaises herbes, pour réduire la concurrence sur les plantes cultivées". 

"S'ensuivra l'application des engrais de couverture", poursuit notre ingénieur agronome. "En début de campagne, et face à un manque d'argent et une incertitude quant à l'arrivée des pluies, les agriculteurs ne mettent que peu d'engrais de fond pour démarrer la saison. Ils attendent d'observer comment celle-ci progresse. Lorsque la pluviométrie s'améliore, les agriculteurs appliquent les engrais de couverture". 

Généralement, "ces deux étapes, désherbage et application des engrais de couverture, se font en même temps, mais nous conseillons aux agriculteurs de démarrer avec le désherbage, avant d'appliquer les engrais de couverture, afin d'assurer à la plante une alimentation qui lui permettra de tenir jusqu'à la fin de son cycle de croissance".

Le tallage, étape déterminante, devrait intervenir à partir de fin décembre

"Pour les agriculteurs qui ont démarré le semis vers fin novembre, ils sont actuellement à plus de trois semaines de croissance. Ils ont encore besoin de pluie, puisque lorsqu'on a une quantité d'eau suffisante au début du cycle, les réserves souterraines se remplissent, tandis que lorsqu'on est face à de faibles pluies, seuls les premiers centimètres de profondeur sont humidifiés, ce qui est le cas actuellement". 

En effet, les quantités de pluies enregistrées depuis fin novembre restent inférieures aux attentes des agriculteurs. Les précipitations cumulées n'ont pas dépassé 6 mm dans les régions du Sud, ont atteint jusqu'à 60 mm dans la région de Fès-Méknès, et varient entre 12 et 40 mm sur le reste du Royaume. 

"Cette couche humide sera donc très rapidement dépassée par les racines des cultures. Les agriculteurs auront besoin d'autres pluies pour satisfaire les besoins des plantes". 

L'étape déterminante du cycle de croissance des cultures, le tallage, devrait intervenir vers la fin du mois de décembre, ou début janvier, mais elle peut varier d'une région à une autre, selon les semis, l'arrivée des pluies et les agriculteurs. 

Le tallage permet aux graines de produire de multiples pousses secondaires, appelées talles, à partir du collet de la plantule initiale, assurant ainsi la formation de touffes denses. "Cette étape permet d’avoir plusieurs plantes filles sur une même plante mère. Plus il y a de plantes filles, plus le rendement peut être meilleur", conclut notre interlocuteur. 

La situation des barrages se redresse

Les barrages, dont certains étaient quasiment vides, en particulier dans la région de Souss-Massa, continuent de se remplir. Au vendredi 18 décembre, ils affichent un taux de remplissage, au niveau national, de 36,7%, contre 35,6% le 23 novembre, avant le premier passage de pluie. Ce taux reste toutefois inférieur à celui affiché à la même période de l'année écoulée, qui est de 46,9%. 

Les retenues des principales structures s'élèvent à 5.723,6 Mm3, contre 5.554,8 Mm3 à fin novembre. Dans la région de Souss-Massa, le barrage Moulay Youssef enregistre un volume de 42,5 Mm3 au 18 décembre (14,2% de remplissage) contre 35,5 Mm3 au 23 novembre dernier (11,9%). 

Celui d'Abdelmoumene affiche à présent un taux de remplissage de 3,7% (7,3 Mm3), contre 1% à fin novembre (2 Mm3). 

La situation du barrage Moulay Abdellah s'est également améliorée, avec des réserves totales de 19,3 Mm3 actuellement (21,3%), contre 8,2 Mm3 il y a un peu plus d'un mois (9,1%). 

Quant aux barrages du bassin hydraulique du Tensift qui alimentent la région de Marrakech-Safi, celui de Yaakoub Al Mansour est passé à 19% de remplissage (13,1 Mm3), contre 16,5% avant le premier épisode de pluie (11,5 Mm3). Moulay Abdellah, est lui, rempli à hauteur de 25,6% (contre 21,4%). 

Même constat du côté des barrages du bassin d'Oum Er-Rabia qui alimentent la région de Beni Mellal-Khénifra. Celui d'Al Massira affiche un taux de remplissage de 12,2%, soit une disponibilité d'eau de 323,9 Mm3, contre 319,1 Mm3 au 1er décembre. 

Celui du barrage de Bin El Ouidane, ressort à 19,2% (233,9 Mm3), contre 18,7% (227,4 Mm3) le 1er décembre.

Le barrage Ahmed Hanssali, lui, enregistre un volume de 96,2 Mm3 (14,4%) contre 90,7 Mm3 (13,6%), il y a un peu plus d'un mois.

Ces taux vont encore s'améliorer, puisque après chaque passage pluvieux, l'arrivée de l'eau dans les barrages prend quelques semaines. Egalement, la fonte de la neige qui a intéressé certaines régions du pays, aura un impact positif sur les barrages et les nappes phréatiques. 

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