Bentahar : Sans réactivité de l’Etat, la saison hivernale de Marrakech sera perdue

Durant la semaine écoulée, la ville ocre s’est distinguée avec l’accueil très médiatisé d’un 1er groupe de 160 visiteurs français, le retour des dessertes de la compagnie Ryanair et l'annonce de la réouverture de plusieurs palaces. Autant d’initiatives privées qui devraient, selon le président du CRT de Marrakech-Safi Hamid Bentahar, accélérer un début de reprise de la saison hivernale qui risque toutefois de ne pas aboutir si le gouvernement n’annonce pas très rapidement le rétablissement des vols réguliers et un test PCR à l’arrivée.

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Bentahar : Sans réactivité de l’Etat, la saison hivernale de Marrakech sera perdue

Le 12 octobre 2020 à 18:31

Modifié le 13 octobre 2020 à 11:28

Plusieurs événements très médiatisés qui ont eu lieu la semaine dernière donnent l’impression que l’activité touristique de la ville redémarre progressivement  Il faudra cependant que les autorités assouplissent les conditions d'accès au territoire national pour espérer à terme un retour à la normale de l'activité touristique de la ville 

Les événements récents participent à faire renaître l’espoir

Sollicité par Medias24, le président du CRT de Marrakech-Safi-Essaouira pense en effet que l’accueil d'un premier groupe important de touristes français auquel s’est ajouté l'annonce de la réouverture de plusieurs palaces comme la Mamounia et enfin le retour, dimanche 11 octobre des vols charters de la compagnie Ryanair devraient avoir des conséquences positives sur l’activité touristique de la région.

« Sachant qu’aujourd'hui, 70 hôtels sont ouverts contre une vingtaine il n'y a pas si longtemps, la volonté des opérateurs privés de se mobiliser est en train de créer un élan positif.

« Ce mouvement redonne de l'espoir parce c’est un collectif qui compte des hôteliers, des agents de voyages, des restaurateurs, des monuments et musées (Jardin Majorelle …) mais également des artisans qui sont en train de rouvrir progressivement sans parler des calèches …

« Si tout le monde est conscient du fait que la reprise va être compliquée, il n’en demeure pas moins que la profession prépare activement les réouvertures avec la collaboration de cliniques et de laboratoires privés qui proposent en parallèle une offre médicale de qualité.

Le retour des groupes internationaux cautionnent le retour de la destination dans l'échiquier mondial

« En fait, la vraie nouveauté par rapport aux semaines passées est l’implication de groupes internationaux, alors qu’au départ, l'élan avait été initié par les seuls professionnels du cru.

« Ainsi, aujourd'hui, la bonne nouvelle c'est que de grandes entreprises comme le Club Méditerranée ou le groupe Ryanair y participent aussi activement, quitte à prendre des risques financiers.

L’assouplissement du test PCR a permis de mieux vendre (à peine) la ville ocre

« L’espoir renaît d’autant plus qu'à chaque fois qu'il y a le moindre allègement des contraintes ou barrières sanitaires, les gens nous montrent qu’ils ont toujours envie de voyager.

« Ainsi, en une semaine il y a eu des résultats car l’allongement de la durée de validité des résultats du test PCR a indéniablement permis aux opérateurs de recommencer à vendre Marrakech.

« Pour revenir en masse, les clients et les T.O n'attendent que l'annonce de la réouverture du ciel marocain et que le test PCR soit pratiqué à l'arrivée au lieu de l’embarquement », explique Bentahar qui se dit persuadé que le Maroc engrangera plus d’arrivées avec ces changements.

1 million d’employés directs ou indirects attendent le retour des touristes

A la question de savoir si le retour à la normale de l'activité  de la ville était toujours prévu pour 2022 ou 2023, notre interlocuteur confirme, cet horizon tout en précisant que ceux qui se prépareront dès aujourd’hui seront en mesure de retrouver leur activité normale à ces dates contre quelques années après, pour les retardataires. .

« Notre priorité n'est pas de spéculer sur une date butoir de retour à la normale car il s'agit plutôt de sauver des centaines de milliers d'emplois qui sont actuellement en danger de disparition.

« En effet, si au niveau national, 2,5 millions de personnes travaillent de près ou de loin dans le secteur du tourisme, au moins 40% d'entre elles en vivent à Marrakech, soit un million d'individus.

« Avec cette crise, on s'est rendu compte que ce chiffre était largement sous-estimé car certaines professions comme les conducteurs de taxis, calèches… ne sont pas répertoriées dans le secteur.

2 ans avant d’atteindre l'équilibre financière, 3 pour des bénéfices

« En préparant le terrain dès maintenant, nous arriverons peut-être dans un délai d’un an à atteindre un niveau d’activité qui permettra de couvrir nos charges.

« Il faudra ensuite encore un an pour parvenir à une autonomie financière et enfin à partir de 2022 pour commencer à réaliser des bénéfices.

« Il faut donc se remettre au travail sachant que chaque jour perdu retarde le processus de retour à la normale », prédit le président en évoquant le délai nécessaire des partenaires étrangers pour reprogrammer le Maroc.

« Si demain, on annonce la réouverture totale des frontières, nos partenaires étrangers vont enfin pouvoir reprogrammer le Maroc dans leurs prochains catalogues, car pour l’instant les contraintes liées aux vols spéciaux ne leur permettent pas de projeter leurs ventes pour les 6 prochains mois.

Sans la fin des vols spéciaux et la suppression du test PCR à l’embarquement, les arrivées et les nuitées n’augmenteront pas

« En effet, la procédure de programmation est contraignante car elle requiert six mois de préparation pour les compagnies aériennes et les tour-operators qui veulent remplir un avion ou un hôtel » explique Bentahar en précisant que l’arrivée récente de touristes français, la réouverture de palaces et le retour de Ryanair n'auront pas de réel impact commercial.

« Ces signes ont surtout une portée symbolique qui ramènera quelques clients supplémentaires mais pour avoir un vrai impact sur le nombre de visiteurs, il faut d’abord mettre fin aux vols spéciaux et instaurer des règles sanitaires moins drastiques à l’arrivée.

Nécessité d’une annonce officielle dans les 15 jours sinon la saison d’hiver sera perdue

« Sachant qu’entre l’annonce de l’ouverture du ciel marocain et la commercialisation des séjours, il faut 3 à 6 mois pour obtenir des niveaux de remplissage corrects, tous les opérateurs espèrent une annonce imminente.

« Je n’ose pas imaginer et encore moins accepter l’idée que la décision de réouverture du ciel marocain soit annoncée en novembre ou en décembre sans quoi, la saison d’hiver sera tout simplement perdue.

« Il convient donc de l’annoncer dans les jours à venir pour permettre aux T.O et aux compagnies aériennes de commencer à vendre et avoir des résultats probants fin décembre », conclut le président, en laissant entendre que plus l’annonce sera reportée, moins il y aura de chances d’avoir une reprise avant le printemps.

Bentahar : Sans réactivité de l’Etat, la saison hivernale de Marrakech sera perdue

Le 12 octobre 2020 à18:31

Modifié le 13 octobre 2020 à 11:28

Durant la semaine écoulée, la ville ocre s’est distinguée avec l’accueil très médiatisé d’un 1er groupe de 160 visiteurs français, le retour des dessertes de la compagnie Ryanair et l'annonce de la réouverture de plusieurs palaces. Autant d’initiatives privées qui devraient, selon le président du CRT de Marrakech-Safi Hamid Bentahar, accélérer un début de reprise de la saison hivernale qui risque toutefois de ne pas aboutir si le gouvernement n’annonce pas très rapidement le rétablissement des vols réguliers et un test PCR à l’arrivée.

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Plusieurs événements très médiatisés qui ont eu lieu la semaine dernière donnent l’impression que l’activité touristique de la ville redémarre progressivement  Il faudra cependant que les autorités assouplissent les conditions d'accès au territoire national pour espérer à terme un retour à la normale de l'activité touristique de la ville 

Les événements récents participent à faire renaître l’espoir

Sollicité par Medias24, le président du CRT de Marrakech-Safi-Essaouira pense en effet que l’accueil d'un premier groupe important de touristes français auquel s’est ajouté l'annonce de la réouverture de plusieurs palaces comme la Mamounia et enfin le retour, dimanche 11 octobre des vols charters de la compagnie Ryanair devraient avoir des conséquences positives sur l’activité touristique de la région.

« Sachant qu’aujourd'hui, 70 hôtels sont ouverts contre une vingtaine il n'y a pas si longtemps, la volonté des opérateurs privés de se mobiliser est en train de créer un élan positif.

« Ce mouvement redonne de l'espoir parce c’est un collectif qui compte des hôteliers, des agents de voyages, des restaurateurs, des monuments et musées (Jardin Majorelle …) mais également des artisans qui sont en train de rouvrir progressivement sans parler des calèches …

« Si tout le monde est conscient du fait que la reprise va être compliquée, il n’en demeure pas moins que la profession prépare activement les réouvertures avec la collaboration de cliniques et de laboratoires privés qui proposent en parallèle une offre médicale de qualité.

Le retour des groupes internationaux cautionnent le retour de la destination dans l'échiquier mondial

« En fait, la vraie nouveauté par rapport aux semaines passées est l’implication de groupes internationaux, alors qu’au départ, l'élan avait été initié par les seuls professionnels du cru.

« Ainsi, aujourd'hui, la bonne nouvelle c'est que de grandes entreprises comme le Club Méditerranée ou le groupe Ryanair y participent aussi activement, quitte à prendre des risques financiers.

L’assouplissement du test PCR a permis de mieux vendre (à peine) la ville ocre

« L’espoir renaît d’autant plus qu'à chaque fois qu'il y a le moindre allègement des contraintes ou barrières sanitaires, les gens nous montrent qu’ils ont toujours envie de voyager.

« Ainsi, en une semaine il y a eu des résultats car l’allongement de la durée de validité des résultats du test PCR a indéniablement permis aux opérateurs de recommencer à vendre Marrakech.

« Pour revenir en masse, les clients et les T.O n'attendent que l'annonce de la réouverture du ciel marocain et que le test PCR soit pratiqué à l'arrivée au lieu de l’embarquement », explique Bentahar qui se dit persuadé que le Maroc engrangera plus d’arrivées avec ces changements.

1 million d’employés directs ou indirects attendent le retour des touristes

A la question de savoir si le retour à la normale de l'activité  de la ville était toujours prévu pour 2022 ou 2023, notre interlocuteur confirme, cet horizon tout en précisant que ceux qui se prépareront dès aujourd’hui seront en mesure de retrouver leur activité normale à ces dates contre quelques années après, pour les retardataires. .

« Notre priorité n'est pas de spéculer sur une date butoir de retour à la normale car il s'agit plutôt de sauver des centaines de milliers d'emplois qui sont actuellement en danger de disparition.

« En effet, si au niveau national, 2,5 millions de personnes travaillent de près ou de loin dans le secteur du tourisme, au moins 40% d'entre elles en vivent à Marrakech, soit un million d'individus.

« Avec cette crise, on s'est rendu compte que ce chiffre était largement sous-estimé car certaines professions comme les conducteurs de taxis, calèches… ne sont pas répertoriées dans le secteur.

2 ans avant d’atteindre l'équilibre financière, 3 pour des bénéfices

« En préparant le terrain dès maintenant, nous arriverons peut-être dans un délai d’un an à atteindre un niveau d’activité qui permettra de couvrir nos charges.

« Il faudra ensuite encore un an pour parvenir à une autonomie financière et enfin à partir de 2022 pour commencer à réaliser des bénéfices.

« Il faut donc se remettre au travail sachant que chaque jour perdu retarde le processus de retour à la normale », prédit le président en évoquant le délai nécessaire des partenaires étrangers pour reprogrammer le Maroc.

« Si demain, on annonce la réouverture totale des frontières, nos partenaires étrangers vont enfin pouvoir reprogrammer le Maroc dans leurs prochains catalogues, car pour l’instant les contraintes liées aux vols spéciaux ne leur permettent pas de projeter leurs ventes pour les 6 prochains mois.

Sans la fin des vols spéciaux et la suppression du test PCR à l’embarquement, les arrivées et les nuitées n’augmenteront pas

« En effet, la procédure de programmation est contraignante car elle requiert six mois de préparation pour les compagnies aériennes et les tour-operators qui veulent remplir un avion ou un hôtel » explique Bentahar en précisant que l’arrivée récente de touristes français, la réouverture de palaces et le retour de Ryanair n'auront pas de réel impact commercial.

« Ces signes ont surtout une portée symbolique qui ramènera quelques clients supplémentaires mais pour avoir un vrai impact sur le nombre de visiteurs, il faut d’abord mettre fin aux vols spéciaux et instaurer des règles sanitaires moins drastiques à l’arrivée.

Nécessité d’une annonce officielle dans les 15 jours sinon la saison d’hiver sera perdue

« Sachant qu’entre l’annonce de l’ouverture du ciel marocain et la commercialisation des séjours, il faut 3 à 6 mois pour obtenir des niveaux de remplissage corrects, tous les opérateurs espèrent une annonce imminente.

« Je n’ose pas imaginer et encore moins accepter l’idée que la décision de réouverture du ciel marocain soit annoncée en novembre ou en décembre sans quoi, la saison d’hiver sera tout simplement perdue.

« Il convient donc de l’annoncer dans les jours à venir pour permettre aux T.O et aux compagnies aériennes de commencer à vendre et avoir des résultats probants fin décembre », conclut le président, en laissant entendre que plus l’annonce sera reportée, moins il y aura de chances d’avoir une reprise avant le printemps.

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