Tourisme: Si on se prépare bien, Marrakech redémarrera en 2022 ou 2023 (Bentahar)

Lors d’une réunion tenue vendredi 11 septembre, la ministre du tourisme, les dirigeants du CRT de Marrakech-Safi et des associations professionnelles de la ville ocre ont examiné les moyens de relancer le secteur dans la 1ère destination du Maroc. Présent à cette rencontre, le président du CRT, Hamid Bentahar, estime qu’il faudra encore améliorer le contrat-programme pour maintenir sous perfusion l’activité de la ville et préparer activement la reprise qui n’aura pas lieu avant 2 ou 3 ans.

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Tourisme: Si on se prépare bien, Marrakech redémarrera en 2022 ou 2023 (Bentahar)

Le 14 septembre 2020 à 18:58

Modifié le 16 septembre 2020 à 10:40

« La réunion qui a eu lieu vendredi a été l'occasion d’écouter les doléances et les propositions des associations professionnelles de la ville portant sur sa situation critique actuelle, mais aussi d’échanger sur la mise en œuvre et l’amélioration du contrat programme », nous a déclaré le président du CRT de la ville qui a ajouté que tous les problèmes avaient été mis sur la table pour préparer la relance.

La relance passera par un dispositif sanitaire irréprochable

Selon lui, les intervenants ont décidé de renforcer la vigilance et le dispositif sanitaire dans leurs établissements (hôtels, restaurants …) en collaborant avec les cliniques et laboratoires privés.

« Sachant qu’ils ont tous pris conscience qu’il fallait désormais apprendre à vivre avec le virus qui est là pour durer, les participants se sont mis d’accord pour offrir un protocole sanitaire irréprochable par rapport à d’autres destinations touristiques de la planète.  

« En effet, comme cette pandémie ne va malheureusement pas disparaître du jour au lendemain, les professionnels ne vont pas rester à attendre les bras croisés jusqu’au jour où un vaccin sera trouvé.

« C’est une nécessité car cette crise a provoqué un effondrement de toutes les activités économiques de la planète et malgré les mesures de relance initiées par les gouvernements du monde, la situation sanitaire ne s'améliore pas du tout et continue même à s’aggraver.

Le contrat-programme devra proposer d’autres mesures

« Il faut donc apprendre à vivre avec en s’appuyant aussi sur les mesures du contrat-programme censées protéger les populations les plus vulnérables puis relancer progressivement notre secteur.

« Pour l’instant, ce dispositif public a permis d'amortir le choc socio-économique avec certaines dispositions très utiles comme les indemnités de la CNSS qui permettent à de nombreux employés de survivre et les solutions de crédit offertes pour soulager la trésorerie des établissements en difficulté.

« Ceci dit, ce contrat-programme n’est pas parfait et il convient d’améliorer son contenu pour mieux soutenir à la fois les employés et les employeurs en les maintenant en vie le plus longtemps possible.

« En fait, pour redémarrer la machine, il faut absolument annoncer, très rapidement, une date de réouverture des frontières car les professionnels ont besoin de donner de la visibilité à leurs clients qui n'ont pas perdu l'envie de voyager », réclame le président qui ajoute que les partenaires étrangers commencent à s’impatienter, faute d’obtenir des informations pour préparer une relance rapide de leurs activités à et vers Marrakech (T.O. et compagnies aériennes).

La découverte d’un vaccin ne sera pas suffisante pour ramener les touristes en masse

A la question de savoir si la découverte d'un vaccin permettra de briser la psychose et faire revenir les étrangers, Bentahar affirme que cela ne sera pas suffisant et qu'il faudra plus de temps pour réinstaller la confiance.

« En effet, le choc socio-économique induit au niveau planétaire par cette pandémie a été tellement violent que le retour des clients n’est absolument pas garanti rapidement même avec un vaccin.

« Hormis la psychose d’être contaminé lors d’un voyage touristique à l’étranger, les économies des pays émetteurs ont été tellement impactées (baisse du pouvoir d’achat, chômage ..) que forcément, le nombre de leurs clients s'en ressentira et ne sera par conséquent pas important.

Il faudra entre 2 et 6 ans pour un retour à la normale en fonction des destinations

« Selon moi, le retour à une activité normale, soit l’équivalent des arrivées de 2019, devrait prendre du temps avec certaines destinations qui nécessiteront 2 ans, d'autres 4 ans et les moins préparées 6 ans.

« Tout dépendra des moyens qui seront mis en œuvre pour reconstruire les routes aériennes et surtout restaurer la confiance avec une grande campagne de promotion pour rassurer les touristes.

« Regagner la confiance de nos marchés émetteurs aussi bien traditionnels qu’émergents, n’est pas chose impossible quand on sait que toutes les études récentes concluent que les gens veulent toujours voyager, voire plus qu'avant, même s'ils sont empêchés de le faire pour des raisons sanitaires et sécuritaires.

« J’en veux pour preuve le fait que chaque jour, on apprend que des compagnies aériennes reprennent, un peu partout dans le monde, leur activité comme les grands acteurs du trafic mondial que sont Emirates et Etihad.

Marrakech devrait relever la tête en 2022 ou 2023

« Si les projections de reprise peuvent paraître longues, il convient de rester optimiste sachant que le secteur a toujours fini par rebondir malgré des grandes crises du passé (choc pétrolier, guerre du Golfe, crise financière …).

 « Au regard de nos nombreuses réunions pour se donner les moyens nécessaires de rebondir, le Maroc et la ville de Marrakech en particulier, devrait, selon moi, redevenir rapidement la destination de choix qu'il était il y a quelques mois encore.

« En effet, s'il ne faut pas tabler sur un délai d'un an, la mobilisation actuelle des opérateurs privés et publics devrait nous permettre de retrouver le niveau de 2019 dans 2 ou 3 ans donc vers 2022 ou 2023.

"Ayant toujours été la locomotive touristique du Maroc, la ville ocre devrait logiquement être une des premières destinations du Royaume à retrouver sa forte fréquentation (3 millions d'arrivées en 2019). 

Nécessité de s’adapter à une nouvelle économie du tourisme sans contact

« Au final, la principale conclusion est qu'il nous faudra apprendre à vivre avec le virus et que les professionnels ne doivent surtout pas rester inactifs dans l'attente d'un vaccin car des centaines de milliers de personnes ont besoin d'eux pour continuer à travailler.

« Tout en s’inspirant d’autres destinations touristiques de la planète qui ont rouvert leurs frontières, les opérateurs marocains doivent créer un nouveau modèle touristique en situation de pandémie.

« Ce modèle qui requiert une gestion différente du passé récent doit dépasser le cap psychologique actuel de la paralysie pour aller de l’avant et trouver de nouvelles solutions à cette situation inédite.

« C'est notre nouvelle réalité ou plus exactement le nouveau monde dans lequel nous devrons absolument nous adapter sous peine de disparaître de la scène touristique internationale.

« Pour cela, il faudra être plus vigilant sur les mesures sanitaires en changeant nos comportements et en étant en phase avec la nouvelle économie sans contact apparue avec ce virus », conclut celui qui préside également le groupe hôtelier "Accor Maroc" en ajoutant qu'il est essentiel de réduire les risques sanitaires pour l’avenir et la survie du secteur.

Tourisme: Si on se prépare bien, Marrakech redémarrera en 2022 ou 2023 (Bentahar)

Le 14 septembre 2020 à18:58

Modifié le 16 septembre 2020 à 10:40

Lors d’une réunion tenue vendredi 11 septembre, la ministre du tourisme, les dirigeants du CRT de Marrakech-Safi et des associations professionnelles de la ville ocre ont examiné les moyens de relancer le secteur dans la 1ère destination du Maroc. Présent à cette rencontre, le président du CRT, Hamid Bentahar, estime qu’il faudra encore améliorer le contrat-programme pour maintenir sous perfusion l’activité de la ville et préparer activement la reprise qui n’aura pas lieu avant 2 ou 3 ans.

« La réunion qui a eu lieu vendredi a été l'occasion d’écouter les doléances et les propositions des associations professionnelles de la ville portant sur sa situation critique actuelle, mais aussi d’échanger sur la mise en œuvre et l’amélioration du contrat programme », nous a déclaré le président du CRT de la ville qui a ajouté que tous les problèmes avaient été mis sur la table pour préparer la relance.

La relance passera par un dispositif sanitaire irréprochable

Selon lui, les intervenants ont décidé de renforcer la vigilance et le dispositif sanitaire dans leurs établissements (hôtels, restaurants …) en collaborant avec les cliniques et laboratoires privés.

« Sachant qu’ils ont tous pris conscience qu’il fallait désormais apprendre à vivre avec le virus qui est là pour durer, les participants se sont mis d’accord pour offrir un protocole sanitaire irréprochable par rapport à d’autres destinations touristiques de la planète.  

« En effet, comme cette pandémie ne va malheureusement pas disparaître du jour au lendemain, les professionnels ne vont pas rester à attendre les bras croisés jusqu’au jour où un vaccin sera trouvé.

« C’est une nécessité car cette crise a provoqué un effondrement de toutes les activités économiques de la planète et malgré les mesures de relance initiées par les gouvernements du monde, la situation sanitaire ne s'améliore pas du tout et continue même à s’aggraver.

Le contrat-programme devra proposer d’autres mesures

« Il faut donc apprendre à vivre avec en s’appuyant aussi sur les mesures du contrat-programme censées protéger les populations les plus vulnérables puis relancer progressivement notre secteur.

« Pour l’instant, ce dispositif public a permis d'amortir le choc socio-économique avec certaines dispositions très utiles comme les indemnités de la CNSS qui permettent à de nombreux employés de survivre et les solutions de crédit offertes pour soulager la trésorerie des établissements en difficulté.

« Ceci dit, ce contrat-programme n’est pas parfait et il convient d’améliorer son contenu pour mieux soutenir à la fois les employés et les employeurs en les maintenant en vie le plus longtemps possible.

« En fait, pour redémarrer la machine, il faut absolument annoncer, très rapidement, une date de réouverture des frontières car les professionnels ont besoin de donner de la visibilité à leurs clients qui n'ont pas perdu l'envie de voyager », réclame le président qui ajoute que les partenaires étrangers commencent à s’impatienter, faute d’obtenir des informations pour préparer une relance rapide de leurs activités à et vers Marrakech (T.O. et compagnies aériennes).

La découverte d’un vaccin ne sera pas suffisante pour ramener les touristes en masse

A la question de savoir si la découverte d'un vaccin permettra de briser la psychose et faire revenir les étrangers, Bentahar affirme que cela ne sera pas suffisant et qu'il faudra plus de temps pour réinstaller la confiance.

« En effet, le choc socio-économique induit au niveau planétaire par cette pandémie a été tellement violent que le retour des clients n’est absolument pas garanti rapidement même avec un vaccin.

« Hormis la psychose d’être contaminé lors d’un voyage touristique à l’étranger, les économies des pays émetteurs ont été tellement impactées (baisse du pouvoir d’achat, chômage ..) que forcément, le nombre de leurs clients s'en ressentira et ne sera par conséquent pas important.

Il faudra entre 2 et 6 ans pour un retour à la normale en fonction des destinations

« Selon moi, le retour à une activité normale, soit l’équivalent des arrivées de 2019, devrait prendre du temps avec certaines destinations qui nécessiteront 2 ans, d'autres 4 ans et les moins préparées 6 ans.

« Tout dépendra des moyens qui seront mis en œuvre pour reconstruire les routes aériennes et surtout restaurer la confiance avec une grande campagne de promotion pour rassurer les touristes.

« Regagner la confiance de nos marchés émetteurs aussi bien traditionnels qu’émergents, n’est pas chose impossible quand on sait que toutes les études récentes concluent que les gens veulent toujours voyager, voire plus qu'avant, même s'ils sont empêchés de le faire pour des raisons sanitaires et sécuritaires.

« J’en veux pour preuve le fait que chaque jour, on apprend que des compagnies aériennes reprennent, un peu partout dans le monde, leur activité comme les grands acteurs du trafic mondial que sont Emirates et Etihad.

Marrakech devrait relever la tête en 2022 ou 2023

« Si les projections de reprise peuvent paraître longues, il convient de rester optimiste sachant que le secteur a toujours fini par rebondir malgré des grandes crises du passé (choc pétrolier, guerre du Golfe, crise financière …).

 « Au regard de nos nombreuses réunions pour se donner les moyens nécessaires de rebondir, le Maroc et la ville de Marrakech en particulier, devrait, selon moi, redevenir rapidement la destination de choix qu'il était il y a quelques mois encore.

« En effet, s'il ne faut pas tabler sur un délai d'un an, la mobilisation actuelle des opérateurs privés et publics devrait nous permettre de retrouver le niveau de 2019 dans 2 ou 3 ans donc vers 2022 ou 2023.

"Ayant toujours été la locomotive touristique du Maroc, la ville ocre devrait logiquement être une des premières destinations du Royaume à retrouver sa forte fréquentation (3 millions d'arrivées en 2019). 

Nécessité de s’adapter à une nouvelle économie du tourisme sans contact

« Au final, la principale conclusion est qu'il nous faudra apprendre à vivre avec le virus et que les professionnels ne doivent surtout pas rester inactifs dans l'attente d'un vaccin car des centaines de milliers de personnes ont besoin d'eux pour continuer à travailler.

« Tout en s’inspirant d’autres destinations touristiques de la planète qui ont rouvert leurs frontières, les opérateurs marocains doivent créer un nouveau modèle touristique en situation de pandémie.

« Ce modèle qui requiert une gestion différente du passé récent doit dépasser le cap psychologique actuel de la paralysie pour aller de l’avant et trouver de nouvelles solutions à cette situation inédite.

« C'est notre nouvelle réalité ou plus exactement le nouveau monde dans lequel nous devrons absolument nous adapter sous peine de disparaître de la scène touristique internationale.

« Pour cela, il faudra être plus vigilant sur les mesures sanitaires en changeant nos comportements et en étant en phase avec la nouvelle économie sans contact apparue avec ce virus », conclut celui qui préside également le groupe hôtelier "Accor Maroc" en ajoutant qu'il est essentiel de réduire les risques sanitaires pour l’avenir et la survie du secteur.

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