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Ouganda: un des chefs de la sanguinaire LRA sera livré à la CPI

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Le 13 janvier 2015 à 20h24

L'un des derniers chefs de la sanguinaire rébellion ougandaise LRA recherché par la Cour pénale internationale (CPI), Dominic Ongwen, sera livré à La Haye où il sera jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, ont indiqué mardi Washington et Kampala.

Dominic Ongwen est détenu depuis sa reddition la semaine dernière par les forces spéciales américaines présentes en Centrafrique pour traquer l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), brutale rébellion responsable de multiples exactions contre les populations civiles d'Afrique centrale.

Il va être livré à l'Union africaine (UA), grâce à un accord entre l'Ouganda et la Centrafrique, avant d'être transféré à La Haye, où siège la CPI, a précisé la porte-parole adjointe du département d'Etat, Marie Harf.

L'annonce de son prochain transfert à la CPI avait d'abord été faite par l'armée ougandaise.

"Nous pouvons confirmer que conformément à un accord entre l'Union africaine et les gouvernements de la Centrafrique et de l'Ouganda, Ongwen va être transféré vers l'UA pour être placé en détention", a expliqué Mme Harf.

Washington offrait 5 millions de dollars pour sa capture. La CPI le recherche notamment pour esclavage d'enfants, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le chef de la LRA, Joseph Kony, est également traqué et sa tête mise à prix pour la même somme

Toute la semaine dernière, des discussions ont eu lieu entre l'Ouganda et les Etats-Unis pour trancher la question du lieu du procès d'Ongwen. Le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, avait un temps affirmé qu'il serait livré à Kampala, avant de revenir sur ses déclarations.

L'Ouganda est signataire du traité de Rome fondateur de la CPI. A ce titre, Kampala aurait été tenue de livrer elle aussi Ongwen à La Haye. Mais rien n'aurait été assuré: le président ougandais Yoweri Museveni ne cesse de fustiger une juridiction internationale qui, selon lui, s'acharne contre le continent africain, et qu'il conseille à ses pairs de quitter.

Mardi, la présidence ougandaise a cependant assuré, contrairement à ce qu'Ongwen avait affirmé au cours du week-end sur un enregistrement audio diffusé à la télévision, que Yoweri Museveni ne pouvait pas l'amnistier, la loi "ne s'appliquant pas aux rebelles impliqués dans des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre".

Dans le passé, plus de 12.000 anciens combattants de la LRA ont été amnistiés par Kampala, dans le cadre d'un programme destiné à faire déposer les armes aux rebelles encore en fuite. Mais ces mesures ont généralement concerné des combattants de base de la milice, qui avaient eux-mêmes souvent été enlevés.

- Tacticien -

Créée aux alentours de 1987, la LRA opérait alors dans le nord de l'Ouganda, où elle a multiplié les exactions - enlèvements d'enfants transformés en soldats et en esclaves, mutilations et massacres de civils. Elle en a été chassée au milieu des années 2000 par l'armée ougandaise, avant de s'éparpiller dans les forêts équatoriales des pays alentour, dont la Centrafrique.

Selon l'ONU, la rébellion a, depuis sa création, tué plus de 100.000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60.000 enfants.

Des victimes de la LRA ont raconté les rites initiatiques brutaux de la milice, des enrôlés de forces contraints de mordre et matraquer amis et parents à mort, de boire du sang. Il est probable qu'Ongwen, lui-même enlevé par la rébellion quand il avait dix ans, ait dû en passer par là.

Ongwen, qui, au fil des ans, s'est distingué au sein de la milice pour sa cruauté, son courage au combat et ses qualités de tacticien, est accusé d'avoir commandé de sanglantes campagnes dans le nord de l'Ouganda au début des années 2000. Campagnes au cours desquelles des milliers de personnes ont été tuées ou enlevées, pour devenir enfants-soldats ou esclaves sexuels.

Aujourd'hui âgé d'environ 35 ans, il est également accusé d'attaques contre des civils en République démocratique du Congo voisine.

Selon l'armée ougandaise, Joseph Kony reste le dernier dirigeant de la LRA toujours en liberté. La milice elle-même ne compterait plus qu'environ 150 hommes.

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Le 13 janvier 2015 à 20h24

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