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Brésil: la détresse des victimes de la violence dans les favelas de Rio

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Le 4 juillet 2017 à 6h23

"Pourquoi ont-ils fait ça?", s'écrie au milieu de sanglots déchirants la jeune Larissa, lors des obsèques lundi de sa mère et de sa grand-mère, criblées de balle dans la favela de Mangueira, à Rio de Janeiro.

Le visage enfoui dans la capuche de son blouson, cette jeune Brésilienne n'ose pas s'approcher des deux cercueils, ouverts le temps d'un bref moment de recueillement.

Marlene Maria da Conceição, 76 ans, et Ana Cristina da Conceição, 42 ans, ont été fauchées vendredi par des balles perdues lors d'une descente de police contre des narcotrafiquants.

Leurs dépouilles sont recouvertes de fleurs blanches, dans un cimetière à la vue imprenable sur la célèbre statue du Christ Rédempteur de Rio et sur une grande favela.

Autour des cercueils, 200 personnes sont venues pour leur rendre hommage, une rose à la main.

"Je n'aurais jamais pu imaginer une chose pareille, même dans mes pires cauchemars", s'émeut Samuel Oliveira, 24 ans, fils d'Ana Cristina, avant d'être réconforté par son ami Renan Souza, de six ans son aîné.

"Même si je ne connaissais pas un membre de la famille je serais venu. Pour moi, venir ici est une obligation, nous faisons partie de la même communauté, nous formons une bonne famille", explique ce dernier.

Tandis que les proches défilent pour embrasser une dernière fois les défuntes sur le front, des chants religieux commencent à se faire entendre, mais les voix sont souvent étranglées par les larmes.

"Il ne faut pas répondre à la violence par la violence. Ça ne sert à rien de brûler des bus" scande Jupira, pasteure évangélique de l'église fréquentée par Ana Paula.

- La paix, un 'privilège' -

Quelques heures après la mort des deux femmes, un groupe de manifestants avait en effet mis le feu à un bus près de la favela pour exprimer leur révolte.

Une vidéo enregistrée par un habitant diffusée sur les réseaux sociaux et relayée par les télévisions brésiliennes montre une poignée d'habitants descendant la colline de Mangueira en portant à bout de bras les corps recouverts de draps blancs tachés de sang, sous le regard impassible de policiers.

"Chez, nous, la police tue plus d'innocents que de bandits!", s'exclame le fils d'Ana Paula.

"Nous voulons juste la paix, qui est devenu le privilège des gens des beaux quartiers", affirme pour sa part Eliane Felix, qui arbore un tee-shirt aux couleurs jaune et vert du Brésil, avec l'inscription: "Jésus transforme" la vie.

Vendredi, la violence dans les favelas a fait une autre victime dans la soirée: une femme en fin de grossesse a été atteinte au ventre par une balle perdue, dans la banlieue nord de Rio.

Les médecins ont dû pratiquer une césarienne et le bébé, touché au niveau du thorax, est né paraplégique.

Exaspérés par cette vague de violence, plusieurs centaines d'habitants de plusieurs favelas de Rio ont bravé dimanche le mauvais temps pour participer à une marche pour la paix sur la célèbre plage de Copacabana.

"Il pleut à Rio et les balles pleuvent dans les favelas", s'est insurgée Delcimar da Costa, présidente de l'association des habitants de favelas de Rio.

La ville qui a accueilli les jeux Olympiques il y a moins d'un an est frappée de plein fouet par la guerre entre gangs de narcotrafiquants qui font des favelas des zones de non-droit.

Les habitants -- près d'un quart des Cariocoas -- se retrouvent aussi souvent au milieu des échanges de tirs provoqués par les incursions musclées de policiers.

Le gouvernement a tenté de résoudre le problèmes en occupant certaines favelas par le biais d'Unités de Police Pacificatrice (UPP), mais la violence et le trafic de drogue continuent de sévir dans la plupart de ces quartiers.

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Le 4 juillet 2017 à 6h23

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