Au Sri Lanka, le pape exhorte au respect des droits de l'homme
Le pape François a exhorté mardi au respect des droits de l'homme et à la recherche de vérité au Sri Lanka, à l'amorce d'une visite de deux jours dans ce pays qui peine à cicatriser les plaies d'une longue guerre civile.
Le pape, qui se rendra ensuite aux Philippines, devrait prêcher la réconciliation et l'unité tout au long de ce déplacement qui intervient juste après l'élection surprise d'un nouveau président.
Dans ce pays encore divisé entre cinghalais et tamouls, l'Eglise joue un rôle particulier puisqu'il y a des catholiques au sein des deux communautés.
Le pape a évoqué la réconciliation dès son arrivée à l'aéroport de Colombo dans un pays marqué par les 37 ans de conflit ayant opposé l'armée à la rébellion séparatiste tamoule défaite en 2009.
"La grande oeuvre de réconciliation doit inclure l'amélioration des infrastructures et pourvoir aux besoins matériels mais aussi, et c'est encore plus important, elle doit promouvoir la dignité humaine, le respect des droits de l'homme et la pleine intégration de tous les membres de la société", a-t-il déclaré.
Le respect des droits de l'homme est un sujet extrêmement sensible au Sri Lanka, ses dirigeants ayant refusé de coopérer à l'enquête de l'ONU sur les allégations de crimes de guerre commis contre les civils à la fin du conflit.
"Le processus de guérison demande d'inclure la recherche de vérité", a souligné le pape.
Le pape a été accueilli par le nouveau président Maithripala Sirisena qui vient d'entrer en fonction et a promis une enquête indépendante sur ces accusations de crimes de guerre qui auraient été perpétrés sous la présidence de son prédécesseur, Mahinda Rajapakse.
"Tous les membres de la société doivent travailler ensemble, tous doivent avoir une voix. Tous doivent être libres d'exprimer leurs préoccupations, leurs besoins, leurs aspirations et leurs peurs", a poursuivi le pape.
Apparu en bonne forme et souriant, le pape a déclaré par ailleurs à des journalistes français qu'"il avait prié pour la France et prierait de nouveau pour elle" après les attentats qui ont tué 17 personnes la semaine passée.
- L'Asie privilégiée -
Au Sri Lanka, pays qui compte 70% de bouddhistes, 12% d'hindouistes, 10% de musulmans et 7% de chrétiens, le dialogue inter-religieux devrait être un accent fort du message du pape.
Il doit rencontrer dans la journée des responsables bouddhistes, hindous et musulmans du pays. Les violences religieuses se sont multipliées ces dernières années sur l'île, des groupes bouddhistes radicaux s'attaquant à des églises et des mosquées pour dénoncer, selon eux, l'influence de ces minorités religieuses.
Mercredi, le pape doit célébrer une messe en bord de mer à Colombo qui pourrait attirer un million de personnes.
A cette occasion, il canonisera le premier saint du Sri Lanka, Joseph Vaz, un missionnaire venu d'Inde à la fin du XVIIème siècle et qui avait fait cesser, avec l'aide du roi bouddhiste, les persécutions contre les catholiques.
Moment fort de sa visite, le pape se rendra ensuite au sanctuaire marial de Madhu, en zone tamoule, dans une région où la guerre a été intense.
Lors de ce septième voyage hors d'Italie depuis son élection en mars 2013, et le deuxième en Asie en six mois, Jorge Bergoglio devrait retrouver les foules asiatiques qui lui avaient fait déjà un accueil triomphal en août en Corée du Sud.
Il se rendra jeudi aux Philippines, catholiques à 85%, où cinq jours de congés ont été décrétés pour l'occasion à Manille où l'on attend des foules immenses sur son passage.
En plus de deux rencontres avec les familles et les jeunes, les moments forts seront la messe au Rizal Park de Manille, où Jean Paul II avait rassemblé des millions de fidèles en 1995, et un déplacement de près d'une journée dans la zone sinistrée de Tacloban.
Dans la zone dévastée en novembre 2013 par le typhon Haiyan, il célébrera une messe sur un terrain près de l'aéroport et déjeunera avec une trentaine de survivants du drame.