A Tanger, une police religieuse improvisée ordonne des coups de fouet
C’est au cœur de l’arrondissement de Béni Makada, à Mers Achnad dans le quartier de Bir Chifa que dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 août, un jeune qui rentrait d’une fête de mariage a été abordé par trois jeunes barbus qui l’ont «condamné» à 80 coups de fouet. Ils l’accusaient d’avoir consommé de l’alcool.
Des officiers du 6ème arrondissement de police de Tanger ont confirmé ce jeudi matin à Médias 24 la succession des faits qui se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche derniers et non du lundi au mardi derniers comme rapporté auparavant par d’autres sources.
Ce sont les hommes du 6ème arrondissement de police, de permanence samedi soir, qui ont enregistré la plainte de l’individu agressé avant de la transmettre, lundi 25 août aux services de la police judiciaire de Fahs- Béni Makada.
Après avoir été fouetté par ses trois agresseurs, le jeune a été récupéré par des riverains du quartier qui l’ont conduit au commissariat du 6ème arrondissement pour y déposer sa plainte. Il a ensuite été emmené aux urgences de l’hôpital Mohamed V pour y soigner ses blessures.
Ce jeudi, Médias 24 n’avait pu encore confirmer si la BNPJ avait été saisie de cette affaire de coups de fouet pour d’éventuels liens entre les trois agresseurs qui ont été arrêtés et des réseaux salafistes jihadistes.
La mouvance salafiste jihadiste se trouve de manière croissante sous la surveillance des services de sécurité marocains en raison des comportements agressifs de certains militants tant vis-à-vis de leurs concitoyens que des autorités. Ces derniers mois ont été marqués par de nombreux incidents entre policiers et militants salafistes.
De nombreuses arrestations en rapport avec la mouvance ont été effectuées au cours de ces dernières semaines dans les quartiers de Bir Chifa, Ben Dibane et Aradi Ad Daoula de Béni Makada où plusieurs plaintes en rapport avec les agissements de militants religieux extrémistes ont été enregistrées.
La mouvance est sous surveillance accrue en raison du développement des filières de recrutement de combattants pour la Syrie et l’Irak dans les quartiers périphériques de Tanger. L’un des derniers combattants arrêté en Turquie et ramené au Maroc à la mi-août dernier se nomme Ahmed Chaara et est notamment originaire du quartier.
L’arrondissement de Béni Makada compte plus de 250.000 habitants pour une population tangéroise d’un million d’habitants et, de loin, la plus forte densité démographique et le plus faible ratio d’espaces verts rapporté au nombre d’habitants de Tanger. Béni Makada? Peut-être, mais pas par les dieux.
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