La majorité des femmes âgées entre 15 et 29 ans sont inactives à cause du refus conjugal ou parental

A.L | Le 9/8/2018 à 8:45

Dans son dernier rapport annuel, Bank Al-Maghrib a analysé la situation de la participation de la femme au marché du travail au Maroc. Toutes les données empiriques disponibles suggèrent que même si les hommes se déclarent généralement favorables au travail de la femme, ils sont en partie réticents lorsque les opportunités d’emploi se font rares ou lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre travailler à l’extérieur et prendre soin du foyer. 

Selon le rapport annuel de Bank-Al Maghrib (BAM) au titre de l’année 2017, la participation de la femme au marché du travail au Maroc reste, à l’instar des autres pays de la région MENA, parmi les plus faibles au monde. Le taux d’activité féminine s’est établi à 22,4% en 2017 contre une moyenne de 50,8% en Europe et Asie Centrale, de 51,5% en Amérique latine et Caraïbes et de 59,2% en Asie de l’Est et Pacifique.

Exclusion des femmes: le  manque à gagner économique serait élevé selon BAM

La Banque centrale estime que ce constat reste préoccupant à plusieurs égards. Elle explique : «outre les conséquences d’ordre social et même psychologique que peut engendrer l’exclusion de la femme du marché du travail, le manque à gagner économique serait très élevé».

Selon un rapport du FMI évoqué par BAM, la réduction de l’écart du taux d’activité entre les hommes et les femmes du triple au double de la moyenne des autres marchés émergents et en développement aurait doublé la croissance dans la région MENA au cours de la dernière décennie, permettant ainsi un gain cumulé de mille milliards de dollars. Pour le Maroc en particulier, BAM cite également un autre rapport de la même institution qui indique que le coût par rapport à une situation où les femmes auraient le même taux de participation que leurs homologues masculins représente 46% du PIB par habitant.

Par rapport aux causes de cette faible participation, BAM se réfère à plusieurs études quantitatives qui mettent en exergue un certain nombre de facteurs tels que le niveau d’éducation, la situation familiale, l’âge et les normes sociales. D’autres ont essayé d’appréhender les raisons à travers des enquêtes de perception dont l’une des plus récentes a été réalisée par l’OIT (Organisation Internationale de Travail), en collaboration avec Gallup. 

45% des hommes marocains souhaitent que les femmes restent à la maison

Pour le cas du Maroc, le refus familial ne semble pas constituer un obstacle au travail des femmes à priori ; 69% des hommes estiment qu’il est acceptable qu’elles aient un emploi en dehors du domicile. Toutefois, quand ils sont interrogés sur leur préférence, 45% souhaitent qu’elles restent à la maison, 33% qu’elles concilient entre travail et foyer et 22% qu’elles aient un emploi rémunéré.

Dans le même sillage, les données de l’édition 2011 de l’enquête mondiale sur les valeurs relayées par BAM révèlent que 74,7% des hommes marocains estiment qu’ils sont prioritaires quand les offres d’emploi se font rares et que 63,8% d’entre eux jugent qu’être femme au foyer est aussi gratifiant qu’avoir un travail rémunéré. 

Selon la banque, ces résultats restent en ligne avec ceux d’une enquête réalisée au Maroc par la Banque mondiale entre décembre 2009 et mars 2010. Ils indiquent que la faiblesse structurelle de l’activité féminine est attribuable pour la tranche d’âge 15-29 ans au refus conjugal ou parental dans 53,8% des cas, à la difficulté de concilier entre travail et foyer pour 22,9% et aux normes sociales pour 11,1%. 

En somme, BAM estime que l’ensemble de ces données suggère que même si les hommes se déclarent généralement favorables au travail de la femme, ils sont en partie réticents lorsque les opportunités d’emploi se font rares ou lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre travailler à l’extérieur et prendre soin du foyer. 

«Cela laisse conclure que des actions importantes de sensibilisation restent nécessaires, d’autant plus que les données internationales montrent une corrélation positive entre l’attitude des hommes et la participation des femmes», conclut BAM dans son rapport.
 

Source: Rapport annuel 2017, BAM

Vous avez un projet immobilier en vue ? Yakeey & Médias24 vous aident à le concrétiser!

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous

Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
lire aussi
  • | Le 19/5/2024 à 10:14

    Immobilier. Arrondissement par arrondissement, voici les prix pratiqués à Casablanca en 2023

    Sidi Moumen, Hay Hassani, Aïn Chok, Maarif, Ain Sebaa ou Anfa,... L'immobilier d'un arrondissement à un autre change. Où se concentrent les ventes immobilières au sein du grand Casa en 2023 ? Comment se sont comportés les prix ? Les données exclusives fournies par notre partenaire Yakeey apportent la réponse.
  • | Le 17/5/2024 à 15:08

    CFG Bank : indicateurs en forte hausse à fin mars, RNPG 2024 attendu en hausse de 40% à 50%

    Le groupe affiche une forte hausse de ses indicateurs à tous les niveaux à fin mars. Le PNB progresse de 44%. Le RBE progresse à un rythme plus soutenu, du fait d'une bonne maîtrise des charges qui croissent moins vite que le PNB. Le RNPG 2024 du groupe devrait progresser entre 40% et 50%.
  • | Le 17/5/2024 à 14:00

    Disway : baisse de 9% du chiffre d’affaires à fin mars

    Le segment Volume a vu son chiffre d’affaires reculer de 11,6% du fait de retards de plusieurs projets, de la baisse de la demande sur plusieurs produits technologiques en raison de la hausse des droits de douanes et de la rupture de plusieurs segments de produits à cause des incidents en mer Rouge.
  • | Le 17/5/2024 à 10:38

    Crédit du Maroc : hausse de 16,5% du RNPG au 1er trimestre 2024

    Le groupe affiche une bonne tenue des crédits avec un encours en hausse de 7,1% à 53,2 MMDH. Le PNB progresse de 10% du fait de la bonne tenue des marges d’intérêts et sur commissions.
  • | Le 16/5/2024 à 15:53

    Oncorad : “D’ici début 2026, nous souhaitons tripler la valeur du groupe” (Redouane Semlali)

    Il y a un an, le groupe Oncorad annonçait une levée de fonds de 458 MDH auprès de CDG Invest Growth et STOA. Depuis, quels sont les changements structurels et les développements qui ont été menés ? Création de holdings, acquisition de foncier... Redouane Semlali, PDG et cofondateur du groupe, nous en dit plus.
  • | Le 15/5/2024 à 16:57

    BKGR anticipe une hausse de 13,4% de la capacité bénéficiaire de la cote cette année à 33,2 MMDH

    L’industrie devrait voir sa capacité bénéficiaire progresser de 15,6% à 17,7 MMDH. Les financières devraient enregistrer une croissance de 10,7% à 13,8 MMDH. La capacité bénéficiaire des assurances devrait s’apprécier en 2024 de 14% à 1,7 MMDH. La masse des dividendes en 2024 est également attendue en hausse de 6,3% à 21 MMDH.