Route “Donald Trump” : l’axe à 9 MMDH qui transforme le Sud
Avec plus de 1.000 kilomètres aménagés entre Tiznit et Dakhla, la nouvelle voie express transforme les conditions de transport vers les provinces du Sud. Gain de temps, amélioration de la sécurité, fluidification du fret et bénéfices socioéconomiques figurent parmi les principales retombées de cette infrastructure stratégique.
L'essentiel
- Le coût de la voie express Tiznit-Dakhla s’élève à 9 milliards de dirhams (MMDH). Le projet porte sur un tronçon de la RN1, qui s’inscrit dans le corridor routier transafricain Tanger-Lagos.
- Le trafic atteint entre 7.000 et 8.000 véhicules par jour sur certains tronçons. Les poids lourds représentent environ 40% du trafic.
- Pour les poids lourds, le gain direct atteint sept à huit heures et peut approcher une journée en tenant compte des temps de repos réglementaires.
- Cette voie express améliore la sécurité routière, offre des aires de repos aux chauffeurs et contribue à réduire les coûts logistiques.
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Les détails
Mise en service sur plus de 1.000 kilomètres entre Tiznit et Dakhla, la nouvelle voie express, rebaptisée "Donald Trump", constitue l’un des principaux projets d’infrastructure réalisés dans le sud du Maroc.
Au-delà de l’amélioration des conditions de circulation, le projet vise à réduire les temps de trajet, à sécuriser le transport des personnes et des marchandises et à renforcer l’intégration économique des provinces du Sud avec le reste du pays.
Un investissement de 9 MMDH inscrit dans un axe plus large
Contacté par Médias24, M’bark Fancha, directeur de la Direction provisoire d’aménagement de la RN1 entre Tiznit et Dakhla, souligne que le coût global du projet s’élève à 9 MMDH.
"Certains médias internationaux évoquent un montant d’environ un milliard de dollars, repris également par certains médias marocains. Il s’agit généralement d’un arrondi. Le coût global du projet est de 9 MMDH", précise-t-il.
Au-delà de la liaison entre Tiznit et Dakhla, le responsable souligne que le projet doit être replacé dans un chantier de plus grande envergure, lié à la modernisation de la Route nationale N1 et à l’axe Tanger-Lagos.
"Il ne faut pas considérer ce projet uniquement sous l’angle de Dakhla. Il s’inscrit dans un projet plus large, celui de l’axe Tanger-Lagos. Au-delà de cette voie express, la Route nationale N1 fait également l’objet de travaux de mise à niveau", explique M’bark Fancha.
Des gains majeurs pour le fret et la sécurité
Concernant le trafic journalier sur l’axe Tiznit-Dakhla,"il reste difficile d’évaluer précisément le trafic sur l’ensemble de l’axe. À ce stade, nous ne disposons pas encore d’une estimation consolidée du flux journalier sur l’ensemble des tronçons. Toutefois, sur certaines parties, notamment au nord de Tiznit, le trafic dépasse 6.000 véhicules par jour et peut atteindre, en moyenne, entre 7.000 et 8.000 véhicules quotidiennement", indique-t-il.
"Les poids lourds représenteraient environ 40% du trafic. C’est une part très importante, qui montre le rôle de cet axe pour le transport de marchandises, les échanges commerciaux et l’activité économique entre le nord et le sud du Royaume. Une partie du trafic est également liée aux déplacements touristiques".
Le principal bénéfice pour les transporteurs réside dans la réduction du temps de parcours. Pour les poids lourds, qui parcourent de longues distances et sont soumis à des temps de conduite et de repos réglementés, le gain de temps est particulièrement important.
"Pour un poids lourd, le gain direct sur le temps de trajet peut atteindre sept à huit heures. Lorsque l’on prend également en compte les temps de conduite réglementaires, les pauses obligatoires et les périodes de repos, le gain logistique peut pratiquement représenter une journée entière. Pour les transporteurs et les entreprises, c’est un gain extrêmement significatif", souligne notre interlocuteur.
Par ailleurs, "la voie express apporte aussi des gains importants en matière de sécurité routière. L’amélioration de la chaussée, de la visibilité, de la fluidité de la circulation et des conditions de dépassement permet de réduire les risques auxquels étaient auparavant exposés les automobilistes et les transporteurs", explique M’bark Fancha.
Le projet prévoit également des équipements destinés à améliorer les conditions de travail et la sécurité des chauffeurs de poids lourds, notamment des aires de repos aménagées le long de l’axe.
"Des aires de repos destinées notamment aux poids lourds sont déjà aménagées le long de l’axe. Elles permettent aux chauffeurs de respecter leurs périodes de pause et de repos dans de meilleures conditions, ce qui constitue également un élément essentiel de sécurité"
La liaison devrait produire des effets économiques qui dépassent le seul secteur du transport. "La route est aujourd’hui opérationnelle. Au regard du volume de trafic, du poids du transport de marchandises et des gains de temps obtenus, le retour économique et social de cet investissement devrait être très important. Les bénéfices ne concernent pas seulement les transporteurs, mais l’ensemble des activités économiques qui dépendent de cet axe", indique M’bark Fancha.
Il convient de noter qu’entre le port de Laâyoune et Dakhla, la route n’a pas été aménagée en deux chaussées séparées. Elle a été élargie à environ neuf mètres. Selon M’bark Fancha, ce choix tient compte du niveau de trafic observé sur ce tronçon.
"Les caractéristiques de chaque tronçon sont définies en fonction du flux de circulation. Entre le port de Laâyoune et Dakhla, le trafic est moins important et reste principalement commercial. La route a donc été dimensionnée en fonction de ce flux", conclut-il.
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