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Elections 2026

Le militant de base d'un parti, une richesse que l'argent n'achète pas

CHRONIQUE ÉLECTIONS. Dans les semaines qui viennent, les meetings afficheront complet et les caravanes sillonneront le pays. Mais la vraie profondeur d'un parti ne se mesure pas au spectacle de campagne : elle se lit dans un capital lent à bâtir et impossible à décréter, le militant de base. Celui qui colle les affiches un dimanche matin sans contrepartie et défend son parti même dans la tourmente. Voici une grille en six indices pour repérer cette culture militante, et comprendre pourquoi les partis les plus enracinés ne sont pas toujours ceux qui gagnent. Et vice versa.

Élections 2026.
(générée par IA)
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Le 27 juillet 2026 à 18h30 | Modifié 27 juillet 2026 à 18h52

L'essentiel

• Le militant de base est probablement la seule richesse politique qui demande des années pour se construire et qui ne se décrète pas. C'est aussi le meilleur révélateur de la profondeur d'un parti.

• Six indices permettent de le repérer : des sections du parti qui vivent en dehors des campagnes électorales, de vraies cotisations, des congrès disputés, des organisations de jeunesse actives, une présence dans les syndicats ou les universités, et la capacité à mobiliser sans déployer une logistique coûteuse.

• Si l'on applique cette grille aux principaux partis marocains, le paysage obtenu ne ressemble pas forcément à la perception de chacun. Nous vous proposons une grille d'analyse sans aller jusqu'à citer les partis concernés. C'est le choix que nous avons fait sur la base de la neutralité journalistique.

Les détails

Un test tout simple

Un parti politique qui a de la profondeur repose sur quatre piliers : un leadership ; un socle idéologique fondé sur une vision, des objectifs et des valeurs ; une démocratie interne ; et enfin, l'existence de militants de base. Sans ces quatre piliers, il n'y a pas de parti durable.

Commençons par le militant de base. Celui qui collera des affiches un dimanche matin sans attendre de contrepartie. Celui qui ouvrira la permanence alors qu'aucune élection n'est prévue avant des mois. Celui qui participera aux meetings par conviction. Celui qui défendra encore son parti autour d'un café ou en famille, même quand il traverse une mauvaise passe.

Ce personnage ne figure dans aucune statistique. Pourtant, il dit souvent davantage sur un parti que tous les sondages. Quand il existe, on est en présence d'une organisation politique vivante.

L'argent ne fabrique pas les militants

Une campagne peut acheter des salles pleines, des bus, des affiches, des consultants, des agences de communication. Même un programme électoral peut aujourd'hui être confié à des experts.

Mais la culture militante, elle, ne s'improvise pas. Elle se construit au fil des années, dans les réunions locales, les campagnes perdues, les débats internes, les écoles de formation, et parfois même au sein des familles. Dans les valeurs prônées par le socle idéologique, dans la démocratie interne qui accorde toute sa place au militant de base. Ce dernier s'implique quand il y a de la reconnaissance et quand il connaît la finalité de ses efforts.

C'est un capital lent à accumuler. Et il peut disparaître beaucoup plus vite qu'il ne s'est construit. Les militants peuvent se disperser si un leader peu charismatique s'empare des commandes et refuse de partir, s'il y a des reniements, si un congrès électif se tient avec un candidat unique... le militant rentre alors chez lui sans fracas, mais le pas lent et le cœur lourd. Regardons autour de nous, les exemples foisonnent.

Quelques indices

Pour savoir si cette culture militante existe encore dans un parti, il suffit d'observer quelques indices. Les sections locales vivent-elles en dehors des campagnes ? Les cotisations sont-elles réellement payées ? Les congrès produisent-ils de vrais débats et de vrais perdants ? Les organisations de jeunesse et de femmes forment-elles les futurs responsables ? Le parti est-il présent dans les syndicats, les universités ou les associations ? Un meeting peut-il attirer du monde sans une logistique exceptionnelle et sans motivations spéciales ?

Le paradoxe

C'est peut-être là que réside l'une des principales particularités de la politique.

Les élections législatives se gagnent souvent grâce aux implantations locales, aux notables, aux réseaux d'influence et aux équilibres territoriaux bien davantage qu'à la seule densité militante.

Autrement dit, les partis les plus enracinés ne sont pas nécessairement ceux qui remportent le plus de sièges.

Et les futurs vainqueurs ne seront pas forcément les partis les plus profonds.

Cette dissociation explique une partie de la volatilité spectaculaire observée depuis une quinzaine d'années. Un parti peut perdre l'essentiel de ses députés en une seule législature sans disparaître de la vie politique. Un autre peut connaître une ascension fulgurante sans avoir encore construit de véritables racines. Cette volatilité s'explique aussi par le mode de scrutin, le seuil, le découpage et surtout l'usage de l'argent, dénoncé par un grand nombre de partis eux-mêmes.

Dans les semaines qui viennent, les meetings seront pleins, les caravanes parcourront le pays et les réseaux sociaux donneront l'impression d'une mobilisation permanente.

Mais il faut regarder au-delà du spectacle.

En ce qui concerne les trois autres piliers d'un parti durable et profond, nous y reviendrons dans les différents formats journalistiques de couverture de ces législatives 2026.

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Le 27 juillet 2026 à 18h30

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