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SOCIETE

À qui la faute dans le drame du petit Youssef, mort électrocuté à Aïn Diab ?

L’enfant de huit ans a été tué après avoir traversé à vélo une flaque d’eau près d’un poteau d’éclairage. Sa famille réclame des réponses.

À qui la faute ? Après la mort du petit Youssef à Aïn Diab, les responsabilités au cœur de l'enquête
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Le 16 juillet 2026 à 17h59 | Modifié 16 juillet 2026 à 18h48

Comme de nombreuses familles en cette période estivale, la mère de Youssef avait choisi la corniche de Aïn Diab pour offrir une soirée de détente à son fils. Quelques minutes plus tard, son enfant gisait sans vie sous ses yeux.

Le récit du drame

Le drame s'est produit dans la soirée du mardi 7 juillet 2026, à peine la famille était-elle descendue du taxi. "Nous étions arrivés avec son vélo. Je l'ai aidé à le descendre. Pendant que je payais le chauffeur, Youssef est parti faire son premier tour. Il était à moins d'un mètre de moi", raconte la mère.

En se retournant, elle aperçoit son fils traverser une flaque d'eau située près d'un poteau d'éclairage. "Il est passé sur l'eau de jardinage, à côté du poteau. Il s'est électrocuté. Mon fils est mort sur-le-champ", témoigne-t-elle.

Nous avons pu joindre Mohammed, l'oncle de Youssef. Encore sous le choc, il peine à comprendre comment une simple sortie familiale a pu virer au drame en quelques secondes. "Comment un enfant peut-il mourir en cinq secondes alors qu'il est simplement en train de jouer avec son vélo, sous les yeux de sa mère ?", s'interroge-t-il.

En voyant son fils s'effondrer, sa mère a tenté instinctivement de le secourir. "Elle aussi a été électrisée et a été blessée à la main", rapporte l'oncle de l'enfant.

Celui-ci affirme que Youssef n'a touché ni le poteau d'éclairage ni un câble apparent. "Mon neveu circulait à vélo sur un passage longeant un espace vert. Il y avait de l'eau au sol. Son vélo était en métal. Il s'est retrouvé au milieu d'un circuit électrique. Cela signifie qu'il y avait une fuite de courant. Ce n'était pas un câble qui dépassait et qu'il aurait touché".

Pour lui, le drame aurait pu frapper n'importe qui. "Cela aurait pu être sa mère, moi, ma fille ou simplement des passants. Ce danger se trouvait sur une promenade fréquentée quotidiennement par des familles".

Selon lui, la famille ne cherche ni compensation financière ni traitement de faveur. "Nous ne voulons pas d'indemnisation. Si c'était seulement une question d'argent, toutes les familles ayant perdu un enfant dans un accident tragique se satisferaient d'un chèque.

Ce que nous voulons, c'est connaître la vérité : savoir qui est responsable et faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes

La famille indique attendre les conclusions de l'expertise technique avant d'engager une procédure judiciaire. "Nous attendons le rapport officiel pour déposer plainte. Notre seul objectif est que les responsabilités soient établies et que les auteurs de cette négligence répondent de leurs actes".

La famille regrette également l'absence de contact de la part des autorités ou des organismes concernés depuis le drame. "À ce jour, personne ne nous a contactés pour nous présenter ses condoléances. Ni la commune, ni la société d'exploitation, personne".

La mort brutale de cet enfant de huit ans a profondément choqué l'opinion publique. Au-delà de l'émotion, une question revient avec insistance : comment un enfant peut-il perdre la vie en circulant sur une promenade publique censée être sécurisée ?

Qui est responsable de la présence d'un courant électrique mortel ? D'où provenait l'électricité ? Qui devait assurer la sécurité des lieux ?

La SRM écarte la responsabilité de ses installations, mais les questions demeurent

Interrogée par Médias24, la Société régionale multiservices (SRM) Casablanca-Settat précise que les autorités compétentes ont ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l'accident et indique coopérer pleinement avec les enquêteurs.

La SRM affirme toutefois que les contrôles effectués sur les équipements dont elle assure l'exploitation "n'ont révélé aucune anomalie".

Selon ses premières constatations, "l'eau stagnante observée sur les lieux de l'accident ne provenait pas des ouvrages exploités par la SRM Casablanca-Settat". La société ajoute que "le câble visible sur le trottoir, dans la même zone, ne relève pas des installations de la SRM Casablanca-Settat". Par mesure de précaution, elle indique avoir procédé à la coupure de l'alimentation électrique de ce câble.

Cette réponse soulève d'autres interrogations.

Si le câble à l'origine du danger n'appartenait pas à la SRM, à qui appartenait-il ? Pourquoi était-il sous tension dans un espace public fréquenté quotidiennement par des familles et des enfants ? Qui était chargé de son installation, de sa surveillance ou de sa sécurisation ? Et surtout, comment un tel danger a-t-il pu rester accessible au public ?

Autant de questions auxquelles seule l'enquête ouverte par les autorités compétentes pourra répondre.

Médias24 a également sollicité la commune de Casablanca afin d’obtenir des précisions sur la gestion et la sécurisation de cet espace public, ainsi que sur l’origine du câble mis en cause. Au moment de la publication de cet article, aucune réponse ne nous était parvenue.

En attendant, une certitude demeure : un enfant de huit ans est mort au cours d'une simple promenade familiale. Pour ses proches, comme pour de nombreux citoyens, l'enjeu dépasse désormais le seul constat technique. Il s'agit d'établir les responsabilités afin que ce drame ne reste pas sans réponse et ne se reproduise pas.

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Le 16 juillet 2026 à 17h59

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