Prix de la sardine : l’enquête du Conseil de la concurrence dans sa phase finale
Le régulateur veut renforcer la transparence sur la formation des prix de la sardine, de la sortie du bateau jusqu’au marché final. L’enquête engagée en avril 2024 entre dans sa phase finale, avec des discussions avancées avec l’ONP et le ministère de tutelle.
Invité aux Grands Rendez-Vous de Médias24 ce jeudi 16 juillet 2026, le président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou, est revenu sur la question des prix de la sardine au Maroc, un sujet qui suscite régulièrement des interrogations, notamment au regard de la position du Royaume en tant que premier producteur mondial de sardines.
Le prix du kilo de sardines peut osciller entre 15 et 30 dirhams le kilo pour le consommateur. Une évolution jugée préoccupante au regard des prix pratiqués en amont de la chaîne et des mécanismes de formation des prix.
Depuis avril 2024, le Conseil de la concurrence mène une enquête sur le fonctionnement de cette filière. Son président indique que le dossier est désormais dans sa phase finale, les dernières réunions étant engagées avec les principaux acteurs concernés, notamment l’Office national des pêches (ONP), gestionnaire des halles de vente, ainsi que le ministère de tutelle.
L’objectif est de parvenir à une meilleure transparence dans la formation des prix dès la sortie du bateau. "Le prix doit être défini à la criée", a expliqué Ahmed Rahhou, rappelant l’importance de renforcer le rôle du marché organisé.
Il a également évoqué l’engagement de l’ONP à publier les prix issus des halles de vente sous forme de mercuriales accessibles sur son site, afin d’informer les différents acteurs de la chaîne, notamment les consommateurs et les distributeurs finaux.
De 3 à 5 dirhams au premier achat, la hausse doit rester justifiée
Selon les éléments évoqués par le président du Conseil de la concurrence, le prix au premier achat se situe généralement entre 3 et 5 dirhams le kilo.
La progression du prix jusqu’au consommateur peut s’expliquer par plusieurs coûts liés à la chaîne de distribution (transport, conditionnement dans les caisses, pertes liées aux invendus ou aux produits non commercialisés...).
Ahmed Rahhou estime qu’une multiplication du prix peut être compréhensible dans certaines limites. "Une multiplication par trois peut se justifier, mais par cinq ou dix, cela devient inacceptable", a-t-il souligné, appelant à une amélioration globale de l’organisation de la filière.
S’inspirer de la filière export
Pour le président du Conseil de la concurrence, la filière sardine destinée au marché intérieur doit s’inspirer des pratiques mises en place dans certaines filières exportatrices. "La filière export est d’une efficacité redoutable", a-t-il expliqué, en référence à une organisation fortement rationalisée sous la pression des donneurs d’ordre internationaux. Ces marchés imposent des exigences strictes en matière de qualité, étiquetage, traçabilité, réduction des pertes...
Selon lui, ces standards doivent progressivement être appliqués au marché intérieur. "Il faut aligner les pratiques du marché interne sur celles de l’export. Cela demande un peu de courage, notamment pour faire évoluer certaines pratiques anciennes liées à l’intermédiation..."
Ahmed Rahhou a également insisté sur le fait que "la rationalité de la distribution des produits frais doit être revue".
Le Conseil de la concurrence travaille ainsi sur les premiers maillons de la chaîne que sont la sortie du bateau et la vente au premier échelon pour la création d’un système plus transparent permettant de suivre l’évolution des prix.
La publication régulière des prix pratiqués dans les halles de vente doit permettre aux consommateurs et aux distributeurs finaux de disposer d’une information claire et fiable, condition essentielle pour améliorer le fonctionnement du marché et limiter les dérives, insiste le président du Conseil de la concurrence.
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