Après le Mondial 2026, les quatre chantiers qui attendent désormais Mohamed Ouahbi
Numéro 9, doublure d’Achraf Hakimi, profondeur de banc et calendrier international... les priorités sont déjà identifiées à l’horizon 2030.
Rarement un cycle de quatre ans n'aura revêtu une telle importance stratégique pour la sélection nationale. L'enjeu est désormais de faire franchir un nouveau palier à une équipe solidement ancrée dans l'élite mondiale.
La reprise est prévue lors de la fenêtre internationale de septembre 2026. Le Maroc entrera alors directement dans le vif du sujet avec les éliminatoires de la CAN 2027. Placés dans le groupe A avec le Gabon, le Niger et le Lesotho, les Lions de l'Atlas disputeront leurs six rencontres de qualification sur trois périodes rapprochées.
Les deux premières journées sont programmées entre le 21 septembre et le 6 octobre 2026. Les deux rencontres suivantes se joueront du 9 au 17 novembre, avant les deux dernières prévues du 22 au 30 mars 2027. Les deux premiers du groupe décrocheront leur billet pour la phase finale.
Le véritable défi de Mohamed Ouahbi sera d'ordre mental et collectif : remobiliser les troupes après la déception du Mondial, élever le niveau d'exigence et poser les bases tactiques de la phase finale, qui se tiendra en Afrique de l'Est (Kenya, Ouganda et Tanzanie) à l'été 2027.
Les chantiers tactiques de Mohamed Ouahbi
Si le parcours au Mondial 2026 a confirmé la compétitivité des Lions de l'Atlas, il a également mis en lumière plusieurs chantiers prioritaires que le sélectionneur devra mener à bien en vue de la CAN 2027 et de l'échéance majeure de 2030.
Pour relever ces défis, le technicien dispose d'un atout précieux : sa connaissance approfondie du vivier national, acquise lors de son passage à la tête de la sélection des U20.
Sur le plan offensif, la priorité absolue sera de faire émerger un avant-centre de classe mondiale, car le Maroc cherche encore ce numéro 9 de référence, capable de peser physiquement sur les charnières adverses et de se montrer décisif dans les matchs fermés. Ces profils de purs finisseurs étant rares, leur éclosion exigera un travail de détection rigoureux et un accompagnement progressif au sein du collectif.
Derrière lui, l'animation gagnerait à s'appuyer sur un véritable meneur de jeu, apte à dicter le tempo, à assumer des responsabilités créatives dans les moments de tension et à faire sauter le verrou lorsque les espaces se réduisent face à des blocs bas.
Le secteur défensif requiert également des ajustements. Mohamed Ouahbi devra étoffer son axe central en s'appuyant sur des doublures fiables, mais c'est surtout le flanc droit qui suscite des interrogations : indispensable et omniprésent, Achraf Hakimi y évolue aujourd'hui sans doublure de niveau comparable pour le suppléer ou le stimuler.
L'équation pour le sélectionneur consistera donc à trouver le juste équilibre entre continuité et renouvellement. Il ne s'agit pas de bouleverser un collectif qui a prouvé sa valeur sur la scène mondiale, mais d'y instaurer progressivement une saine concurrence afin d'élargir les options tactiques avant la CAN 2027 et le Mondial 2030.
Cette transition est d'autant plus viable que la sélection bénéficie d'une stabilité remarquable. Contrairement aux nations contraintes d'amorcer une reconstruction totale après un Mondial, les Lions s'appuient sur une ossature jeune, mais déjà aguerrie aux exigences du très haut niveau.
Des cadres tels que Noussair Mazraoui, Neil El Aynaoui, Bilal El Khannouss, Ismaël Saibari, Azzeddine Ounahi ou Chadi Riad seront toujours là en 2030. Cette continuité structurelle donne au staff technique la possibilité de bâtir dans la durée, en affinant les automatismes plutôt qu'en reconstruisant les fondations.
Au-delà du travail de détection et d'intégration de nouveaux talents, le prochain cycle devra également s'accompagner d'un renforcement de la politique de formation. Si le Maroc a considérablement progressé ces dernières années, notamment grâce à l'Académie Mohammed VI et au développement des centres de formation des clubs, l'ambition de rivaliser durablement avec les meilleures nations mondiales impose de franchir un nouveau cap.
À l'image de pays comme la France, l'Espagne ou l'Angleterre, où la formation produit chaque année des joueurs de très haut niveau à tous les postes, le Royaume devra poursuivre ses investissements dans la détection, la formation des entraîneurs, l'encadrement technique et le développement des jeunes talents.
L'importance stratégique du classement FIFA
Un défi de taille attend la Fédération royale marocaine de football (FRMF) dans la gestion du calendrier. En tant que coorganisateur, le Maroc est qualifié d'office pour la Coupe du monde 2030. Si cette situation offre une précieuse sérénité, elle dispense également les Lions de l'Atlas des matchs éliminatoires pour ce Mondial, les privant ainsi de rencontres compétitives susceptibles de rapporter davantage de points au classement FIFA.
Il sera donc impératif de programmer des matchs amicaux contre des sélections de premier plan. L'équipe nationale devra se confronter régulièrement aux meilleures nations mondiales pour préserver sa place dans le top 10 mondial et maintenir le groupe sous pression compétitive.
Le cap vers 2030
Au-delà des aspects tactiques, le changement le plus notable réside dans la dimension psychologique de la sélection. Un quart de finale de Coupe du monde, autrefois perçu comme un exploit historique, laisse désormais un goût d'inachevé.
Le défi majeur du cycle sera de confirmer le statut du Maroc comme référence du football africain, à commencer par le rendez-vous de 2027, avant de se tourner vers le grand défi du Mondial 2030.
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