Mondial 2026 : Ouahbi refuse l’alibi des blessures et assume un Maroc “poussé à défendre”
Éliminés 0-2 par la France en quart de finale, les Lions de l’Atlas ont souffert dans les transitions et manqué de fraîcheur face à la maîtrise des Bleus. Le sélectionneur appelle désormais à une autocritique avant les éliminatoires de la CAN, dès septembre.
Le sélectionneur du Maroc, Mohamed Ouahbi, a reconnu la supériorité de la France après l’élimination des Lions de l’Atlas en quart de finale de la Coupe du monde (0-2), jeudi 9 juillet à Boston, tout en assurant que le repli de son équipe n’avait pas été décidé avant la rencontre.
Comme nous l’avons relaté, les Marocains, privés notamment de Chadi Riad et d’Ismael Saibari, ont longtemps résisté grâce à Yassine Bounou, auteur de plusieurs arrêts et d’un penalty repoussé, avant de céder en seconde période sur des buts de Kylian Mbappé et d’Ousmane Dembélé.
Un repli imposé par la France
“Nous, on ne prend aucune décision sur la hauteur du bloc. Ils nous ont poussés à défendre parce qu’ils étaient assez bons avec le ballon”, a expliqué Mohamed Ouahbi dans un entretien accordé à Arryadia après la rencontre.
Selon lui, les joueurs français ont notamment créé des décalages sur les côtés grâce à leurs ailiers rentrant sur leur pied fort, à leurs triangles et aux appuis trouvés dans l’axe. Incapable de ressortir proprement et de progresser dans ses transitions, le Maroc a ainsi passé une grande partie de la première période dans son camp.
“On n’était pas assez performants dans les transitions. Il fallait plus de courses pour étirer le bloc adverse”, a-t-il reconnu en conférence de presse, estimant que les Bleus avaient été laissés dans une “zone de confort”.
Le technicien marocain a dit avoir envisagé des changements dès la pause, avant d’y renoncer après avoir échangé avec ses joueurs, qui estimaient pouvoir répéter leurs efforts. Il a jugé les premières minutes de la seconde période plus abouties, avec davantage de profondeur, de mouvement et de maîtrise lorsque le Maroc récupérait le ballon.
“On a manqué d’idées, on a manqué de fraîcheur aussi pour pouvoir faire plus avec le ballon”, a-t-il toutefois admis.
L’ouverture du score est intervenue alors que plusieurs Marocains semblaient s’être arrêtés pour réclamer une main. Mohamed Ouahbi n’a pas voulu contester la décision arbitrale, faute d’avoir revu précisément l’action, et a surtout insisté sur “le coup de génie de Kylian”, auteur d’une frappe enroulée à l’entrée de la surface.
La France avait auparavant obtenu les occasions les plus franches et s’était montrée particulièrement dangereuse après les pertes de balle marocaines. “Aujourd’hui, elle a été plus forte que nous et il faut l’accepter”, a résumé le sélectionneur.
Les blessures, mais pas d’excuses
Interrogé sur le poids des absences, Mohamed Ouahbi a refusé d’en faire la principale explication de la défaite. Il a rappelé que les blessures faisaient partie d’une compétition et qu’une sélection de 26 joueurs ne pouvait reposer uniquement sur ses titulaires habituels.
“Je ne vais pas commencer à trouver des excuses. Quand on prend 26 joueurs, c’est qu’on en aura besoin. On ne peut pas jouer avec onze”, a-t-il déclaré.
Le sélectionneur a néanmoins reconnu que la perte de joueurs régulièrement alignés avait nécessairement affecté son équipe. Il estime toutefois que les minutes disputées par les plus jeunes durant le tournoi doivent leur permettre de progresser et d’élargir à terme les solutions à la disposition du staff.
Arrivé à la tête de la sélection en mars, Mohamed Ouahbi s’est dit surpris par la rapidité avec laquelle le groupe avait assimilé ses principes de jeu, l’énergie recherchée et les exigences de la vie collective.
“Je ne pensais pas qu’on allait arriver si loin. Je ne parle pas en termes de résultat, je parle en termes de contenu”, a-t-il précisé, se disant “agréablement surpris” par l’adhésion des joueurs à son projet.
Il a cependant refusé de limiter le bilan à la satisfaction d’avoir atteint les quarts de finale. Son message dans le vestiaire a été de relever la tête, mais aussi d’analyser sans complaisance les insuffisances apparues contre la France.
“On ne peut pas sortir de cette élimination juste en disant qu’on est contents et fiers de ce qu’on a fait. Il faut faire une autocritique objective à tous les niveaux”, a-t-il insisté.
Une France talentueuse et généreuse dans l’effort
Mohamed Ouahbi a également rendu hommage à une équipe de France qu’il juge aussi talentueuse que généreuse dans l’effort. Les attaquants français ne se contentent pas, selon lui, de leurs qualités techniques et participent pleinement au travail collectif, ce qui rend les Bleus particulièrement difficiles à déséquilibrer.
“Ils ont rarement eu autant de talents qui courent. Quand vous avez des talents, le plus important, c’est de les faire courir”, a-t-il observé.
Le sélectionneur marocain a décrit une équipe sereine, solidaire et capable d’aller au bout du tournoi, tout en rappelant que chaque rencontre avait sa propre vérité. Il a également salué Didier Deschamps, qualifié de modèle pour sa culture de la victoire, son management et sa capacité à gérer les ego.
La Coupe d’Afrique comme prochain objectif
Pour le Maroc, la prochaine étape sera constituée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations, dès septembre. Mohamed Ouahbi souhaite que ses joueurs profitent auparavant d’une période de repos après une saison éprouvante, marquée par leurs engagements en club, la CAN et la Coupe du monde.
“Il faut se qualifier pour la Coupe d’Afrique et essayer de la gagner”, a-t-il déclaré, faisant de ces échéances la première étape de la préparation du Mondial 2030.
Le sélectionneur estime que le Maroc dispose d’une jeune génération, d’un vivier important et de structures lui permettant de continuer à progresser. Il a appelé à ne pas céder à la déception ni à remettre en cause l’ensemble du travail accompli après une seule défaite.
“On ne va pas aujourd’hui, parce qu’on a perdu, tout balayer. On est fiers du parcours, très tristes d’avoir perdu, mais il faut pouvoir l’accepter”, a-t-il affirmé.
S’adressant aux supporters, Mohamed Ouahbi a dit comprendre leur déception, qu’il considère même comme le signe d’une ambition désormais tournée vers les titres plutôt que vers les seuls parcours honorables.
“On ne joue pas pour nous. On sait pour qui on joue et pourquoi on joue”, a-t-il lancé, assurant que cette équipe était “sur le bon chemin” et pourrait encore faire rêver les Marocains.
Le principal enseignement du tournoi est, selon lui, qu’une Coupe du monde impose une capacité supérieure d’adaptation, les sélections devant affronter des styles qu’elles rencontrent rarement dans leurs compétitions continentales. Le Maroc devra donc conserver son identité tout en se préparant davantage aux caractéristiques propres à chaque adversaire.
“L’objectif est de gagner. Et si on ne peut pas gagner, il faut laisser l’image d’une équipe qui a tout donné”, a-t-il conclu.
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