Chantier naval de Casablanca : voici les offres financières des candidats, décision en août
Après plusieurs mois d'attente et un report du calendrier initial, le futur concessionnaire du chantier naval de Casablanca devrait être connu courant août, selon nos informations. Voici les offres financières déposées par les trois candidats encore en lice.
L'essentiel
- L’ANP doit désigner courant août le concessionnaire appelé à exploiter le nouveau chantier naval de Casablanca, après plusieurs mois d’attente et un report du calendrier initial.
- Trois candidats restent en lice : le consortium Somagec-Hyundai Heavy Industries-Kuzey Star Shipyard, le groupement conduit par Radi Holding avec Marina Meridional et Ningbo Xinle Shipbuilding Group, ainsi qu’un opérateur italien.
- Selon une source ayant assisté à l’ouverture des plis financiers, le groupement Radi Holding a présenté l’offre la plus élevée, avec une redevance de 4% du chiffre d’affaires, contre 2 à 2,5% pour le premier consortium et 1% pour l’opérateur italien.
- Au-delà de l’attribution du marché, l’enjeu est industriel afin de doter le Maroc d’une capacité structurante en réparation navale, réduire sa dépendance aux chantiers étrangers et poser les bases d’un écosystème local autour des métiers maritimes.
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Les détails
Le compte à rebours est lancé pour l'un des marchés les plus stratégiques encore en suspens. Après plusieurs mois d'attente et un report du calendrier initial, l'Agence nationale des ports (ANP) devrait désigner, dans le courant du mois d'août, le concessionnaire chargé d'exploiter le nouveau chantier naval de Casablanca, selon nos informations.
Très attendu par les opérateurs du secteur, ce marché doit permettre au Maroc de se doter, pour la première fois, d'une infrastructure capable d'assurer à grande échelle la réparation navale et, à terme, de favoriser le développement d'une véritable industrie de construction navale.
Les offres financières des trois candidats encore en lice
Selon nos informations, trois candidats sont toujours en lice.
Le premier est porté par un consortium réunissant le Marocain Somagec, le Sud-Coréen Hyundai Heavy Industries et le Turc Kuzey Star Shipyard, qui propose, selon une source ayant assisté à l'ouverture des plis des offres financières, une redevance comprise entre 2 et 2,5% du chiffre d'affaires annuel.
Le deuxième est porté par le groupe Radi Holding, présidé par Hassan Sentissi, ancien président de l'Association marocaine des exportateurs (ASMEX). Le groupe marocain est associé à l'espagnol Marina Meridional et au chinois Ningbo Xinle Shipbuilding Group. Ce groupement a présenté l'offre financière la plus élevée, d'après notre source, avec une redevance de 4% du chiffre d'affaires.
Le troisième soumissionnaire, un opérateur italien, a, quant à lui, proposé une redevance annuelle équivalente à 1% du chiffre d'affaires, selon la même source.
Selon un opérateur impliqué dans le dossier joint par Médias24, "le consortium conduit par Radi Holding se présente comme celui ayant proposé la meilleure offre financière". On ignore toutefois les critères d'évaluation des offres techniques et financières de ce marché, ceux-ci n'ayant pas été rendus publics.
Initialement attendus pour juillet 2025, les résultats ont été reportés après une prolongation de la période d'évaluation décidée par l'ANP. Joint par Médias24, l'un des soumissionnaires dit "ne pas comprendre ce délai supplémentaire". Selon lui, "au regard des offres déposées, les résultats sont clairs et la décision aurait déjà dû être annoncée".
Il s'interroge ainsi sur les raisons qui expliquent la longueur du processus, tout en précisant qu'aucune décision officielle n'a, à ce stade, été communiquée. "Le processus suit toujours son cours et le résultat devrait être annoncé courant août", nous a-t-il fait savoir.
Un projet relancé après plusieurs tentatives
Toujours d'après l'un des soumissionnaires, "l'histoire de ce projet remonte à plusieurs années. Avant le lancement de l'appel d'offres actuel, deux premières consultations avaient été déclarées infructueuses, conduisant les autorités à revoir leur approche".
Notre interlocuteur affirme avoir "travaillé de longue date sur un projet de développement d'une filière marocaine de construction et de réparation navales. L'idée initiale consistait à implanter un chantier dédié aux navires de pêche dans le sud du Royaume. Des études menées avec des partenaires européens spécialisés ont toutefois conduit à privilégier Casablanca, jugée plus pertinente sur les plans économique et industriel".
Toujours selon cette source, "plusieurs échanges ont ensuite eu lieu avec les pouvoirs publics, entre l'échec des précédentes consultations et le lancement de l'appel d'offres actuellement en cours". Les discussions ont notamment porté sur le niveau de la redevance que le futur concessionnaire devrait reverser à l'Etat. S'inspirant de modèles européens, où cette contribution avoisine généralement 1% du chiffre d'affaires, le groupe dit avoir initialement défendu un taux similaire. Les autorités auraient toutefois maintenu une exigence plus élevée, fixée à 5% au cours des discussions.
Les négociations n'ont finalement pas abouti et le projet a été relancé dans le cadre d'un nouvel appel à concurrence, auquel le groupe a décidé de participer aux côtés de partenaires étrangers.
"Une douzaine d'opérateurs avaient manifesté leur intérêt lors de la phase préliminaire, mais seuls trois groupements ont finalement déposé une offre complète, compte tenu notamment de l'importance des investissements à engager et des garanties financières exigées".
Au-delà du choix du concessionnaire, les enjeux de ce marché dépassent largement le seul port de Casablanca. Le futur chantier naval est appelé à réduire la dépendance du Maroc vis-à-vis des infrastructures étrangères pour la réparation de sa flotte et des navires fréquentant les ports nationaux. Il devrait également favoriser la création d'un écosystème industriel local, avec plusieurs centaines d'emplois qualifiés attendus dans les métiers de l'ingénierie, de la maintenance et des services maritimes.
Sauf nouveau report, le suspense devrait prendre fin au cours du mois d'août, avec la désignation du concessionnaire qui exploitera l'un des chantiers navals les plus importants du Royaume.
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