Botola Pro 2025-2026. Le MAS, un solide champion
Data. Le club de la capitale spirituelle a construit son cinquième sacre sur une régularité à toute épreuve. Porté par une défense imperméable, un gardien décisif et un avant-centre en feu, il a su capitaliser sur ses atouts. Contrairement à d’autres formations, pourtant dominantes dans plusieurs catégories statistiques.
Si l’attaque fait gagner des matchs, la défense forge les titres. Le cinquième sacre de l’histoire du Maghreb association sportive (MAS) de Fès en Botola Pro en est le parfait exemple.
Plus d’une équipe s’est cassé les dents sur l’arrière-garde d’airain orchestrée par l’entraîneur espagnol Pablo Franco, qui a enregistré 16 clean sheets en trente rencontres et n’a concédé que 17 buts, soit le meilleur bilan défensif du championnat.
À une époque où les attaques attirent souvent la lumière et où les arrières-gardes restent dans l’ombre, le MAS reste un beau champion.
Au bout d’une saison à la programmation souvent illisible, le club de la capitale spirituelle a réussi à maintenir un fil tissé depuis plus de dix mois.
Ce qui constitue une performance dans le cadre d’une saison à rallonge lancée le 12 septembre et interrompue plus d’une fois en raison des contraintes imposées par les calendriers internationaux.
La Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a dû composer avec un contexte particulier. Elle a été prise en étau entre le Championnat d’Afrique des nations, la Coupe d’Afrique des nations et les compétitions continentales de clubs.
Mais cela peut-il constituer une excuse à une programmation qui n’a mis à l’honneur ni les acteurs du jeu ni leur public ? D’autant que la LNFP n’a pas été mise au courant à la dernière minute des contraintes calendaires auxquelles elle allait faire face.
Qu’à cela ne tienne. Car in fine, les couacs de la LNFP ne doivent en aucun cas minimiser, ne serait-ce que d’un iota, la formidable épopée du MAS. L’histoire d’un groupe qui n’a jamais douté de ses forces, même lorsque quelques fissures apparaissaient dans l’édifice (3 défaites).
Parce qu’à l’arrivée, les statistiques racontent l’histoire d’un collectif porté par des individualités à chaque ligne. Un gardien décisif, une arrière-garde infranchissable et un avant-centre clinique et instinctif.

Benjdida, l’arme fatale
Les attaquants sont souvent jugés à l’aune des occasions qu’ils vendangent. Soufiane Benjdida a choisi une autre voie. Celle d’un finisseur implacable qui transforme les opportunités qui se présentent à lui sans fioriture.
Avec 20 réalisations, l’attaquant du MAS termine logiquement en tête du classement des buteurs de la Botola. Au regard de son score xG (13,7), le natif de Casablanca a surperformé.
Au vrai, l’avant-centre de 24 ans nous a gratifiés de réalisations plus incroyables les unes que les autres. À l’instinct. À l’image des retournées acrobatiques et des volées à tout bout de champ qui le placent désormais dans la caste des grands.
Il a rappelé à son monde qu’un avant-centre peut aussi être une sorte de magicien qui transforme peu en beaucoup.
Sinon, le MAS a également pu compter sur un portier capable de gommer les rares imperfections de son arrière-garde. Salaheddine Chihab a évité à son équipe près de 5 buts depuis le début de la saison.
Une influence qui prend encore plus de relief au regard de l’écart ténu entre le champion et son dauphin.

La qualité de jeu de l’ASFAR n’a pas suffi
Les chiffres sont parfois cruels. L’Association sportive des Forces Armées Royales a longtemps donné l’impression d’être l’équipe la plus armée pour le titre. En particulier sur le plan offensif.
Les chiffres ne disent pas autre chose (45 buts inscrits, meilleure attaque du championnat). Les hommes du technicien portugais Alexandre Santos ont également été ceux qui ont le plus touché de ballons dans la surface adverse.
Une équipe particulièrement portée vers l’attaque, où Mohamed Rabie Hrimat a occupé une place centrale.
Le milieu de terrain a été le véritable métronome de l’entrejeu du club de la capitale, avec 58,5 passes tentées par 90 minutes, soit le meilleur total du championnat dans cette catégorie.
À ses côtés, Réda Slim a eu une grande influence dans la verticalité et la progression du jeu de son équipe avec 88,3 % de passes progressives réussies.
Le Raja n’a pas non plus été récompensé de sa maîtrise du ballon. Comme quoi, dominer ne veut pas toujours dire gagner.

En confisquant le cuir près de 60 % du temps, les Rajaouis ont parfois davantage exposé leur défense qu’ils n’ont ouvert de brèches dans celle de leurs adversaires.
Cela dit, il faut tout de même souligner l’aisance affichée par Mohamed Al Makahasi, en particulier dans le camp adverse (86,8 % de passes réussies dans les 30 derniers mètres).
Au-delà des individualités nimbées de lumière, cette saison du championnat marocain est aussi celle des joueurs de l’ombre, moins exposés mais essentiels dans les équilibres collectifs.
Adil Khalloufi appartient à cette catégorie. Avec 2.948 minutes disputées, le milieu de l’USYM est le joueur de champ le plus utilisé.
Une santé de fer qui ne s’est pas faite au détriment de son influence dans le jeu, lui qui est également le joueur ayant tenté le plus de passes dans les 30 derniers mètres adverses (10 par 90 minutes).
Dans un autre registre, le CODM a sauvé sa place dans l’élite grâce à ses efforts et son intensité. Youssef Limouri a terminé en tête des interceptions par 90 minutes (6,7), symbole d’une équipe qui a rarement accepté de subir sans avoir de répondant dans les zones de conquête.
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