Algérie : abstention record aux législatives, le FLN arrive en tête
Avec une participation limitée à 21,24%, le scrutin du 2 juillet consacre une Assemblée dominée par les formations proches du pouvoir, devant des islamistes en recul, une opposition non islamiste marginalisée et une représentation féminine réduite à 23 élues sur 407 sièges.
Le taux de participation aux élections législatives du 2 juillet en Algérie s'est établi à 21,24%, soit le plus bas niveau jamais enregistré dans l'histoire du pays, selon les résultats officiels annoncés lundi 6 juillet par l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie).
Le scrutin a consacré la domination des formations proches du pouvoir. Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance, est arrivé en tête avec 90 sièges sur les 407 que compte l'Assemblée populaire nationale, a indiqué le président par intérim de l'Anie, Karim Khelfane, lors d'une conférence de presse.
Le FLN est suivi par le Rassemblement national démocratique (RND), autre parti proche du pouvoir, qui obtient 73 sièges, puis par le Front El Moustakbal, crédité de 59 sièges.
Les formations islamistes arrivent aux quatrième et cinquième rangs. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a remporté 43 sièges, contre 64 en 2021, tandis qu'El Binaa en a obtenu 38, soit un siège de moins que lors du précédent scrutin.
Les partis de l'opposition non islamiste enregistrent, de leur côté, des résultats limités. Le Front des forces socialistes (FFS), plus ancien parti d'opposition du pays, fondé en 1963, obtient 12 sièges. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) décroche quatre sièges, tandis que le Parti des travailleurs en obtient trois.
La représentation féminine recule également. Seules 23 femmes ont été élues, contre 38 en 2021 et 118 en 2017, scrutin qui s'était tenu sous le régime des quotas féminins, supprimé depuis.
L'abstention constituait l'un des principaux enjeux de ces législatives. Le vote avait été prolongé d'une heure, jeudi, dans l'ensemble du pays afin de permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote, selon l'Anie.
Commentant cette faible mobilisation, M. Khelfane a estimé que "l'abstention n'est pas une spécificité algérienne", la comparant à celle observée dans des "vieilles démocraties" en Europe, en Amérique et en Asie, tout en qualifiant le scrutin de "transparent".
La campagne électorale, jugée peu animée, s'est déroulée en pleine Coupe du monde de football et dans un contexte de fortes chaleurs. Le vote a également eu lieu à la veille d'un long week-end.
Les précédentes législatives, organisées en 2021 et déjà remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%.
Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire né en février 2019, qui avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.
L'actuel président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre 2019, a été reconduit en 2024.
Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent, depuis, un rétrécissement de l'espace public en Algérie, alors que le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, notamment parmi les jeunes.
(Avec AFP)