img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SIAM 2026

Volailles : forte autosuffisance et dynamique export, l’informel reste un défi de la filière

Le secteur avicole couvre 100% des besoins nationaux en viandes de volailles et en œufs de consommation. Avec près de 800.000 tonnes de viandes produites en 2025, 7 milliards d’œufs et une forte dynamique à l’export, la filière confirme sa solidité. Mais derrière cette performance, le véritable défi reste la structuration de l’aval, encore largement dominé par l’informel.

Volailles forte autosuffisance et dynamique export, l’informel reste un défi de la filière
Par
Le 24 avril 2026 à 11h05 | Modifié 24 avril 2026 à 11h23

Avec une production qui couvre 100% des besoins nationaux en viandes de volailles et en œufs de consommation, le secteur avicole marocain confirme son rôle de pilier stratégique dans la sécurité alimentaire du Royaume. Première source de protéines animales pour les ménages marocains, il assure aujourd’hui plus du tiers des apports en protéines animales consommées au niveau national et représente, à lui seul, 55% de la consommation totale de viandes.

En 2025, la consommation de viandes de volailles atteint 23,6 kg par habitant et par an, tandis que celle des œufs s’élève à 191 unités par habitant. Des chiffres qui traduisent la place centrale de cette filière dans le panier alimentaire des Marocains, particulièrement dans un contexte marqué par la cherté persistante de la viande rouge.

"Le Maroc se porte bien en termes de protéines avicoles", affirme Dr Ahmed Daoudi, directeur de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA). "Nous avons une autosuffisance en matière de production avicole. Heureusement, l’élevage avicole constitue aujourd’hui la colonne vertébrale de la protéine animale accessible au consommateur marocain."

En 2025, le secteur a produit près de 654.000 tonnes de viande de poulet de chair et 174.000 tonnes de viande de dinde, soit un total avoisinant les 800.000 tonnes de viandes de volailles. À cela s’ajoutent 7,06 milliards d’œufs de consommation, 542 millions de poussins type chair, 14,2 millions de poussins type ponte, ainsi que 16,6 millions de dindonneaux locaux et 3,6 millions importés.

La filière repose également sur une infrastructure lourde : 4 millions de tonnes d’aliments composés pour volailles produits en une année, 15,3 milliards de dirhams d’investissements cumulés, 48 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, et près de 181.000 emplois directs générés.

Pour Dr Daoudi, l’amont de la filière — accouvage, élevage, alimentation animale et encadrement vétérinaire — est aujourd’hui bien structuré. "Les investissements sont colossaux et les professionnels ont déployé énormément d’efforts pour atteindre ces niveaux de production", souligne-t-il.

80% de la filière encore dominée par l’informel

Le véritable défi se situe désormais en aval : transformation, abattage, découpe, distribution et commercialisation.

"Ce qui reste perturbateur dans ce secteur, c’est le segment aval", explique-t-il. Malgré l’existence d’environ 35 abattoirs avicoles agréés, industriels et modernes, une large partie de la production continue de transiter par des circuits traditionnels.

Selon la FISA, près de 80% de la production nationale passe encore par l’informel, notamment à travers les tueries traditionnelles et les circuits de vente du vif, échappant ainsi aux exigences de contrôle sanitaire et de traçabilité.

"La santé du consommateur n’a pas de prix", insiste Dr Daoudi. "Il faut garantir la traçabilité de l’œuf jusqu’à l’assiette du consommateur. La loi est claire : toute unité agroalimentaire doit être agréée et autorisée par l’ONSSA afin d’assurer la sécurité sanitaire des aliments."

Prix des volailles : la logique de l'offre et de la demande

Cette structuration devient d’autant plus urgente que la volatilité des prix continue d’alimenter les tensions sur le marché. Pour le directeur de la FISA, le mécanisme reste simple : l’offre et la demande.

"Quand les prix baissent, personne n’en parle. Mais lorsqu’ils augmentent, tout le monde s’interroge. Le principe est simple : surproduction égale baisse des prix, sous-production égale hausse des prix. L’essentiel reste l’autosuffisance alimentaire", résume-t-il.

Au-delà de la stabilisation du marché, la Fédération plaide pour une montée en gamme de la filière. L’objectif n’est plus seulement de vendre du poulet entier, mais de développer davantage les produits transformés, la découpe, la charcuterie et les produits prêts à la consommation.

"Il faut valoriser davantage. Nous devons diversifier l’offre et moderniser la chaîne aval. La vente du poulet entier ne suffit plus", estime Dr Daoudi.

Dans cette logique, la FISA accompagne les porteurs de projets pour le développement d’abattoirs avicoles industriels et encourage la reconversion progressive des tueries traditionnelles en points de vente approvisionnés par des structures agréées.

Exportations avicoles : 55,2 millions d’œufs exportés en 2025

Le secteur regarde également au-delà des frontières. Depuis 2009, le Maroc exporte des produits avicoles vers plusieurs marchés africains et arabes, notamment la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin, le Gabon, la Tunisie, la République centrafricaine, ainsi que l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis.

Les exportations concernent notamment les aliments composés, les œufs à couver, les poussins d’un jour, les œufs de consommation et les produits de charcuterie. En 2025, les exportations de poussins d’un jour ont atteint 1,369 million d’unités, tandis que celles des œufs à couver se sont élevées à 55,233 millions d’unités.

Pour la FISA, cette dynamique s’inscrit aussi dans une logique de coopération Sud-Sud, renforcée par les formations assurées via l’Institut de formation avicole inauguré en 2015.

"Nous exportons notre savoir-faire autant que nos produits. C’est une coopération gagnant-gagnant avec nos partenaires africains, et cela contribue directement à la prospérité du secteur", conclut Dr Daoudi.

Autosuffisant, exportateur et fortement intégré à la consommation quotidienne des ménages, le secteur avicole marocain entre désormais dans une nouvelle phase : celle de la modernisation de l’aval, condition indispensable pour consolider durablement sa compétitivité et protéger la santé du consommateur.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 24 avril 2026 à 11h05

à lire aussi

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 12 mai 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 12 mai 2026

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 12 mai 2026 en baisse, avec un MASI en repli de 0,39% à 18.776,54 points. Le volume global des échanges s’est établi à 196,53 MDH, porté principalement par Managem, LabelVie et SMI.

Écoles françaises : sous pression des parents, l’AEFE réduit la hausse des frais
EDUCATION

Article : Écoles françaises : sous pression des parents, l’AEFE réduit la hausse des frais

Alors que la hausse annoncée des frais de scolarité dans les établissements français au Maroc avait suscité une vague de contestation parmi les parents d’élèves, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a finalement revu sa position et annoncé une augmentation de 6% pour la rentrée 2026, au lieu des 7% initialement prévus.

La CDG et le ministère lancent une nouvelle phase pour le Digital Lab Santé
Santé

Article : La CDG et le ministère lancent une nouvelle phase pour le Digital Lab Santé

Le ministère de la Santé et de la protection sociale et la CDG ont signé, en marge du GITEX Future Health Africa Morocco, une convention portant sur la mise en œuvre du Digital Lab Santé, une plateforme dédiée à l’accélération de la transformation digitale du système de santé marocain, ainsi qu’un MoU relatif à l’extension progressive du dispositif SAMU à l’échelle nationale.

Coupe du monde 2026. La FRMF s’associe à Google Gemini
Quoi de neuf

Article : Coupe du monde 2026. La FRMF s’associe à Google Gemini

Google Gemini devient le sponsor officiel en intelligence artificielle de la Fédération royale marocaine de football. Avant et pendant le mondial 2026, l’équipe nationale bénéficiera de modèles IA à des fins de promotion, tandis que les supporters des Lions de l’Atlas disposeront d’outils à même d’améliorer l’expérience dans les stades.

Pour accélérer ses opérations logistiques, La Voie Express Group mise sur Tanger Med
BUSINESS

Article : Pour accélérer ses opérations logistiques, La Voie Express Group mise sur Tanger Med

La Voie Express Group prévoit l’implantation d’une plateforme logistique à Medhub, la zone logistique portuaire de Tanger Med. Ce projet vise à regrouper des services de logistique et de dédouanement au sein d’un même site et à élargir l’offre intégrée du groupe dans la gestion de la chaîne logistique.

Cosumar, Sunabel et Suta obtiennent le renouvellement du Label RSE de la CGEM
Communication d'entreprise

Article : Cosumar, Sunabel et Suta obtiennent le renouvellement du Label RSE de la CGEM

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a renouvelé le label RSE de trois filiales du groupe Cosumar : Cosumar, Suta et Sunabel.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité