Tournée du RNI dans le Sud : trois meetings en un jour et une riposte au PAM signée Akhannouch
Aziz Akhannouch a clairement repris la main dans la campagne électorale du RNI en prévision des législatives de septembre. À Tan Tan, Laayoune et Dakhla, il défend la présence du parti dans des régions à fort enjeu politique et pas seulement électoral.
L'essentiel
• Le RNI a organisé trois meetings le même samedi 25 juillet dans le Sud : Dakhla, Laâyoune, puis Tan-Tan.
• À Dakhla, Akhannouch a répliqué au PAM au lendemain du ralliement de Fouzi Lekjaâ : "Nous ne sommes pas dans un mercato", visant les partis qui débauchent des noms à l'approche du scrutin.
• Le chef du gouvernement a présenté un bilan de cinq ans centré sur l'État social, l'économie et la justice territoriale, en le reliant au programme 2026-2031 du parti.
• Sur l'éducation, il a mis en avant l'extension des écoles pionnières et la généralisation du transport et des cantines scolaires ; sur la santé régionale, la hausse des effectifs médicaux.
• À Tan-Tan, Mohamed Chaouki, président du RNI, et Akhannouch ont mené une visite de terrain, sous l'accueil du député de la province Abdellah Oubarka.
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Les détails
Chaouki n'a pas démérité en tant que nouveau président du RNI. Pugnacité, sens de la répartie, ouverture d'esprit... Mais les élections sont arrivées trop vite et le RNI devait tenir son rang. Akhannouch est donc revenu après une éclipse opérationnelle et ce poids lourd politique apporte l'expérience, l'envergure et les moyens financiers. Akhannouch a donc repris la main.
Le RNI a tenu ce samedi 25 juillet trois rencontres de communication dans les provinces du Sud, à Dakhla, Laâyoune et Tan-Tan. À Dakhla, quelques minutes après le ralliement de Fouzi Lekjaâ au bureau politique du PAM, Aziz Akhannouch a transformé le meeting en tribune de riposte, avec des métaphores footballistiques : "Nous ne sommes pas dans un mercato". Pourtant ls Indépendants n'ont jamais hésité à recruter en dehors de leurs rangs.
Sur le terrain, le parti a mis en avant sa stratégie de proximité et son bilan d'État social.
Trois étapes dans le Sud le même jour
La tournée du RNI dans les provinces du Sud s'est déployée en une seule journée.
Ce samedi 25 juillet, le parti a tenu trois rencontres de communication successives, à Dakhla, à Laâyoune, puis à Tan-Tan, cette dernière étant présentée comme la troisième du genre organisée le même jour dans le Sud.
Toutes s'inscrivent dans la tournée conduite par les membres du bureau politique pour renforcer, selon les termes du RNI, la politique de proximité et d'écoute des citoyens.
Menée par le président du parti Mohamed Chaouki et le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, cette séquence a nettement pris, à Dakhla, la tournure d'une riposte politique.
Le mercato, mot d'ordre de la riposte
Le meeting de Dakhla n'était pas un rassemblement comme les autres. Quelques minutes après l'entrée de Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, au bureau politique du PAM, Akhannouch a transformé la rencontre en tribune de riposte. Les dirigeants du parti de la colombe ont abondamment emprunté au vocabulaire footballistique pour viser ceux qui changent de parti à l'approche des élections.
La formule, le chef du gouvernement l'a répétée pour en souligner la portée. Dénonçant les partis restés, selon ses termes, "absents du terrain pendant cinq ans" avant de "chercher des noms à débaucher", il a lancé : "Nous ne sommes pas dans un mercato". Puis, visant directement l'objectif affiché par le PAM de devenir la première force du pays : "Avec qui vont-ils jouer le match ? Nous avons au sein du parti 10.000 élus et des centaines de milliers d'adhérents". Il a présenté le RNI comme une pépinière de compétences aux racines territoriales, opposée à une stratégie de recrutement de figures installées dans la dernière ligne droite.
Pourtant, Akhannouch lui-même avait rallié le Mouvement Populaire, avec d'opter pour le RNI. Disons qu'en politique, tout cela est de bonne guerre.
Un bilan de cinq ans placé sous le signe de l'État social
À Dakhla, Akhannouch a passé en revue cinq années d'action gouvernementale, en les présentant comme le reflet de la vision du parti pour bâtir un État social fort, adossé à une économie solide qui ancre la justice territoriale et offre dignité et opportunités à tous les Marocains. Le chef du gouvernement a relié ce bilan au programme 2026-2031 du RNI, en insistant sur la continuité des réformes engagées.
Sur l'éducation, il a affirmé que la réforme du système enregistre des progrès tangibles, à travers l'extension des écoles pionnières, dites Ryadat, et la généralisation du transport scolaire et des cantines, de nature selon lui à renforcer l'égalité des chances et la qualité des apprentissages pour les enfants des familles marocaines.
Sur le plan régional, il a cité le futur port de Dakhla Atlantique, les nouvelles routes et les investissements dans l'agroalimentaire, le tourisme et les énergies renouvelables. Côté santé, le nombre de médecins spécialistes serait passé de 53 en 2021 à 72 en 2026, et les effectifs infirmiers de 331 à 464, tandis que six grands projets validés par la Commission des investissements devraient générer plus de 3.700 emplois directs et indirects dans la région.
Tan-Tan, la proximité mise en scène
Troisième étape de la journée, Tan-Tan a offert l'image d'une campagne de terrain. Mohamed Chaouki et Aziz Akhannouch, accompagnés de membres du bureau politique, y ont effectué une tournée de proximité au cours de laquelle les responsables du parti sont allés à la rencontre de citoyens, dans le prolongement de la démarche d'écoute directe de la population revendiquée par le RNI. La visite a été l'occasion d'échanger sur les préoccupations et les attentes des habitants, avant le lancement de la rencontre de communication organisée dans la ville sous l'accueil du député de la province de Tan-Tan, Abdellah Oubarka.
Le Sahara en toile de fond
Le choix des trois villes du Sud comme théâtre de cette journée n'a rien d'anodin. À Dakhla, Akhannouch a rattaché le meeting à l'unité nationale, décrivant le Sahara comme une cause de la nation. Ce positionnement s'inscrit dans un contexte que Médias24 a documenté quelques jours plus tôt : un scrutin qui intervient après l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité fin octobre 2025, avec un mandat de la Minurso expirant le 31 octobre 2026 et la perspective d'une entrée en phase institutionnelle du plan d'autonomie.
Dans les provinces du Sud, le RNI mise sur son bilan de grands chantiers face à un Istiqlal traditionnellement bien implanté et à un PAM qui multiplie les ralliements, à l'image de celui de Yanja El Khattat, président de la région Dakhla-Oued Ed-Dahab et ancien pilier de l'Istiqlal.
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