Port de Jorf Lasfar. Décryptage du nouveau projet d’extension
Avec des études lancées en 2025, la vision du "Green Basin" devrait amorcer une extension du port de Jorf Lasfar afin de le transformer en un futur green hub, en tirant parti des opportunités offertes par les projets stratégiques actuellement en développement dans l'hinterland du port.
La place du port de Jorf Lasfar, en tant que principal port minéralier et énergétique du Maroc, devrait être renforcée avec le projet d’extension du port dans le cadre de la vision "Green Basin" (bassin vert), portée par l’Agence nationale des ports (ANP).
En marge du salon SIPORTS 2026, qui s'est déroulé du 1ᵉʳ au 3 avril 2026, Meryem Bortali, directrice du port de Jorf Lasfar, a dévoilé le projet d’extension du port s'inscrivant dans la vision "Green Basin".
Cette stratégie a pour but d'anticiper les flux logistiques et énergétiques de demain, tout en intégrant les filières liées aux énergies propres, dont l'hydrogène vert.
Elle s'appuie sur un développement portuaire intégré qui combine une infrastructure spécialisée dans les trafics décarbonés, un écosystème industriel et énergétique de proximité, ainsi qu'une connectivité maritime optimale avec les marchés mondiaux.
Ainsi, le port devrait s’étendre avec plus de 3.500 mètres linéaires de nouveaux quais et plus de 1.000 mètres linéaires de digues, ainsi que l’approfondissement de 1.000 mètres linéaires de quais existants.
Selon le programme prévisionnel de l’année 2026 de l'ANP, les études techniques de cette extension devront être réalisées d’ici 2026.
Un premier lot de travaux devrait être engagé, portant principalement sur l’approfondissement et l’extension des quais existants afin d’augmenter la capacité de traitement des trafics actuels du port. Cela permettra de dédier les futures darses, sur environ 2.800 mètres linéaires de quais, au trafic maritime vert (deuxième lot).
Autour du port de Jorf Lasfar, un écosystème industriel est en train de se bâtir, en plus des activités actuelles d'import-export liées à l’industrie phosphatière et des importations énergétiques, destinées notamment à la centrale thermique de Taqa qui assure 40% des besoins électriques du pays.
À cela s'ajoutent trois zones industrielles en plein développement, à savoir celle de MedZ, le Park X du groupe OCP et la nouvelle zone d'accélération industrielle (ZAI) de Jorf Lasfar. Ces zones accueilleront plusieurs projets futurs, notamment dans le secteur des batteries (Falcon Energy, Fluoralpha, Tinci, Cobco…). À ces initiatives s'ajouteront des projets liés à l’hydrogène vert, comme celui du consortium Taqa-Moeve, où Moeve assurera la production et la commercialisation d'e-carburant à partir du port. Ce dernier vient s'ajouter au projet d'investissement de l'OCP dédié à la production d'ammoniac vert.
À moyen terme, le projet du gazoduc Afrique-Atlantique, qui passe à proximité immédiate du port de Jorf Lasfar, prévoit dans son module 2, sans que la décision soit encore tranchée, un terminal d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), soit au niveau du port de Mohammédia, soit au niveau de celui de Jorf Lasfar.
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