Dialogue social : le round d’avril 2026 maintenu (sources gouvernementales)
À un mois de la fête du Travail, le flou persiste du côté des syndicats quant à la tenue de la session d'avril du dialogue social. Contactées par Médias24, des sources gouvernementales nous confirment que "ce rendez-vous aura bien lieu", dans un contexte marqué par la dernière année de l'actuel Exécutif et des attentes sociales élevées.
Comme le prévoit l’accord du 30 avril 2022, qui a instauré un cadre formalisé pour le dialogue social, le mois d’avril doit accueillir l’un des deux rounds annuels, à la veille du 1er mai.
Si, à ce stade, les centrales syndicales affirment n’avoir reçu aucune invitation officielle, Médias24 apprend de sources ministérielles que les préparatifs sont en cours. La session devrait se tenir dans les délais, avec l’envoi imminent des convocations et l’inscription de plusieurs dossiers jugés prioritaires, apprend-on auprès de sources gouvernementales.
Il faut dire que cette séquence intervient dans un moment particulier. Il s’agit de la dernière année du mandat de l’actuel gouvernement. Les décisions qui pourraient en découler, notamment sur des dossiers structurants, sont susceptibles d’engager l’Exécutif à venir, ce qui confère à ce round une portée politique importante.
Des syndicats dans l’expectative
Du côté syndical, le ton reste sceptique. Contacté par nos soins, Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), rappelle que l’accord d'avril 2022 prévoit deux sessions annuelles, une première en septembre, avant le démarrage des discussions autour de la loi de finances de l'année d'après, et une autre en avril, à la veille de la fête du travail.
Or, la session de septembre 2025 n’a pas été tenue, "sans explication valable de la part du gouvernement", souligne-t-il. "On peut légitimement s’interroger sur la nature du dialogue social de ce mois d’avril, s’il n’y a pas de volonté politique réelle", ajoute-t-il, pointant un manquement à un engagement pourtant formalisé entre gouvernement, syndicats et patronat.
Pour l’UMT, la participation à ce round "ne peut se concevoir sans garanties de fond". Le syndicat insiste sur la nécessité d’un dialogue "sincère, avec du contenu et des résultats concrets", notamment en faveur de "l’amélioration des conditions de travail et du pouvoir d’achat, mis à mal par la hausse du coût de la vie". "Nous ne sommes pas prêts à participer à des réunions formelles et vides de sens", précise Miloudi Moukharik.
Des engagements en suspens, selon les syndicats
Même son de cloche du côté de la Confédération démocratique du travail (CDT). Contacté par Médias24, un syndicaliste de cette centrale souligne que "plusieurs engagements pris dans le cadre de l’accord du 30 avril 2022 restent à ce jour non concrétisés". Il estime ainsi qu’avant d’inscrire de nouveaux dossiers importants à l’ordre du jour, il conviendrait d’abord de respecter les engagements déjà signés lors des précédents rounds.
Parmi les points en suspens figurent notamment "la révision de l’impôt sur le revenu, l’ouverture de dialogues sectoriels, ainsi que l’alignement du salaire minimum agricole (SMAG) sur le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG)", une revendication récurrente du mouvement syndical et pourtant actée dans l’accord d'avril 2022.
"Ce décalage entre engagements et réalisations alimente le doute sur la portée réelle du dialogue social à venir, dans un climat social marqué par l’érosion du pouvoir d’achat", estime une autre source syndicale sondée par nos soins.
La CDT dénonce également le non-respect du pacte du dialogue social, qui visait à institutionnaliser ce processus en instaurant une année sociale s’étalant du 1er mai au 30 avril, rythmée par deux grands rendez-vous annuels. Mais l’absence du round de septembre et les incertitudes entourant celui d’avril viennent fragiliser ce mécanisme.
Où en sont les réformes de la retraite et du Code du travail ?
Rappelons qu’au-delà des dossiers évoqués par les syndicats, deux chantiers majeurs restent également en cours. Le premier concerne la réforme des retraites, dont les discussions se poursuivent. La commission technique dédiée a entamé, depuis le 15 janvier 2026, une nouvelle phase de travail. Elle tient désormais ses réunions au siège des différentes caisses (CNSS, CMR, RCAR et CIMR) afin d’accélérer le diagnostic et d’assurer un même niveau d’information entre syndicats, patronat et gouvernement, en amont des arbitrages de fond.
Le second chantier porte sur la révision du Code du travail. Lancé fin 2025 par le ministre Younes Sekkouri, ce processus avait donné lieu, en septembre 2025, à un appel aux partenaires sociaux pour soumettre leurs propositions avant le 26 septembre de la même année. Depuis, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution de ce dossier.
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