Driss Lachguar : “Nous sommes prêts à faire campagne avec les autres partis de la gauche”
EXCLUSIF. Le PPS estimait récemment qu'un rapprochement n'était pas à l'ordre du jour. Toutefois, le premier secrétaire de l’USFP assure que son parti demeure favorable à des listes communes en vue des prochaines législatives, et renvoie aux résolutions de son congrès pour étayer sa position.
Dans l'échange qu'il avait eu la semaine dernière avec Médias24, le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdallah, avait réaffirmé son souhait de former une coalition avec les autres partis de la gauche marocaine en vue de faire front commun lors des prochaines législatives.
"Mais je ne crois pas que ce soit leur priorité à l'heure actuelle", nous avait indiqué l'ancien ministre et ambassadeur.
Sauf que, joint par nos soins pour une discussion à ce propos, le premier secrétaire de l'Union nationale des forces populaires (USFP), Driss Lachguar, premier concerné par ces déclarations, nous a affirmé que c'était tout le contraire. C'est-à-dire que concrètement, son parti restait plus qu'ouvert à des listes communes avec "les formations qui partagent le même logiciel progressiste".
"Il y a méprise alors", nous a-t-il rétorqué. Et de nous renvoyer vers les documents du IXe congrès de l'USFP, tenu en décembre 2012 à Bouznika, qui avait vu Lachguar prendre le leadership ittihadi.
En effet, insiste-t-il, "son ambition a toujours été" de mettre fin à l'éclatement de la gauche, grâce auquel les forces du "conservatisme" (le Parti de la justice et du développement, PDJ) et du "capitalisme sauvage" (le Rassemblement national des indépendants, RNI) ont selon lui, réussi à s'installer aux premières loges du paysage politique national au cours des quinze dernières années. Et il faudrait, par conséquent, que cette même gauche rassemble de nouveau ses forces, "comme cela fut le cas dans la majeure partie de l'histoire de notre pays", pour qu'elle puisse reprendre la place qui lui sied.
Pour preuve, à cet égard, moins de six mois après son arrivée aux commandes, il entamait la fusion de l'USFP avec le Parti socialiste (PS) et le Parti travailliste (PT), deux partis qui en avaient fait scission au cours d'une période antérieure.
"Mais l'USFP ne cherche pas, pour autant, à "absorber" d'autres partis", rectifie-t-il après que nous avons fait usage de ce terme. Pour Lachguar, l'objectif est davantage de mettre en place une plateforme commune, d'autant plus impérieuse par les temps qui courent que la gauche serait "la mieux indiquée" pour répondre aux desiderata des Marocain.e.s, dans leur entière diversité.
"À tous les niveaux, le Maroc fait face à des défis inédits. Que ce soit sur le plan social, que ce soit sur le plan économique... il faut, en définitive, prendre le taureau par les cornes et, pour ce faire, il faut unir nos efforts et les rendre plus efficaces. Donc quand vous me posez la question de savoir si oui ou non je suis pour un front de gauche, je vous dis que cela coule de source et que l'interrogation n'a même pas lieu d'être", expose-t-il.
Pour rappel, Lachguar avait été élu, pour la quatrième fois consécutive le 18 octobre 2025, à la tête de l'USFP, à l'issue d'une tournée de plusieurs semaines qui l'avait mené dans diverses régions du pays.
Avec le PPS en particulier, l'USFP avait procédé au lancement, en janvier 2024 à Rabat, d'un groupe de travail conjoint pour coordonner leur action, mais ce dernier semble, depuis lors, être resté lettre morte.
Cela étant, Lachguar, en réponse à une autre de nos questions, a laissé entendre qu'à ses yeux le groupe demeure "toujours d'actualité".
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