CAN féminine : des retombées touristiques limitées mais un impact d’image durable
A moins d'un report, la Coupe d’Afrique des nations féminine prévue du 17 mars au 3 avril constituera un nouveau test pour le Maroc à transformer cet événement en levier touristique. Si les retombées économiques devraient rester inférieures à celles de la CAN masculine, cette édition permettra surtout de renforcer son image de destination touristique sportive incontournable grâce à la forte exposition médiatique mondiale durant la compétition.
Après le succès logistique et touristique de la CAN masculine, le Maroc s’apprête à accueillir la CAN féminine en mars prochain nous confirment plusieurs sources pour qui ce tournoi devrait tout en générant des flux touristiques moins importants arriver à consolider l’image médiatique du Royaume comme une destination incontournable.
CAN masculine : un benchmark difficile à égaler
Invité à commenter l’impact sur sa profession de la dernière CAN masculine organisée au Maroc, le président d’une fédération professionnelle touristique nous a déclaré qu’elle avait constitué un véritable accélérateur économique pour l’ensemble du secteur en générant entre 800.000 et 1 million de visiteurs additionnels durant le mois qu’a duré cette compétition sportive.
« Avec des taux d’occupation supérieurs à 85 % dans les villes hôtes et une hausse estimée à 30% du chiffre d’affaires habituel pour les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration et du transport touristique, les retombées économiques ont certainement dépassé les 12 milliards de dirhams », a résumé l'opérateur qui explique ce niveau de retombées par la très forte mobilisation des supporters africains et de la diaspora ainsi que par la visibilité mondiale dont a bénéficié ce tournoi continental.
CAN féminine : des volumes plus modestes mais en croissance
Si la CAN féminine prévue en mars pourrait être reportée de quelques jours ou semaines, une autre source proche du ministère de tutelle confirme sa tenue en tablant sur des flux d’arrivées bien plus modestes.
Cette édition devrait cependant connaitre une fréquentation plus élevée que celles de 2022 et 2025, toutes deux tenues au Maroc, avec entre 150.000 et 200.000 visiteurs incluant supporters étrangers, membres des délégations sportives et enfin des représentants des médias et des partenaires institutionnels.
Et d’ajouter que le scénario le plus probable fait état d’un taux d’occupation moyen de 70% dans les trois villes hôtes retenues pour l'instant (Rabat, Casablanca, Fès) et de retombées directes d’au moins 1 milliard de dirhams.
Tout en précisant que ces projections reposent sur la popularité croissante du football féminin en Afrique, notre interlocuteur conclut en affirmant que cette édition devrait permettre au Maroc d’élargir le profil de ses visiteurs avec un public plus familial et une audience internationale beaucoup plus diversifiée.
Une édition qui renforcera l’image de destination sportive incontournable
Se basant sur les chiffres de fréquentation de la précédente édition tenue en juillet 2025 au Maroc, le président du Conseil régional du tourisme de Rabat-Salé-Kénitra affirme qu’en réalité cette compétition constituera surtout un investissement stratégique à plus long terme en termes d’image.
Au-delà des chiffres de fréquentation qui seront, selon lui, beaucoup plus modestes en termes d'arrivées de supporters, Mehdi Hameda Benchekroun avance en effet que cette CAN permettra en réalité de renforcer la visibilité du Maroc sur l’échiquier international des destinations sportives et événementielles incontournables.
Tout en se disant optimiste sur les perspectives d’arrivées additionnelles, l’hôtelier estime que la principale plus-value de « la formidable exposition médiatique du Royaume sera de faire du sport un nouveau moteur de croissance touristique et de préparer le terrain pour le Mondial de football de 2030 ».
Et de conclure que cette évolution s’inscrit dans la feuille de route qui vise à diversifier et réduire la dépendance au tourisme saisonnier et balnéaire en développant le tourisme événementiel et sportif.
à lire aussi
Article : Automobile : pour 630 millions de dirhams, LEONI Cable Solutions lance à Kénitra sa première usine africaine
Installé dans l’Atlantic Free Zone sur 48.000 m², le futur site comprendra 18.000 m² d’espaces industriels et de bureaux. Il produira des câbles automobiles unifilaires, multifilaires et de transmission de données destinés aux véhicules de nouvelle génération.
Article : Pour atteindre 26 millions de touristes, l’ONMT mise sur l’aérien, la croisière, l'IA et les nouveaux marchés
Réuni le 24 juin à Rabat, le Conseil d’administration de l’Office a relevé une progression de 7% des arrivées, de 21% des recettes voyages et de 9% des nuitées à fin mai. La feuille de route passe notamment par 7,74 millions de sièges contractualisés pour l’été, 52 nouvelles dessertes internationales et une diversification vers la Chine, l’Inde et l’Amérique latine.
Article : BTP : en redressement judiciaire, LC Building toujours aux prises avec Attijariwafa bank
Fondée en 1993 et associée à plusieurs chantiers emblématiques, LC Building se retrouve aujourd’hui prise dans un double front judiciaire. Alors que son redressement suit son cours, le tribunal veut reprendre les comptes d’un contentieux bancaire ouvert avec Attijariwafa bank. Détails.
Article : Taux directeur : un statu quo attendu, les marchés déjà tournés vers l’inflation, le pétrole et le Trésor
Le Conseil du 23 juin n’a pas surpris les salles de marché : le maintien du taux directeur à 2,25% était déjà largement dans les anticipations. Mais derrière cette décision sans secousse, les investisseurs cherchent désormais à savoir jusqu’où Bank Al-Maghrib pourra rester immobile, alors que le crédit accélère, que les tensions extérieures persistent et que 90% des institutionnels sondés par BKGR misent sur un taux inchangé jusqu’à fin 2026.
Article : Depuis le Maroc, la nouvelle présidente de l’IMA plaide pour une coopération culturelle plus ambitieuse avec le Royaume (interview)
À la tête de l’Institut du monde arabe depuis quelques mois, Anne-Claire Legendre veut transformer cette institution patrimoniale basée à Paris en plateforme vivante, capable de parler aux nouvelles générations sans renoncer à l’histoire. Le Maroc y occupe une place de choix, de l’héritage andalou aux industries créatives, en passant par la Coupe du monde 2030.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,21% sous l'effet du repli des minières
La Bourse de Casablanca termine la séance du 24 juin en baisse. Le MASI recule de 1,21% à 18.101 points, pénalisé par le fort repli des valeurs minières. Les échanges atteignent 546 MDH.