Sous l’effet de la forte concurrence asiatique sur le marché européen, les exportations textiles marocaines ont reculé de 4,2% à fin août 2025. Selon le président de l’AMITH, cette tendance pourrait s’inverser d’ici la fin de l’année, portée par une reprise de la demande et une activité industrielle qui tourne à plein régime.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 6 octobre 2025 à 18h23
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Modifié 6 octobre 2025 à
18h39
Selon les données les plus récentes de l’Office des Changes, arrêtées à fin août 2025, les exportations du secteur textile ont enregistré une baisse généralisée. Le volume global s’est établi à 30,4 MMDH contre 31,8 MMDH à la même période de l’année précédente, soit un recul de 4,2%.
En comparant les huit premiers mois de 2025 à la même période des quatre dernières années, on observe un fait inédit. C’est la première fois que les trois segments du secteur, confection, bonneterie et chaussures, enregistrent simultanément une baisse de leurs ventes à l’étranger.
Les explications de l'AMITH
"Ce qui se passe est tout à fait normal. Les États-Unis ont relevé les droits de douane sur les produits textiles asiatiques, qui varient aujourd’hui entre 30% et 80%. En réaction, les grands exportateurs d’Asie se sont tournés vers les marchés européens. Cela a créé une pression considérable sur la demande européenne, qui est restée globalement stable, tandis que l’offre, elle, a explosé", explique-t-il.
Selon El Ansari, cette reconfiguration a directement affecté les exportateurs marocains, qui se retrouvent confrontés à une concurrence plus dense sur leurs marchés traditionnels.
"À partir de septembre, tout l’écosystème du textile tourne à plein régime. C’est la première fois depuis longtemps que nous atteignons 100% d’utilisation des capacités de production. D’habitude, nous tournons autour de 80%. Aujourd’hui, certains opérateurs peinent même à recruter, faute de main-d’œuvre disponible", précise-t-il.
"Nous pensons terminer l’année avec une hausse de 8% à 10% des exportations, ce qui serait exceptionnel dans le contexte actuel. Nous constatons que la demande pour les produits marocains s’intensifie depuis le mois de septembre".
Anas El Ansari note aussi un regain d’intérêt international pour le Maroc comme plateforme industrielle. "Plusieurs sociétés étrangères manifestent leur volonté de s’installer au Maroc pour produire et contourner les droits de douane américains. C’est un signe que le pays gagne en attractivité industrielle".
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