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Après les récentes cyberattaques, l’application “Mon e-ID” de la DGSN comme rempart numérique

La CNSS, le ministère de la Justice, le ministère de l’Habitat, la DGI ou encore la TGR… Autant d’administrations et d’organismes publics qui ont, depuis peu, intégré l’application mobile "Mon e-ID" dans leurs démarches, afin de renforcer la sécurité et la fiabilité des services proposés. Le point avec Mouhcine Yejjou, contrôleur général à la direction du système d’information et de la communication relevant de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et chef du programme "Maroc Identité numérique".

L’application "Mon e-ID" de la DGSN adoptée par plusieurs organismes et établissements publics pour une identification sécurisée
L’application "Mon e-ID" de la DGSN adoptée par plusieurs organismes et établissements publics pour une identification sécurisée / Crédit photo : Freepik
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Le 31 août 2025 à 12h58 | Modifié 1 septembre 2025 à 10h00

L’année 2025 a été marquée par plusieurs cyberattaques ciblant divers organismes publics et administrations, notamment la CNSS, l’ANCFCC ou encore le système de la Justice. Si ces attaques ont été revendiquées par un hacker sous le pseudonyme "Jabarrot", son identité réelle reste inconnue, tout comme son origine, qu’il s’agisse d’une personne seule ou d’un groupe. Les techniques utilisées ainsi que les motifs de ces attaques demeurent également indéterminés.

Pour renforcer leur sécurité, plusieurs institutions ont alors choisi d’adopter l’application "Mon Identité numérique – Mon e-ID" de la DGSN. Mais de quoi s’agit-il concrètement et quel est l’objectif derrière son adoption ? Mouhcine Yejjou nous éclaire sur ce programme stratégique.

L’application "Mon e-ID", fonctionnement et objectifs

"Il s’agit d’une application de la DGSN, qui peut être téléchargée par les citoyens depuis les stores Google et Apple", nous explique Mouhcine Yejjou, joint par Médias24.

"C’est une application de confiance, qui permet au citoyen de lire sa carte nationale d’identité (CNIE), de première ou de deuxième génération, et de s’authentifier sans devoir passer par une autre application ou un portail de service”.

L’application comporte plusieurs options :

- Un guide interactif pour prendre en main l’application ;

- La possibilité d’associer son téléphone à son identité numérique afin de recevoir des alertes en cas de demande d’authentification via la CNIE ;

- La possibilité d’effectuer des opérations d’authentification sollicitées par les fournisseurs de services, soit sur son téléphone associé, soit sur un autre appareil via la lecture d’un QR code, en utilisant les facteurs d’authentification exigés (PIN, reconnaissance faciale, OTP, etc.).

"L'adoption de cette application est large et s'explique par une raison fondamentale : elle offre une solution souveraine et hautement sécurisée à un besoin universel, celui de la confiance dans le monde digital", souligne Mouhcine Yejjou.

"Son succès ne vient pas d'une obligation, mais du fait qu'elle est ‘tirée par l'usage’. Les fournisseurs de services, publics comme privés, la plébiscitent pour sa capacité à garantir l'identité de l’utilisateur de l'autre côté de l'écran. Cela permet de lutter efficacement contre l'usurpation d'identité, d'assurer l'intégrité des transactions et de se conformer aux lois sur la protection des données".

Les administrations et organismes publics qui adoptent déjà cette application

Plusieurs administrations et organismes publics adoptent déjà cette application, nous confie le chef du projet.

"Des ministères clés sont en première ligne, comme le ministère de la Justice (pour le casier judiciaire), le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville (programme DaamSakane), et le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication (Pass Jeunes)".

"Des institutions vitales telles que la DGI, la TGR et la CNSS (pour les plateformes Damancom et MaCNSS) ont également intégré l’application pour sécuriser l’accès à leurs services critiques", ajoute notre source, soulignant que "le ministère de la Santé et de la protection sociale est attendu comme le prochain grand partenaire à rejoindre cet écosystème".

Et d'ajouter : "Loin de se limiter au public, l’application a également séduit le secteur privé, notamment le secteur financier. Des banques comme Bank of Africa et Crédit du Maroc l’utilisent déjà pour simplifier des opérations telles que l’ouverture de comptes".

"Le prochain grand domaine d’application sera celui des télécommunications, où l’identification fiable des clients est essentielle".

Légalement facultative mais indispensable

Mouhcine Yejjou précise toutefois que "légalement, la DGSN n’impose pas l’usage de la plateforme pour les démarches en ligne. Cependant, elle devient progressivement une condition de facto pour accéder aux services en ligne les plus sensibles, car elle offre un niveau de sécurité inégalé basé sur les certificats cryptographiques de la puce de la CNIE et la validation par le code PIN du citoyen".

Parmi les démarches emblématiques :

- la demande dématérialisée du casier judiciaire ;

- l’inscription au programme DaamSakane ;

- l’accès aux avantages du Pass Jeunes ;

- la connexion aux portails critiques de la CNSS (Damancom et MaCNSS).

Plus de 7 millions de transactions d’identification depuis avril 2022

Il faut savoir que cette application n’est pas nouvelle, mais son utilisation s’est accélérée après les récentes cyberattaques.

"La plateforme compte plus de 2,5 millions d’utilisateurs récurrents particulièrement actifs. Ce chiffre ne désigne pas de simples téléchargements, mais bien des citoyens qui ont complété l'intégralité du processus d'enrôlement et qui interagissent régulièrement avec les services partenaires", souligne Mouhcine Yejjou.

"Depuis avril 2022, plus de 7 millions de transactions d’identification ont été effectuées. Ici, une 'transaction' désigne un événement d’authentification sécurisé, et non un paiement. Chaque connexion à un service partenaire est une preuve de la vitalité de l'écosystème".

"Cette activité, qui double presque chaque année, témoigne d'un puissant effet de réseau : plus de services attirent davantage de citoyens, rendant la plateforme indispensable".

Un déploiement progressif et durable

L’ambition finale de la DGSN est claire : "Que l’identité numérique devienne un outil généralisé pour tous les citoyens marocains, leur offrant une clé d’accès unique et sécurisée aux nombreux services en ligne, notamment les services critiques. Cela dessine la vision d'un futur où chaque citoyen pourra, depuis son mobile, réaliser les démarches les plus engageantes en toute confiance".

"Plutôt que de suivre un calendrier rigide, la stratégie de la DGSN privilégie un déploiement progressif et durable. Le rythme est organiquement dicté par deux moteurs : la demande des partenaires et l'adoption par les usagers. Cette approche garantit que la plateforme évolue en fonction des besoins réels du terrain".

"Cette application n'est donc pas simplement un projet technique, mais le socle fondamental sur lequel se construit la confiance, pilier indispensable à la réussite de la transformation digitale du Royaume".

Un projet pour contourner la technologie NFC en préparation

Toutefois, le principal défi à sa généralisation reste technique, d'après notre interlocuteur. Il s'agit de "la nécessité de posséder un smartphone avec lecteur NFC".

Consciente de cet enjeu qui crée une fracture numérique, la DGSN finalise une évolution majeure qui consiste en "la possibilité de créer une copie digitale de la carte nationale sur le téléphone".

"Cette innovation, qui fonctionnera sans NFC après un enrôlement initial, est un véritable tournant. Elle va démocratiser l'accès à l'e-ID et accélérer massivement l'intégration des centaines d'autres services digitaux qui attendent une solution universelle pour se lancer en toute sécurité", conclut notre source.

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Le 31 août 2025 à 12h58

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