L'artiste Abdelwahab Doukkali n'est plus
C'est un monument de la musique marocaine qui s'éteint. Médias24 a appris de source proche le décès de l’icône de la chanson marocaine, Abdelwahab Doukkali, survenu des suites d’une longue maladie. Virtuose du luth, compositeur visionnaire et interprète à la voix exceptionnelle, il laisse derrière lui un héritage musical immense qui a marqué plusieurs générations de Marocains.
Né en 1941 à Fès, Abdelwahab Doukkali s'est imposé dès son plus jeune âge comme un artiste aux multiples talents, s'intéressant aussi bien à la peinture qu'au théâtre avant de se consacrer pleinement à la musique.
Sa carrière débute véritablement à la fin des années 1950 à Rabat, au sein de la Radio télévision marocaine (RTM). Son style novateur, qui allie avec brio le tarab classique et des sonorités plus modernes, lui permet de conquérir immédiatement le cœur du public, notamment avec le titre Ya Lghadi f’Ltomobile.
Dans les années 1960, son ambition le mène au Caire, alors capitale des arts arabes, où il côtoie les plus grandes figures de l'époque. C'est durant cette période faste qu'il compose et interprète des chefs-d'œuvre qui deviendront des classiques de la musique arabe, tels que Ma Ana Illa Bachar, Marsoul L’hob ou encore l'inoubliable Kan Ya Ma Kan. Grâce à ces titres, il réussit le pari de porter la chanson marocaine au-delà des frontières nationales, s'imposant comme un ambassadeur culturel incontournable de la chanson marocaine de la deuxième moitié du XXe siècle.
Artiste complet, il a également marqué le cinéma de sa présence et n'a jamais cessé de peindre, exposant ses toiles à travers le monde.
Décoré à plusieurs reprises par les Souverains du Royaume, le virtuose marocain représentait l'élégance et l'exigence artistique.
Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage culturel, mais son œuvre continuera de résonner comme le témoignage d'un génie créatif hors du commun.
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