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DIPLOMATIE

Attaque de Smara. Les grandes puissances condamnent, le polisario rattrapé par ses roquettes

Les réactions internationales à l’attaque du 5 mai 2026 contre Smara témoignent du resserrement en cours du cadre diplomatique autour du dossier du Sahara. Les États-Unis, la France et l’Union européenne ont condamné les tirs du polisario, tandis que l’ONU a exprimé sa préoccupation face à des incidents en zone civile. Cette convergence marque aussi un basculement du narratif : à mesure que se précise l’horizon d’une solution politique, le mouvement séparatiste se retrouve renvoyé à l'essence terroriste de son idéologie et de ses actes. Une revanche du réel pour le Maroc.

Attaque de Smara. Les grandes puissances condamnent, le polisario rattrapé par ses roquettes
Smara, peu après avoir été ciblée par le polisario. Les forces de l'ordre déployées sur place pour dresser un premier bilan de terrain.
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Le 8 mai 2026 à 15h54 | Modifié 8 mai 2026 à 16h49

L'essentiel :

  • Le polisario s’est attribué la responsabilité des tirs du 5 mai 2026 contre Smara, ville déjà endeuillée par une attaque en octobre 2023.
  • Cette fois, Washington, Paris et Bruxelles ont condamné sans détour. Les Nations unies, plus prudentes, parlent tout de même d’une attaque à la roquette près de Smara.
  • Le contraste est net avec 2023, lorsque la mort à Smara d’un MRE de France avait été traitée avec une réserve confinant au déni.
  • À mesure que l’initiative marocaine d’autonomie s’impose comme horizon politique, le polisario se retrouve rattrapé par ce qu’il fait : tirer sur des civils pour tenter de peser sur une issue qui lui échappe.

-oOo-

Les détails :

L'attaque terroriste du 5 mai 2026 du polisario à Smara continue de susciter du remous à l'international.

En deux jours, coup sur coup, les États-Unis, la France et l'Union européenne (UE) ont exprimé des condamnations. Plus prudent, le secrétariat général des Nations unies a, lui, fait part de sa "profonde préoccupation".

Smara, déjà

Au cours des dernières années, les grandes puissances ont maintes fois eu l'occasion de condamner les agissements du polisario. En octobre 2023, rappelons-le, à Smara même, un MRE de France avait été abattu alors qu'il se trouvait dans la capitale spirituelle du Sahara pour demander la main d'une jeune fille avec qui il souhaitait convoler en justes noces. Ce soir-là, sous le firmament saharien constellé, le destin d'un jeune homme innocent a été lâchement fauché par un projectile de probable fabrication iranienne.

Dans le rapport qu'il publie quelques mois plus tard, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, se contentera de signaler l'affaire au conditionnel, comme s'il s'était agi d'un simple malentendu. "Une personne aurait été tuée et trois autres blessées", consignera-t-il dans ce document daté de juillet 2024.

Les chancelleries changent de ton

Mais trop, c'est trop. Et cela, on peut le ressentir aux nouveaux éléments de langage des chancelleries. Les plus virulents ayant été les États-Unis, qui voient désormais le polisario tenter de tuer dans l'œuf tout l'investissement diplomatique et temporel qu'ils ont consenti au cours des derniers mois pour mettre fin à la plus vieille dispute d'Afrique, résolution 2797 à la clé. "Ces actions sont incompatibles avec l'esprit des récentes négociations", dénoncent-ils, sans autre forme de procès.

Dans le même sillage, la France, également par la voix de sa représentation permanente aux Nations unies, a "condamn[é]" une "attaque" qui, souligne-t-elle, "menace la stabilité régionale et met en péril le processus de négociation engagé à la suite de l'adoption de la résolution 2797 (2025) par le Conseil de sécurité. "La France appelle le Front Polisario à respecter le cessez-le-feu et la résolution précitée. Elle appuie les efforts de négociations visant à mettre un terme à ce conflit qui a trop duré", appuie la même partie.

Quant à Bruxelles, son nouvel ambassadeur à Rabat, le Bulgare Dimiter Tzantchev, a estimé que "l’attaque récente contre Smara doit être condamnée", et que "l'heure n'est pas à l'escalade, mais à la négociation, conformément à la résolution 2797 (2025) du CSNU, en prenant comme base le plan d’autonomie du Maroc en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable conforme à la Charte des Nations unies". Un propos qui, dans le fond, rejoint la nouvelle position prise par l'UE à partir de la dernière session du Conseil d'association bilatéral, tenu le 29 janvier 2026.

Enfin, Stéphane Dujarric, porte-parole d'Antonio Guterres, a lu la déclaration suivante : "L’envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, soutient et partage les préoccupations exprimées par la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) concernant l’attaque à la roquette menée par le Front Polisario le 5 mai près de Smara. La MINURSO a exprimé sa profonde préoccupation face aux incidents de tirs dans des zones civiles et a exhorté les parties à éviter tout acte susceptible de compromettre le processus politique en cours. L’envoyé personnel, M. de Mistura, souligne que l’heure est au dialogue et aux négociations, et non à l’escalade militaire. De telles attaques rappellent l’urgence d’un retour au cessez-le-feu et de négociations en vue d’une solution politique durable et mutuellement acceptable à ce conflit".

Certes, c'est une sortie qu'on pourrait trouver molle dans le fond, mais il faut peut-être, pour prendre la pleine mesure des faits, la comparer à la réaction onusienne à la suite de l'attaque d'octobre 2023. Et celle-ci, on l'a vu plus haut avec le rapport de juillet 2024 de Guterres, avait pratiquement frôlé le déni.

Heureusement, cette fois, il n'y a pas eu mort d'homme, car cela aurait pu advenir. Mais le fait est que le rapport de force a bien changé. Le chantage à l'autodétermination, longtemps instrumentalisé par Alger au vu et au su de la communauté internationale, ne prend plus. Les grandes capitales ne s'embarrassent plus à dire les choses sans fard et à appeler un chat un chat, et une attaque une attaque. Et, par conséquent, à employer les mots qu'il faut.

Le narratif aussi change. Hier, c'était le Maroc qui était accusé d'être l'agresseur, pour la raison inique qu'il a refusé de se laisser démembrer et a tenu à reprendre ce qui lui revenait de droit, à savoir tout un ensemble de provinces sahariennes usurpées par la colonisation du temps du partage de l'Afrique. Aujourd'hui, l'histoire a cessé de marcher sur la tête. Il était temps.

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Le 8 mai 2026 à 15h54

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