Mauritanie. Un gazoduc reliera les gisements du sud à Nouadhibou
Avec la mise en service du champ gazier de Grand Tortue, situé à la frontière mauritano-sénégalaise, la Mauritanie envisage de développer son infrastructure gazière. L’entreprise sud-africaine EPCM Holdings a récemment finalisé une étude de faisabilité technico-économique pour la construction d’un gazoduc reliant les champs gaziers du sud, à Nouadhibou, au nord du pays.
La Mauritanie prévoit de développer son infrastructure gazière grâce à un nouveau gazoduc national. Ce projet reliera les champs gaziers de Grand Tortue et, potentiellement, le futur gisement de Bir Allah (en cours de développement) dans le sud du pays, aux villes de Nouakchott, la capitale, et de Nouadhibou, la capitale économique située au nord.
Le cabinet sud-africain EPCM Holdings, en partenariat avec la société mauritanienne Meen & Meen, a achevé en mars 2023 une étude de faisabilité technique et économique pour un gazoduc national stratégique. Ce projet, piloté par la Société nationale industrielle et minière (SNIM), représente un investissement initial de 780.000 dollars pour la phase d'étude.
Ce gazoduc s'inscrit dans le cadre de la transition énergétique industrielle de la Mauritanie, visant à intégrer le gaz naturel comme source d'énergie dans les processus industriels nationaux. La SNIM, opérateur historique du secteur minier mauritanien, entend ainsi diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique pour ses activités minières. Il exploite les vastes gisements de fer de la région de Zouérate, dont la production est évacuée via le train minier vers le port de Nouadhibou, plaque tournante des exportations minières du pays.
À terme, ce nouveau projet gazier devrait également alimenter une centrale électrique existante d’une capacité de 180 MW située au nord de Nouakchott.
Ce projet marque la relance d’un projet énergétique abandonné, qui visait initialement à produire de l’électricité à partir du champ gazier offshore "Banda", situé au large de Nouakchott.
Selon le magazine mauritanien Emergence, l’étude de faisabilité a identifié quatre tracés potentiels pour le futur gazoduc national. Chaque option présente des caractéristiques distinctes en termes d'ingénierie (longueur du tracé, difficultés techniques), de rentabilité économique (coûts de construction et d'exploitation) et d'impact environnemental (traversée d'écosystèmes sensibles) :

- Option 1 (trajet terrestre intégral) : le gazoduc traverserait les zones côtières mauritaniennes, avec un tracé passant potentiellement à proximité de zones habitées et de terres agricoles. Il s'agit de l'option présentant la plus grande longueur de tracé.
- Option 2 (trajet mixte côtier – Variante Ndiago) : le pipeline rejoindrait la côte au niveau du port de Ndiago (point terrestre le plus proche du gisement GTA), puis suivrait un tracé similaire à l'option 1 avant de bifurquer vers la baie de Cansado pour atteindre Nouadhibou. Cette solution offre un équilibre optimal entre sécurité, coûts et impacts environnementaux.
- Option 3 (trajet mixte côtier – Variante Tiouilit) : comparable à l'option 2 dans son principe, cette variante diffère par la mise en place d’une nouvelle aux environs de Tiouilit. Elle présente les mêmes avantages en termes de compromis sécurité-coût-impact.
- Option 4 (trajet offshore intégral) : le pipeline suivrait un itinéraire entièrement marin en eau profonde. Bien que techniquement réalisable, cette option se distingue par des coûts d'installation et de maintenance particulièrement élevés.
Rappelons que la Mauritanie a révélé au cours des dernières années un important potentiel gazier, la propulsant rapidement parmi les grands producteurs de gaz naturel en Afrique. Ce nouveau statut de leader régional s'appuie principalement sur trois gisements majeurs : Grand Tortue Ahmeyim (424 milliards m³), Bir Allah (1.400 milliards m³) et Banda (33 milliards m³).

En parallèle de ce projet national, la Mauritanie s’engage aux côtés du Nigeria et du Maroc dans le développement d'un gazoduc régional : le gazoduc Afrique Atlantique. Ce projet stratégique, qui reliera le Nigeria au Maroc, entre dans une étape décisive : la décision finale d’investissement (FID) ne devrait pas tarder, d'autant plus que plusieurs investisseurs potentiels ont déjà manifesté leur intérêt pour ce mégaprojet énergétique.
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