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ECONOMIE

Climat des affaires au Maroc. Un cadre réglementaire robuste, mais une efficacité opérationnelle limitée (Banque mondiale)

Dans son dernier rapport sur l’économie marocaine, la Banque mondiale met l’accent sur le climat des affaires, saluant la qualité des cadres réglementaires tout en pointant d’importantes marges de progression en matière d’efficacité opérationnelle. Détails.

Climat des affaires au Maroc. Un cadre réglementaire robuste, mais une efficacité opérationnelle limitée (Banque mondiale)
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Le 27 mars 2025 à 17h21 | Modifié 27 mars 2025 à 17h21

Dans son édition hivernale 2025, la Banque mondiale livre une lecture précise et nuancée de l’économie marocaine. Elle souligne la reprise de la croissance non agricole, les effets d’un investissement public renforcé, ainsi que les progrès en matière de stabilité macroéconomique. Mais au cœur du rapport, une dimension retient l’attention : celle du climat des affaires, désormais analysée à travers un nouveau prisme, celui du référentiel B-Ready. Le Maroc y présente une performance contrastée, révélant à la fois des avancées sur les cadres réglementaires et des difficultés persistantes sur le terrain de l’efficacité opérationnelle.

Des fondations solides sur le plan réglementaire

Les données révèlent que le Maroc obtient de bons résultats en matière de réglementation. Sur la qualité des cadres légaux et des services publics, il dépasse la moyenne des pays à revenu comparable. Cela traduit les efforts engagés pour moderniser l’environnement réglementaire, renforcer les institutions et structurer les politiques publiques dans une perspective d’attractivité économique.

Mais la performance s’affaiblit dès lors qu’on évalue l’efficacité de mise en œuvre. La Banque mondiale le souligne sans ambiguïté : "Le Maroc a globalement obtenu de bons résultats dans la première édition de B-Ready, ayant tendance à surpasser les pays de niveau de revenu similaire en matière d’évaluation des cadres réglementaires et des services publics, mais pas en matière d’efficacité opérationnelle, qui est pourtant essentielle pour que les politiques publiques aient un impact sur la dynamique des entreprises", lit-on dans le rapport.

Ce n’est pas la norme qui manque, mais sa traduction concrète dans la pratique. Ce n’est pas l’intention politique qui fait défaut, mais la capacité d’exécution. Le rapport met ainsi en évidence un écart marqué entre les progrès réalisés sur le plan réglementaire et les résultats économiques attendus.

Une efficacité institutionnelle à renforcer

Selon le même rapport, trois domaines concentrent les principales faiblesses :

- Le marché du travail, tout d’abord, reste marqué par des obstacles et des coûts à l’embauche dans le secteur formel. Ces contraintes favorisent une informalité persistante et creusent un écart entre les travailleurs intégrés et ceux restés à la marge. Le rapport évoque un fossé entre “insiders” et “outsiders”, révélateur d’un marché du travail dual, peu propice à l’inclusion.

- En matière de résolution des litiges commerciaux, des lacunes sont relevées dans l’organisation des tribunaux, dans la transparence procédurale et dans la digitalisation. Ces insuffisances prolongent les délais, réduisent la prévisibilité et alimentent l’incertitude, autant de facteurs qui freinent l’initiative entrepreneuriale.

- Le troisième axe concerne l’environnement de l’insolvabilité. Le cadre juridique reste incomplet, les services de liquidation peu digitalisés, et les procédures de réorganisation longues et inefficaces. Ces faiblesses compromettent la capacité des entreprises viables à se restructurer rapidement et entravent la réallocation optimale des ressources.

Il en résulte un constat clair : le Maroc, dans cette première évaluation B-Ready, affiche une meilleure performance sur la qualité des règles que sur leur application. Il s’aligne sur les standards réglementaires, mais reste en retrait en matière d’efficacité institutionnelle. Les fondations sont posées, mais l’usage demeure entravé. Le cadre formel progresse, mais l’expérience des acteurs économiques reste souvent confrontée à des lenteurs, à des frictions, à une exécution incomplète.

Ce n’est pas une remise en cause des réformes déjà engagées. C’est une invitation à aller plus loin. Pour que les politiques publiques ne se limitent pas à des textes, mais trouvent leur incarnation dans les pratiques. Pour que la modernisation juridique devienne aussi une modernisation fonctionnelle. Pour que l’environnement des affaires ne soit pas seulement lisible sur le papier, mais fluide dans la réalité.

La Banque mondiale ne formule ni blâme ni verdict. Elle propose un cadre d’analyse. Elle montre que les fondations sont là, mais qu’il est temps de les rendre pleinement opérationnelles. Réformer ne suffit plus. Il faut désormais mettre en œuvre, exécuter, délivrer. Car c’est dans la qualité de l’application que se mesure, en définitive, la crédibilité d’un climat des affaires.

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Le 27 mars 2025 à 17h21

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