La plantation des palmiers Washingtonia désormais interdite à Casablanca
La ville de Casablanca se débarrassera graduellement de la plantation du palmier Washingtonia. De nouvelles espèces d'arbres, plus utiles, seront envisagées en vue d'améliorer les ratios écologiques de la métropole jugés catastrophiques, estime Salima Belemkaddem, présidente du mouvement "Maroc environnement 2050".
Cette décision fait suite aux revendications du mouvement "Maroc Environnement 2050", initiative présidée par l'architecte et paysagiste, Salima Belemkaddem. Le 10 octobre, le mouvement est parvenu à un accord avec le wali de Casablanca, visant à mettre fin à la plantation des palmiers Washingtonia et à enclencher un reboisement structuré de la ville.
"Il s'agit d'un accord préliminaire conclu avec le wali, faisant suite à l'appel lancé il y a deux ans par Maroc Environnement 2050 pour sauver Zerktouni, un des quinze boulevards faisant actuellement l'objet de réaménagement dans la ville de Casablanca. Le wali a réagi de manière extrêmement positive à notre appel. Il est en outre conscient de la nécessité de planter des arbres à Casablanca. L'accord préliminaire sera certainement bientôt officialisé par écrit", nous explique Salima Belemkaddem.
Les palmiers empêchant la circulation piétonne ou la plantation d'un arbre seront arrachés
Les deux parties ont ainsi convenu d'interdire la plantation du palmier Washingtonia dans la ville de Casablanca. Les palmiers empêchant la circulation piétonne ou la plantation d'un arbre seront par ailleurs arrachés. Pour les rues en cours de réaménagement, seules la plantation d'arbres sélectionnés conjointement sera désormais envisagée.
Concernant le boulevard Zerktouni, le terre-plein central sera préservé. Les platanes ont été retirés du projet, selon l'accord préliminaire. Un maximum d'arbres seront plantés en fonction de leur disponibilité sur le marché, étant donné l'urgence de l'opération au niveau de ce boulevard où la piste cyclable a aussi été laissée de côté.
Pour le boulevard Sidi Abderrahmane, les palmiers déjà présents sur le terre-plein central, et qui ont été déplacés, seront conservés, mais des arbres et des arbustes supplémentaires seront plantés.
Contrairement aux palmiers, les autres arbres apportent jusqu'à 35 fonctions
En effet, le mouvement Maroc Environnement 2050 en est venu au constat que les ratios écologiques sont catastrophiques à Casablanca.
"La métropole présente deux grands dysfonctionnements majeurs en termes d'écologie. D'abord, le ratio espace vert par habitant. À Casablanca, ce ratio est de 1,5 m²/habitant alors qu'un bon ratio oscille habituellement entre 10 et 15 m²/habitant. Autre dysfonctionnement, le nombre très réduit des arbres dans la ville. Selon les recommandations internationales, il faut disposer de deux arbres, au minimum, par habitant. En 2015, Casablanca comptait 20.000 arbres. Imaginons qu'en 2024 ce chiffre ait pu atteindre 100.000 arbres. Même avec un chiffre pareil, nous obtiendrons à peine un ratio d'un arbre pour 40 habitants, ce qui reste largement inférieur aux chiffres recommandés", déplore Salima Belemkaddem.
À Casablanca, ce ratio est de 1,5 m²/habitant alors qu'un bon ratio oscille habituellement entre 10 et 15 m²/habitant
"Un palmier peut apporter une fonction, notamment une légère verdure, mais seulement dans un boulevard qui est étroit et ombragé. Il peut aussi structurer un boulevard parce qu'il offre un alignement, mais ce sont les seules fonctions que peut offrir le palmier. Même si l'on décide de planter des palmiers dans un grand boulevard, il faut absolument les mixer avec des arbres parce que, contrairement aux palmiers, les autres arbres, eux, peuvent apporter plus de 35 fonctions écologiques, économiques, hygiéniques, sociales, paysagères et esthétiques", conclut cette la paysagiste.
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